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L'actualité pharmaceutique, décryptée pour l'officine.

Toute l'actu pharma en 5 minutes.

Plaquette de gélules posée sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

Duloxétine 30 et 60 mg : l'ANSM mobilise les stocks face à la tension d'approvisionnement

L'ANSM a publié le 9 octobre 2026 une actualité et une fiche de disponibilité signalant une tension d'approvisionnement sur la duloxétine 30 mg et 60 mg, gélules gastro-résistantes. Tous les laboratoires produisant cette molécule sont concernés, en raison de difficultés de production temporaires. La situation en ville est qualifiée de tension, et non de rupture : des boîtes restent disponibles, mais de façon contrainte. Un retour à la normale en ville est attendu pour la fin octobre 2026, la redistribution complète à l'ensemble du circuit pouvant nécessiter plusieurs semaines supplémentaires. Pour préserver les stocks nationaux, l'ANSM a mobilisé les stocks de sécurité, demandé aux laboratoires de prioriser la distribution vers les officines via les grossistes-répartiteurs plutôt que par ventes directes, et interdit les exportations depuis la mi-septembre 2026. L'Agence invite par ailleurs les prescripteurs à limiter l'instauration de nouveaux traitements par duloxétine. La duloxétine est indiquée dans les épisodes dépressifs majeurs, le trouble anxieux généralisé et la douleur neuropathique diabétique périphérique. Pour les nouveaux patients, l'ANSM rappelle les alternatives possibles (ISRS ou IRSN pour la dépression et l'anxiété, gabapentinoïdes ou antidépresseurs tricycliques pour la douleur neuropathique diabétique). Les patients déjà traités ne doivent pas arrêter brutalement leur traitement et doivent se rapprocher de leur médecin en cas d'indisponibilité.

Validé par un pharmacien

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Ruptures de médicaments

Le statut officiel des médicaments signalés par l'ANSM : ruptures, tensions et remises à disposition.

45Rupture de stock
135Tension d'approvisionnement
96Remise à disposition
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Réfrigérateur médical avec des doses de vaccin et une sonde de température, ambiance sobre
Réglementation·5 min

Vaccins grippe et Covid : le décret autorise médecins, infirmiers et sages-femmes à constituer des stocks dès le 11 octobre

Le décret n° 2026-939 du 9 octobre 2026, publié au Journal officiel du 10 octobre, pris en application de l'article L. 4211-4 du Code de la santé publique (issu de l'article 55 de la LFSS 2026), autorise les médecins, les infirmiers et les sages-femmes exerçant en libéral, ainsi que les centres de santé, à s'approvisionner et à détenir des vaccins pour les administrer aux personnes ciblées par le calendrier vaccinal. Le dispositif entre en vigueur le 11 octobre 2026 et se limite, pour l'instant, aux vaccins contre la grippe saisonnière et le Covid-19. Point central pour l'officine : l'approvisionnement de ces professionnels continue de passer par les pharmacies d'officine. En revanche, dès la livraison, le transport, la conservation et le stockage des doses relèvent de la responsabilité du professionnel ou du centre qui les détient. L'USPO, qui réclamait de longue date que ces nouveaux acteurs soient soumis aux mêmes obligations que l'officine (réfrigérateur qualifié avec sonde et relevé de température, traçabilité, gestion des retraits de lots), alerte sur le calendrier : les commandes de vaccins grippe ont déjà été passées par le réseau officinal sans tenir compte des besoins de ces professionnels, et le syndicat juge que « la précipitation pour la sécurité des patients n'est pas la bonne méthode ».

Comptoir de pharmacie et ordonnance, ambiance sobre
Officine·3 min

Perruque et prothèse mammaire après un cancer du sein : le barème de remboursement et le rôle de l'officine

Après un cancer du sein, deux dispositifs accompagnent les patientes : la prothèse capillaire (perruque), en cas de chute de cheveux liée à la chimiothérapie, et la prothèse mammaire externe, après une mastectomie. Tous deux sont pris en charge par l'Assurance Maladie et relèvent de la LPPR, que l'officine peut délivrer et facturer. Depuis le 1er janvier 2026, les perruques sont classées en quatre catégories, toutes avec une base de remboursement de 350 € : la classe 1 (synthétique, prix limité à 350 €) est intégralement prise en charge, tandis que les classes supérieures ont un prix limite plus élevé (700 €, 1 000 €, puis sans limite) avec un reste à charge dépendant de la complémentaire. Les prothèses capillaires partielles sont remboursées sur une base de 125 €. La prescription, obligatoire, est renouvelable tous les 12 mois. Côté prothèses mammaires externes : la prothèse transitoire en textile est limitée à 25 €, la prothèse en silicone standard à 180 €, le modèle technique pouvant aller jusqu'à 240 € sous conditions. Le pharmacien, distributeur de dispositifs médicaux, a un rôle concret : délivrer, facturer en tiers payant, vérifier la prescription et accompagner des patientes à un moment sensible.

Flacon de vaccin antigrippal et seringue posés sur une paillasse, ambiance sobre
Réglementation·4 min

Obligation vaccinale grippe des soignants : le Conseil d'État rejette le référé, mais sur l'urgence, pas sur le fond

Le Conseil d'État a statué, par une ordonnance du 5 octobre 2026 (décision n° 519964), sur le référé-suspension déposé par le Syndicat Liberté Santé contre la recommandation de la Haute Autorité de santé du 9 juillet 2026 préconisant une obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour les professionnels de santé, les autres professionnels des établissements de santé et médico-sociaux en contact avec des personnes vulnérables, et les étudiants des filières médicales et paramédicales. Le juge des référés a rejeté la demande de suspension. Point essentiel : ce rejet est fondé sur l'absence d'urgence, et non sur la légalité au fond de la recommandation. Le Conseil d'État relève que la recommandation de la HAS ne rend pas, à elle seule, l'obligation applicable : pour les salariés des établissements, elle nécessiterait l'abrogation du décret du 14 octobre 2006 qui avait suspendu cette obligation ; pour les libéraux, un décret en Conseil d'État reste nécessaire, et la HAS préconise un déploiement progressif sur deux ans. La recommandation ne portant pas une atteinte « suffisamment grave et immédiate » aux intérêts invoqués, la condition d'urgence n'est pas remplie. Le juge statue sur ce seul fondement (article L. 522-3 du code de justice administrative), sans se prononcer sur la légalité de la recommandation. Pour les soignants comme pour l'officine, l'obligation n'est donc pas applicable en l'état : le débat sur le fond reste entier.

Stylo injecteur et plaquette de comprimés sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

aGLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro) : l'ANSM alerte sur le mésusage et de nouvelles interactions

L'ANSM a publié le 7 octobre 2026 son 3e rapport de pharmacovigilance sur les analogues du GLP-1 (aGLP-1 : sémaglutide, tirzépatide, liraglutide, dulaglutide), couvrant la période de février 2025 à janvier 2026. Plus de 840 000 patients sont traités en France. Sur la période, 2 801 cas d'effets indésirables ont été déclarés, dont 515 graves (environ 18 %) ; un cas sur trois concernait un diabète de type 2 et un cas sur trois le contrôle du poids. Le rapport confirme la persistance d'un mésusage à visée amaigrissante, en dehors de tout cadre médical, touchant plutôt des personnes jeunes : 36 signalements de mésusage, dont 17 graves, avec dans deux cas sur trois une obtention hors des circuits officiels (internet, entourage, étranger) et dans plus de neuf cas sur dix des posologies trop élevées. Les complications graves rapportées incluent des pancréatites aiguës, des troubles digestifs sévères, des carences nutritionnelles, des atteintes ophtalmologiques, hépatobiliaires et cérébrovasculaires. Point nouveau de ce rapport : un risque d'interactions médicamenteuses, lié au ralentissement de la vidange gastrique qui modifie l'absorption d'autres médicaments. Sont notamment concernés les médicaments à marge thérapeutique étroite (anticoagulants), la metformine (risque majoré d'acidose lactique en cas de déshydratation) et les contraceptifs oraux (efficacité potentiellement diminuée). L'ANSM confirme un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces traitements sont utilisés conformément aux recommandations, et appelle à la vigilance.

Validé pharmacien
Plaquette de comprimés sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

Furosémide 20 et 40 mg en tension : ce que le pharmacien doit savoir au comptoir

L'ANSM a publié le 6 octobre 2026 un point de situation (mis à jour depuis le 28 septembre) sur les tensions d'approvisionnement touchant les spécialités à base de furosémide 20 mg et 40 mg en comprimés. Le furosémide est un diurétique de l'anse, indiqué dans le traitement de l'hypertension artérielle et des œdèmes liés à une insuffisance cardiaque, hépatique ou rénale. Les tensions sont liées à des difficultés de production rencontrées par les laboratoires Viatris et Zentiva ; les autres laboratoires commercialisant du furosémide compensent depuis plusieurs mois. La normalisation est attendue avant avril 2027 pour Viatris, à une date non connue pour Zentiva. L'ANSM recommande aux prescripteurs de limiter les initiations de traitement, de réévaluer la pertinence de poursuivre le furosémide lors du renouvellement et de privilégier un autre diurétique lorsque cela est adapté. Elle demande aux laboratoires de mettre en circulation leurs stocks de sécurité, de limiter les ventes directes aux pharmacies au profit d'une répartition équitable via les grossistes-répartiteurs, et d'identifier des pistes d'importation. Au comptoir, le pharmacien doit vérifier la disponibilité par spécialité, orienter vers le prescripteur en cas d'indisponibilité pour envisager une alternative, et veiller à ce que les patients n'interrompent pas seuls un traitement diurétique, en particulier dans l'insuffisance cardiaque.

Validé pharmacien
Comptoir de pharmacie avec des substituts nicotiniques, ambiance sobre
Santé pub.·3 min

Mois sans tabac 2026 : substituts remboursés, kit en pharmacie, le rôle de l'officine

La 11e édition du Mois sans tabac, organisée par Santé publique France avec le ministère de la Santé et l'Assurance Maladie, se déroule du 1er octobre au 1er novembre 2026, avec un défi collectif de 30 jours sans tabac en novembre. L'inscription se fait sur mois-sans-tabac.fr, qui donne accès à un accompagnement personnalisé et à l'application d'e-coaching. Un kit d'aide à l'arrêt gratuit (programme de 40 jours, roue des économies, brochures) peut être commandé ou téléchargé, et il est disponible dans les pharmacies partenaires. Le dispositif a réuni plus de 2,5 millions de participants depuis 2016, dont plus de 117 000 inscrits en 2025. L'officine est un acteur de proximité du sevrage : le pharmacien délivre les substituts nicotiniques, remboursés à 65 % sur prescription par l'Assurance Maladie depuis le 1er janvier 2019 (le forfait annuel de 150 euros n'existe plus, la prise en charge est de droit commun, sans plafond). La prescription relève du médecin, de la sage-femme, du médecin du travail, du chirurgien-dentiste, de l'infirmier ou du masseur-kinésithérapeute. Au comptoir, le pharmacien conseille sur les formes et le dosage, accompagne la démarche, distribue le kit et oriente vers Tabac info service.