Cartes CPS, CPE et Vitale : un certificat défaillant a perturbé le tiers payant en officine
Jeudi 24 septembre 2026, plusieurs officines n'ont plus pu lire les cartes CPS, CPE et Vitale, avec un tiers payant bloqué. Selon l'USPO, l'incident vient d'une mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes, côté ANS. Résolution partielle en fin de journée. Ce qui s'est passé, les logiciels concernés et la conduite à tenir.
Jeudi 24 septembre 2026, aux alentours de 10 heures, plusieurs officines ont rencontré des difficultés pour utiliser les cartes CPS, CPE et Vitale, au point d'empêcher la réalisation du tiers payant dans les conditions habituelles. L'alerte a été lancée par l'USPO à la mi-journée. Selon le syndicat, l'incident est lié à une mise à jour de certificats concernant les connecteurs de lecteurs de cartes, intervenue au niveau de l'Agence du Numérique en Santé (ANS), sans que l'ensemble des éditeurs de logiciels ait pu en anticiper les conséquences. À ce stade, l'USPO indiquait que les environnements Winpharma et Pharmaland semblaient notamment concernés, d'autres pouvant l'être également. En fin d'après-midi, l'USPO a fait état d'une résolution partielle et confirmé la nature du problème : une mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes. Pour les officines encore touchées, la consigne est de contacter immédiatement leur LGO afin d'identifier les manipulations à réaliser. Le syndicat met par ailleurs en garde les éditeurs de logiciels : le problème pourrait survenir chez d'autres, et il les invite à se rapprocher de l'ANS avant toute mise à jour de leur certificat.
Un incident informatique a rappelé jeudi 24 septembre 2026 à quel point l'officine dépend d'un maillon invisible : la lecture des cartes. Dans plusieurs pharmacies, les cartes CPS, CPE et Vitale ne passaient plus, bloquant la facturation et, avec elle, le tiers payant. L'USPO a lancé l'alerte à la mi-journée, puis fait état d'une résolution partielle en fin d'après-midi. Voici ce que le syndicat a communiqué, et ce qu'il faut en retenir au comptoir.
Ce qui s'est passé
Selon l'USPO, les difficultés ont commencé aux alentours de 10 heures. Plusieurs officines n'arrivaient plus à utiliser normalement les cartes CPS (carte du pharmacien), CPE (carte de l'équipe) et Vitale du patient. Conséquence directe et sensible : les perturbations pouvaient empêcher la réalisation du tiers payant dans les conditions habituelles. Autrement dit, le circuit qui permet au patient de ne pas avancer les frais était grippé.
La cause : un certificat défaillant
C'est le cœur de l'affaire, et la nuance est importante sur la source. Dans son alerte de 12 heures, l'USPO évoquait une piste : un incident lié à une mise à jour de certificats concernant les connecteurs de lecteurs de cartes, intervenue au niveau de l'Agence du Numérique en Santé (ANS), sans que l'ensemble des éditeurs de logiciels ait pu en anticiper les conséquences. Le syndicat précisait alors que l'ANS venait de lui indiquer être « potentiellement sur une piste ».
En fin de journée, la mise à jour de 17 heures confirmait la nature du problème, toujours selon l'USPO : une mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes. Un certificat est la clé numérique qui authentifie le dialogue entre le lecteur, la carte et le logiciel. S'il est défaillant, la chaîne de confiance se rompt, et la carte n'est plus reconnue.
À ce stade, aucune publication de l'ANS ne détaille l'incident : les éléments ci-dessus proviennent des communications de l'USPO.
Le déroulé de la journée
| Heure | Communication de l'USPO |
|---|---|
| Vers 10h | Début des difficultés dans plusieurs officines (cartes CPS, CPE, Vitale) |
| 12h | Lancement de l'alerte : tiers payant perturbé, piste d'une mise à jour de certificats côté ANS, l'ANS « potentiellement sur une piste » |
| 17h | Résolution partielle, cause confirmée : mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes |
Quels logiciels concernés
Dans son alerte, l'USPO indiquait que les environnements Winpharma et Pharmaland semblaient notamment concernés, tout en précisant que d'autres environnements pouvaient également être impactés. Le syndicat s'est dit en contact permanent avec les éditeurs concernés et avec le ministère pour identifier précisément l'origine du problème et rétablir le service.
Au comptoir : la conduite à tenir
Le message opérationnel de l'USPO tient en quelques points.
- Officine encore impactée : contacter immédiatement son LGO (logiciel de gestion d'officine) pour identifier, avec lui, les manipulations à réaliser afin de résoudre le problème.
- Officine non touchée : rester vigilant. Le problème de certificat pourrait survenir chez d'autres éditeurs de LGO qui déploieraient cette même mise à jour.
- Côté tiers payant : tant que le circuit n'est pas rétabli, la facturation en conditions habituelles peut être compromise. La priorité reste de ne pas laisser un patient sans son traitement, en s'appuyant sur les procédures de secours prévues par son logiciel.
La mise en garde de l'USPO aux éditeurs
Au-delà de l'incident du jour, l'USPO adresse un message aux éditeurs de logiciels : se rapprocher de l'ANS avant toute mise à jour de leur certificat. La panne du 24 septembre montre en effet qu'une mise à jour mal maîtrisée d'un maillon technique, le certificat des connecteurs, peut se propager à toute la chaîne de dispensation et bloquer le tiers payant à l'échelle de nombreuses officines.
À retenir
- Le 24 septembre 2026, à partir de 10h, plusieurs officines n'ont plus pu lire les cartes CPS, CPE et Vitale, avec un tiers payant empêché.
- Selon l'USPO, l'origine est une mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes, côté ANS. Aucune publication de l'ANS ne confirme à ce jour ces éléments de manière autonome.
- L'USPO citait Winpharma et Pharmaland parmi les environnements semblant concernés, sans exclure d'autres logiciels.
- Résolution partielle en fin de journée. Officine encore touchée : contacter son LGO sans délai.
- L'USPO invite les éditeurs à se coordonner avec l'ANS avant toute mise à jour de certificat, pour éviter que le problème ne se reproduise.
À lire aussi sur Pharmactu :
À lire aussi
Journée Portes Ouvertes en pharmacie le 22 septembre : l'Assurance maladie impose, la profession réagit
L'Assurance maladie organise une Journée Portes Ouvertes en Pharmacie (JPOP) le mardi 22 septembre 2026. L'objectif : promouvoir l'application carte Vitale (apCV) auprès des assurés et les aider à l'activer en officine. Les pharmaciens ont été informés par mail, sans consultation préalable. Aucune rémunération n'est prévue pour l'accueil et l'activation au comptoir. La FSPF, dans un communiqué du 10 juillet 2026, dénonce une opération imposée sans concertation dans un contexte de relations tendues avec les CPAM (notifications d'indus contestables, retards de paiement sur les fauteuils roulants, réclamations SCOR répétées, baisses de prix successives). La fédération relève un problème technique : plusieurs officines signalent que leurs lecteurs ne lisent pas correctement les codes datamatrix de l'application carte Vitale. La FSPF n'appelle ni au boycott ni à la mobilisation générale : chaque officine est libre de décider son niveau de participation selon son organisation et ses moyens. L'USPO dénonce également l'absence de concertation et soulève des questions juridiques sur la présence éventuelle d'agents de l'Assurance maladie dans les officines. La revendication centrale des deux syndicats : toute mission confiée à l'officine doit être rémunérée.
Carte Vitale des mineurs dès 12 ans : les modalités de délivrance sont publiées
Un arrêté du 13 août 2026, publié au Journal officiel du 28 août 2026 et pris en application de l'article R. 161-33-2 du code de la sécurité sociale, fixe les conditions de délivrance d'une carte Vitale personnelle aux mineurs. Jusqu'à présent, la carte Vitale personnelle était délivrée à partir de 16 ans. Le texte ouvre désormais la possibilité d'une carte Vitale dès 12 ans, avec deux modalités selon l'âge. De 12 à 15 ans, le mineur peut obtenir une carte Vitale sous forme matérielle uniquement, à la demande d'un des titulaires de l'autorité parentale. À partir de 16 ans, il peut obtenir une carte Vitale sous forme matérielle ou sous forme d'application mobile (e-carte Vitale), sous réserve de l'accord d'un des titulaires de l'autorité parentale. L'accord parental reste donc requis dans tous les cas. La mesure vise à faciliter l'accès aux soins et la prise en charge des adolescents, y compris pour leurs passages en pharmacie. Elle est entrée en vigueur le 29 août 2026.
Tiers payant : extension aux hybrides et biosimilaires au 1er septembre 2026
À compter du 1er septembre 2026, le dispositif tiers payant contre génériques est étendu aux médicaments hybrides et aux médicaments biosimilaires substituables. Le mécanisme est le même que pour les génériques : le pharmacien accorde le tiers payant uniquement si le patient accepte la substitution, ou si le prescripteur a apposé une mention non substituable justifiée sur l'ordonnance. En cas de refus de substitution, le patient avance l'intégralité du prix du médicament et son remboursement peut être minoré, calculé sur la base du médicament hybride ou biosimilaire le plus cher du groupe. Deux exceptions maintiennent le tiers payant sans substitution : la mention non substituable médicalement justifiée du prescripteur, et le cas où le médicament d'origine coûte moins cher que le substitut. Pour les hybrides, deux motifs de non-substitution sont autorisés : la contre-indication formelle à un excipient (NS CIF) et la forme galénique inadaptée à un enfant de moins de 6 ans (NS EFG). Pour les biosimilaires, aucun formalisme particulier n'est imposé : le prescripteur motive librement la mention. Au 1er septembre 2026, 31 groupes hybrides et 11 molécules biosimilaires sont substituables en officine. Le texte fondateur est l'article L.162-16-7 du Code de la sécurité sociale, modifié par la LFSS 2026.