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Officine

Vie de l'officine, rémunération, syndicats, organisation, économie du réseau pharmaceutique.

Pharmacien préparant une seringue de vaccin en officine, ambiance sobre
Officine·4 min

Vaccination grippe et Covid-19 : la campagne démarre le 13 octobre, avec des seringues à la charge des pharmaciens

La campagne de vaccination conjointe contre la grippe saisonnière et la Covid-19 débute le 13 octobre 2026 en métropole et aux Antilles-Guyane, comme l'a annoncé un DGS-Urgent du 22 septembre relayé par l'Ordre des pharmaciens. Les personnes éligibles peuvent recevoir les deux vaccins lors d'une même séance, sur deux points d'injection distincts. Côté grippe, plusieurs vaccins sont disponibles (Efluelda, Fluad, Flucelvax, Influvac, Vaxigrip), avec Efluelda et Fluad recommandés en priorité chez les 65 ans et plus. Côté Covid, deux vaccins sont en stock d'État (Comirnaty XFG adulte et pédiatrique), à commander via le portail de Santé publique France lors de sessions hebdomadaires. Cette campagne 2026-2027 constitue la première année de déploiement de l'obligation vaccinale antigrippale des professionnels de santé, dont le cadre pleinement opposable n'entrera toutefois en vigueur qu'après des travaux réglementaires attendus d'ici la fin du premier trimestre 2027. Enfin, un point de friction agace les officines : les seringues et aiguilles nécessaires à l'administration des vaccins Covid ne sont plus fournies par Santé publique France et restent à la charge des pharmaciens, avec des difficultés d'approvisionnement déjà signalées.

Pharmacien examinant une ordonnance au comptoir d'une pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

Fraude à la Sécu : au-delà du buzz, le pharmacien en première ligne contre les fausses ordonnances

La fraude à la Sécurité sociale fait de nouveau parler d'elle, portée par une vidéo virale. Au-delà du buzz, le bilan 2025 de la lutte contre les fraudes, publié par l'Assurance Maladie le 16 avril 2026, donne les chiffres officiels : 723 millions d'euros de fraudes ont été détectées et stoppées en 2025, en hausse de 15 % et bien au-delà de l'objectif de 550 millions. Côté officine, le document met surtout en avant le rôle du pharmacien dans la détection. L'outil Asafo-Pharma, déployé depuis août 2024, permet aux pharmaciens de signaler en temps réel les ordonnances suspectes : en 2025, plus de 10 000 signalements ont été effectués, dont 75 % se sont révélés fondés. Un nouveau téléservice, l'ADAC, déployé depuis octobre 2025, aide à repérer les sur-consommations sur quatre familles de produits sensibles (bandelettes de glycémie, capteurs de glucose, traitements de substitution aux opioïdes, anticancéreux onéreux). Le bilan rappelle aussi que la fraude en officine est sanctionnée : un pharmacien a été frappé d'une interdiction définitive de servir des prestations, pour facturation de médicaments onéreux sans prescription.

Comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·3 min

La FSPF a un nouveau président : Fabrice Camaioni succède à Philippe Besset

La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), premier syndicat représentatif des pharmaciens titulaires d'officine, a changé de tête. Fabrice Camaioni en est le nouveau président, comme l'atteste la composition actualisée du bureau publiée sur le site de la fédération. Il succède à Philippe Besset, désormais président honoraire. Le nouveau bureau s'articule autour de deux vice-présidents, Philippe Denry et Christophe Wilcke, d'un secrétaire général, Frank Basque, d'une trésorière, Christelle Quermel, et de plusieurs présidents de commissions, parmi lesquels Lucie Bourdy-Dubois à la commission Métier pharmacien. Ce changement intervient à un moment sensible pour l'officine : négociations conventionnelles en cours sur la rémunération et les missions, et vives tensions interprofessionnelles autour du partage des rôles en ville. Le nouveau président prend donc la tête du syndicat majoritaire dans un contexte à la fois économique et politique chargé.

Comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

« Dénigrement » : l'USPO riposte et dépose trois plaintes devant les Ordres contre Convergence Infirmière et l'UFML-S

Le bras de fer entre professions de santé passe un cran. Après le communiqué conjoint publié par Convergence Infirmière le 25 septembre et l'UFML-S le 26 septembre, qui attaquait frontalement l'élargissement des missions du pharmacien, l'USPO a riposté le 28 septembre. Son président, Pierre-Olivier Variot, annonce avoir saisi les juridictions ordinales compétentes contre les auteurs de ce communiqué. Le syndicat estime que contester une politique de santé est légitime, mais que dénigrer et calomnier une autre profession ne l'est pas. Il vise en particulier les accusations de « collusion » et de « petits arrangements entre amis », ainsi que l'idée que des actes seraient réalisés de manière illégitime en pharmacie, propos qui portent selon lui atteinte à l'honneur des pharmaciens et des préparateurs. L'USPO rappelle un précédent : une première procédure engagée contre Convergence Infirmière en janvier s'était conclue par une conciliation, assortie d'un engagement à ne plus dénigrer les pharmaciens, engagement aujourd'hui rompu selon le syndicat. Les sanctions ordinales encourues peuvent aller de l'avertissement à l'interdiction d'exercice.

Comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

Missions du pharmacien : infirmiers et médecins libéraux passent à l'attaque, « ça suffit »

L'élargissement des missions du pharmacien continue de crisper les relations entre professions de santé. Dans un communiqué commun publié le 25 septembre 2026, le syndicat Convergence Infirmière, présidé par Ghislaine Sicre, et l'Union française pour une médecine libre (UFMLS), présidée par Jérôme Marty, attaquent frontalement l'attribution de nouvelles compétences aux pharmaciens. Les deux organisations contestent la légitimité clinique des pharmaciens, qu'elles jugent non formés à l'examen du patient et étrangers au soin à domicile, pointent un possible conflit d'intérêts lorsque le pharmacien conseille et vend le même produit, et évoquent une « collusion » avec les pouvoirs publics. Leur revendication centrale : aucune compétence médicale ou infirmière ne devrait être confiée aux pharmaciens sans que les représentants élus des médecins et des infirmiers ne participent aux discussions, un principe qu'elles veulent inscrire dans la loi. Cette offensive intervient dans un contexte de négociations conventionnelles et d'élargissement des missions officinales, où chaque profession défend sa place dans les soins de proximité. Sur le plan réglementaire, rien ne change dans l'immédiat : il s'agit d'une prise de position syndicale, mais elle illustre une tension à suivre de près.

Lecteur de carte posé sur un comptoir de pharmacie avec une carte Vitale, ambiance sobre
Officine·4 min

Cartes CPS, CPE et Vitale : un certificat défaillant a perturbé le tiers payant en officine

Jeudi 24 septembre 2026, aux alentours de 10 heures, plusieurs officines ont rencontré des difficultés pour utiliser les cartes CPS, CPE et Vitale, au point d'empêcher la réalisation du tiers payant dans les conditions habituelles. L'alerte a été lancée par l'USPO à la mi-journée. Selon le syndicat, l'incident est lié à une mise à jour de certificats concernant les connecteurs de lecteurs de cartes, intervenue au niveau de l'Agence du Numérique en Santé (ANS), sans que l'ensemble des éditeurs de logiciels ait pu en anticiper les conséquences. À ce stade, l'USPO indiquait que les environnements Winpharma et Pharmaland semblaient notamment concernés, d'autres pouvant l'être également. En fin d'après-midi, l'USPO a fait état d'une résolution partielle et confirmé la nature du problème : une mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes. Pour les officines encore touchées, la consigne est de contacter immédiatement leur LGO afin d'identifier les manipulations à réaliser. Le syndicat met par ailleurs en garde les éditeurs de logiciels : le problème pourrait survenir chez d'autres, et il les invite à se rapprocher de l'ANS avant toute mise à jour de leur certificat.

Smartphone affichant une application de carte de santé posé sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre et professionnelle
Officine·5 min

Journée Portes Ouvertes en pharmacie le 22 septembre : l'Assurance maladie impose, la profession réagit

L'Assurance maladie organise une Journée Portes Ouvertes en Pharmacie (JPOP) le mardi 22 septembre 2026. L'objectif : promouvoir l'application carte Vitale (apCV) auprès des assurés et les aider à l'activer en officine. Les pharmaciens ont été informés par mail, sans consultation préalable. Aucune rémunération n'est prévue pour l'accueil et l'activation au comptoir. La FSPF, dans un communiqué du 10 juillet 2026, dénonce une opération imposée sans concertation dans un contexte de relations tendues avec les CPAM (notifications d'indus contestables, retards de paiement sur les fauteuils roulants, réclamations SCOR répétées, baisses de prix successives). La fédération relève un problème technique : plusieurs officines signalent que leurs lecteurs ne lisent pas correctement les codes datamatrix de l'application carte Vitale. La FSPF n'appelle ni au boycott ni à la mobilisation générale : chaque officine est libre de décider son niveau de participation selon son organisation et ses moyens. L'USPO dénonce également l'absence de concertation et soulève des questions juridiques sur la présence éventuelle d'agents de l'Assurance maladie dans les officines. La revendication centrale des deux syndicats : toute mission confiée à l'officine doit être rémunérée.

Ticket de caisse et boîtes de médicaments sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

Franchises et participations forfaitaires : le décret officialise le plafond à 140 € au 1er octobre

Le décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026, publié au Journal officiel, rehausse les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires pour les assurés qui n'en sont pas exonérés, afin de tenir compte de l'inflation cumulée de 2005 à 2026. Chacun de ces deux plafonds passe de 50 euros par an à 70 euros, soit un reste à charge annuel maximal porté de 100 à 140 euros au total quand on cumule les deux dispositifs. Ces plafonds seront ensuite revalorisés chaque année sur la base de l'inflation. Point essentiel : le montant unitaire des franchises et des participations forfaitaires, applicable notamment aux boîtes de médicament, aux consultations ou aux transports sanitaires, reste inchangé. Seul le plafond annuel augmente. Le décret préserve la prise en charge de près de 18 millions de Français non concernés par ces dispositifs : les enfants et jeunes de moins de 18 ans, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, les femmes enceintes à partir du 1er jour du 6e mois de grossesse jusqu'au 12e jour après l'accouchement, les mineures pour la contraception, et les victimes d'un acte de terrorisme. Les nouveaux plafonds entrent en vigueur le 1er octobre 2026, avec une seconde étape prévue au 1er janvier 2028.

Carte Vitale posée sur un comptoir de pharmacie à côté d'un lecteur de carte, ambiance sobre
Officine·3 min

Carte Vitale des mineurs dès 12 ans : les modalités de délivrance sont publiées

Un arrêté du 13 août 2026, publié au Journal officiel du 28 août 2026 et pris en application de l'article R. 161-33-2 du code de la sécurité sociale, fixe les conditions de délivrance d'une carte Vitale personnelle aux mineurs. Jusqu'à présent, la carte Vitale personnelle était délivrée à partir de 16 ans. Le texte ouvre désormais la possibilité d'une carte Vitale dès 12 ans, avec deux modalités selon l'âge. De 12 à 15 ans, le mineur peut obtenir une carte Vitale sous forme matérielle uniquement, à la demande d'un des titulaires de l'autorité parentale. À partir de 16 ans, il peut obtenir une carte Vitale sous forme matérielle ou sous forme d'application mobile (e-carte Vitale), sous réserve de l'accord d'un des titulaires de l'autorité parentale. L'accord parental reste donc requis dans tous les cas. La mesure vise à faciliter l'accès aux soins et la prise en charge des adolescents, y compris pour leurs passages en pharmacie. Elle est entrée en vigueur le 29 août 2026.

Document officiel posé sur un bureau, ambiance institutionnelle sobre
Officine·6 min

PLFSS 2027 : les 20 propositions de l'USPO pour économiser sans rogner l'officine

L'USPO a publié le 1er septembre 2026 une lettre ouverte de son président Pierre-Olivier Variot, adressée à la ministre de la Santé et au directeur de la Sécurité sociale. Le syndicat y expose la logique de ses 20 propositions pour le PLFSS 2027, dont le corpus détaillé n'est communiqué qu'à la presse sur demande. Le fil conducteur : avant de réduire les rémunérations des professionnels de proximité, il faut traquer la non-pertinence, le gaspillage et les stratégies de contournement. La lettre développe sept axes. Premier levier, la pertinence des prescriptions de médicaments onéreux : les médicaments de plus de 150 euros HT représentent moins de 1 % des volumes mais près de la moitié de la dépense avant remises conventionnelles, et l'USPO estime qu'une amélioration de seulement 1 % de la pertinence sur ce périmètre représenterait environ 264 millions d'euros d'économies annuelles. Autres axes : conditionner le remboursement au prix fort des médicaments sans progrès thérapeutique (ASMR V) quand une alternative moins chère existe, porter la substitution générique et biosimilaire à une cible de 90 % (près de 37 millions d'euros d'économies annuelles sur le champ étudié), adapter les conditionnements à la durée de traitement, automatiser l'alimentation du DMP, mieux organiser la sortie d'hôpital avec le pharmacien correspondant notamment pour les patients en ALD, et automatiser la récupération des recours contre tiers. L'USPO demande en contrepartie qu'une part des gains d'efficience soit réinvestie dans le réseau officinal.

Boîte de médicaments avec un QR code scanné par un smartphone, comptoir de pharmacie en arrière-plan, ambiance sobre
Officine·5 min

e-Notice : les QR codes arrivent sur les boîtes de médicaments en officine

L'ANSM lance en septembre 2026 la deuxième phase de sa campagne d'information pour faire connaître la e-notice des médicaments. Depuis octobre 2025, les boîtes de certains médicaments vendus en officine portent un QR code donnant accès à une notice dématérialisée et enrichie, hébergée sur la Base de données publique des médicaments (BDPM). Environ 170 spécialités sont concernées en officine (statines, vaccins, inhibiteurs de la pompe à protons, différentes formes de paracétamol) et 420 à l'hôpital. La notice papier reste dans la boîte. La e-notice ne la remplace pas mais la complète avec des contenus enrichis : conseils de bon usage, informations de sécurité, vidéos explicatives, mesures de réduction des risques, résumé des caractéristiques du produit (RCP). Les informations sont mises à jour en temps réel au fil des décisions de l'ANSM et des évolutions scientifiques, contrairement à la notice papier qui ne peut être actualisée qu'à chaque nouveau lot fabriqué. La phase pilote est prévue pour 2 ans à compter d'octobre 2025. La campagne digitale cible les pharmaciens et le grand public via LinkedIn, YouTube et Discover, avec des vidéos pédagogiques en partenariat avec Dr.Good! (Dr. Michel Cymes). Le pharmacien est le relais naturel pour expliquer le fonctionnement de la e-notice au comptoir.

Boîte de comprimés d'iodure de potassium sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·7 min

Comprimés d'iode : la nouvelle campagne de distribution en pharmacie démarre en septembre

Les pharmacies d'officine situées dans un rayon de 0 à 20 km autour des centrales nucléaires EDF sont mobilisées à compter de septembre 2026 pour une nouvelle campagne de distribution préventive de comprimés d'iodure de potassium 65 mg. Cette campagne élargit le périmètre de la précédente (0-10 km, lancée en septembre 2024) à la zone des 10 à 20 km. Elle est financée par les exploitants nucléaires et organisée sous l'égide du ministère de la Défense. 19 centrales nucléaires EDF, soit 57 réacteurs, sont concernées. Les comprimés sont distribués gratuitement, sans ordonnance et sans justificatif, à toute personne résidant ou travaillant dans le périmètre. Le pharmacien doit informer sur les conditions de prise (uniquement sur instruction des autorités), la posologie par tranche d'âge, la conservation et le renouvellement des boîtes périmées. L'iodure de potassium protège la thyroïde en cas de rejet accidentel d'iode radioactif en saturant la glande avant que l'iode radioactif ne s'y fixe.

Comptoir de pharmacie avec une affiche de prévention, pharmacien en conversation avec une patiente, ambiance sobre
Officine·7 min

Violences sexistes : le pharmacien a désormais l'obligation d'agir

Le décret n° 2026-156 du 3 mars 2026 modifie le code de déontologie des pharmaciens et inscrit dans l'article R4235-6 du Code de la santé publique une obligation d'agir : lorsque le pharmacien présume qu'une personne est victime de violences, de sévices, de privations ou de mauvais traitements, il doit mettre en œuvre tout moyen pour protéger la victime. Le pharmacien peut signaler au procureur de la République ou à la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) pour les mineurs, dans les conditions prévues par l'article 226-14 du Code pénal. Le consentement de la victime est requis avant tout signalement, sauf pour les mineurs et les personnes incapables de se protéger. En cas de violences conjugales (article 132-80 du Code pénal), le pharmacien doit s'efforcer d'obtenir le consentement de l'adulte et, à défaut, l'informer du signalement effectué. Les signalements de bonne foi bénéficient d'une immunité disciplinaire. Le 2 juillet 2026, la Miprof (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences) et l'Ordre national des pharmaciens ont signé une convention renforçant la coopération en matière de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Le même jour, les 7 Ordres de santé ont signé une charte d'engagement avec l'État portant sur 8 axes : prévention, traitement des signalements, accompagnement des victimes, formation, réponse disciplinaire.

Écran d'ordinateur affichant un site internet barré d'un panneau d'interdiction, comptoir de pharmacie en arrière-plan, ambiance sobre
Officine·6 min

Faux GLP-1 en ligne : l'ANSM bloque des sites et retire le FastPen 40 mg

L'ANSM intensifie ses actions contre la vente illégale d'agonistes du GLP-1 sur internet. Depuis novembre 2025, sept sites ont fait l'objet de mesures de police sanitaire pour commercialisation de produits présentés comme des aGLP-1 (patchs, solutions buvables, anneaux nasaux, stylos injectables). Les analyses de l'ANSM n'ont retrouvé aucune substance active à visée amaigrissante dans les produits testés. Le 14 août 2026, l'ANSM a ordonné le retrait du FastPen 40 mg (présenté comme contenant du rétatrutide), commercialisé par la société AZRL LTD via le site azentralabs.com. Le produit promettait une perte de poids de 13 à 38 kg en 3 à 5 mois. L'ANSM rappelle que toute vente en ligne d'aGLP-1 est illégale, y compris par les pharmacies autorisées. Les seuls aGLP-1 légaux sont délivrés sur ordonnance en pharmacie : sémaglutide (Ozempic, Wegovy), liraglutide (Saxenda, Victoza), dulaglutide (Trulicity), tirzépatide (Mounjaro). Par ailleurs, l'ANSM alerte sur la circulation de peptides vendus en ligne (rétatrutide, BPC-157, TB500) avec des effets indésirables graves signalés : nausées, déshydratation, atteintes hépatiques, infections au point d'injection.

Boîtes de médicaments alignées sur une étagère de pharmacie avec une horloge en arrière-plan, ambiance sobre
Officine·5 min

73 médicaments pourraient voir leur durée de conservation allongée

L'ANSM a lancé en novembre 2025 le projet "Longue Vie aux Médicaments", une expérimentation sur 5 ans visant à allonger la durée de conservation des médicaments. Au 26 août 2026, 14 laboratoires sont engagés et 73 médicaments sont inclus dans le pilote. Parmi les molécules concernées : paracétamol, lévothyroxine, mélatonine et lithium. 47 des 73 médicaments devraient atteindre une durée de conservation de 4 ans ou plus, contre 2 à 3 ans actuellement pour la plupart des spécialités. L'objectif est de réduire le gaspillage médicamenteux : en 2024, 9 960 tonnes de médicaments non utilisés étaient présents dans les foyers français, dont 7 795 tonnes collectées en pharmacie via Cyclamed (taux de collecte de 77 %). Le secteur de la santé représente plus de 8 % des émissions nationales de gaz à effet de serre (50 millions de tonnes de CO2 équivalent), dont 55 % liés aux médicaments et dispositifs médicaux. Les laboratoires participants s'engagent à déposer des demandes de modification d'AMM auprès de l'ANSM pour allonger les durées de conservation sur la base d'études de stabilité. Le pharmacien d'officine est directement concerné : moins de destructions, meilleure gestion des stocks, réduction des ruptures.

Stylo à insuline posé sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·5 min

Novo Nordisk arrête Levemir et Fiasp Pumpcart : ce qui change au comptoir fin 2026

Novo Nordisk met fin à la commercialisation de plusieurs insulines en Europe. Après le retrait de NovoNorm (répaglinide), Actrapid Penfill et Insulatard Flexpen/Penfill le 30 septembre 2025, le laboratoire danois arrête Levemir Flexpen, Levemir Penfill (insuline détémir) et Fiasp Pumpcart (insuline aspart) au 31 décembre 2026. La décision est commerciale, sans lien avec un défaut de qualité ou de sécurité. Des alternatives existent pour chaque catégorie d'insuline : Humuline Regular et analogues rapides (lispro, aspart, glulisine) pour les insulines rapides, Humuline NPH pour les intermédiaires, insuline glargine (Lantus, Toujeo, Abasaglar) et insuline dégludec (Tresiba) pour les insulines longues. Le changement d'insuline nécessite une adaptation posologique sous surveillance médicale et une surveillance glycémique renforcée pendant les premières semaines. Le pharmacien d'officine est en première ligne pour informer les patients, vérifier la disponibilité des stocks et orienter vers le prescripteur.

Deux boîtes de médicament côte à côte sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

Siklos 100 mg et 1000 mg : l'ANSM alerte sur les confusions à la délivrance

L'ANSM alerte sur des erreurs médicamenteuses répétées lors de la délivrance de Siklos (hydroxycarbamide, laboratoire Addmedica). Des confusions entre Siklos 100 mg et Siklos 1000 mg ont été signalées en pharmacie, certaines ayant entraîné des effets indésirables graves. Le facteur d'erreur est de 10 sur la dose. Siklos est indiqué dans la prévention des crises vaso-occlusives douloureuses chez les patients drépanocytaires de 2 ans et plus. La prescription initiale est hospitalière, réservée aux pédiatres, internistes et hématologues. Les deux dosages se distinguent par la couleur de la boîte (dorée pour 100 mg, rouge pour 1000 mg) et le marquage du comprimé (lettre H pour hundred sur le 100 mg, lettre T pour thousand sur le 1000 mg). L'ANSM demande aux pharmaciens d'exercer une vigilance renforcée à la délivrance, de vérifier systématiquement le dosage prescrit, et de contacter le prescripteur en cas de doute. Des documents de réduction des risques (guides médecin et patient, fiche d'aide à la prescription) sont disponibles sur le site de l'ANSM.

Pharmacien montrant une boîte de médicament à un patient au comptoir, ambiance sobre
Officine·7 min

Tiers payant : extension aux hybrides et biosimilaires au 1er septembre 2026

À compter du 1er septembre 2026, le dispositif tiers payant contre génériques est étendu aux médicaments hybrides et aux médicaments biosimilaires substituables. Le mécanisme est le même que pour les génériques : le pharmacien accorde le tiers payant uniquement si le patient accepte la substitution, ou si le prescripteur a apposé une mention non substituable justifiée sur l'ordonnance. En cas de refus de substitution, le patient avance l'intégralité du prix du médicament et son remboursement peut être minoré, calculé sur la base du médicament hybride ou biosimilaire le plus cher du groupe. Deux exceptions maintiennent le tiers payant sans substitution : la mention non substituable médicalement justifiée du prescripteur, et le cas où le médicament d'origine coûte moins cher que le substitut. Pour les hybrides, deux motifs de non-substitution sont autorisés : la contre-indication formelle à un excipient (NS CIF) et la forme galénique inadaptée à un enfant de moins de 6 ans (NS EFG). Pour les biosimilaires, aucun formalisme particulier n'est imposé : le prescripteur motive librement la mention. Au 1er septembre 2026, 31 groupes hybrides et 11 molécules biosimilaires sont substituables en officine. Le texte fondateur est l'article L.162-16-7 du Code de la sécurité sociale, modifié par la LFSS 2026.