Leclerc veut vendre des médicaments sans ordonnance : ce que dit la loi, ce que valent les chiffres, ce qui s'est passé en Italie
E.Leclerc diffuse depuis octobre 2026 la campagne « Ça va passer », conçue par BETC et BETC Fullsix, qui dénonce l'interdiction faite à ses parapharmacies de vendre des médicaments sans ordonnance « à prix E.Leclerc ». Son chiffre d'appel, « 6 Français sur 10 ont déjà renoncé à acheter des médicaments sans ordonnance faute de moyens », vient d'une étude Ifop pour Biogaran d'avril 2023 menée auprès de 2 005 personnes. La question posée était : « Vous est-il déjà arrivé de renoncer à l'achat d'un médicament non remboursé en raison de son prix ? » ; 61 % ont répondu oui, dont 19 % « souvent » et 42 % « parfois ». Le « souvent » monte à 35 % chez les personnes vivant avec moins de 900 euros par mois. En France, l'article L. 4211-1 du code de la santé publique réserve aux pharmaciens la vente au détail de tous les médicaments, avec ou sans ordonnance. En 2019, l'Autorité de la concurrence avait proposé d'autoriser la vente des médicaments à prescription médicale facultative hors officine, sous la responsabilité d'un pharmacien inscrit à l'Ordre, dans un espace dédié avec une caisse séparée, sur le modèle de l'Italie (2006) et du Portugal (2005). Selon les études qu'elle cite, les prix y sont environ 10 % plus bas en grande surface qu'en pharmacie en Italie et 13 % au Portugal ; mais une étude de l'agence italienne du médicament, citée par l'Ordre des pharmaciens, relevait une hausse de 9,7 % des dépenses des patients entre 2006 et 2013, et une étude présentée à l'OCDE n'avait pas pu confirmer de baisse des prix après libéralisation. Cette proposition n'a pas été reprise. Le 23 septembre 2026, la FSPF, l'USPO et NèreS ont proposé 33 molécules à rendre accessibles sans ordonnance, en pharmacie et sous conseil pharmaceutique.