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Santé publique·3 min de lecture

Coqueluche : 2024, une flambée épidémique qui interpelle l'officine

Santé publique France signale une recrudescence massive de la coqueluche en 2024. Le point sur les chiffres et le rôle du pharmacien dans le rattrapage vaccinal.

En bref

Santé publique France révèle une flambée épidémique de coqueluche en 2024, avec une hausse massive des cas déclarés. Le pharmacien d'officine a un rôle clé à jouer dans le rappel vaccinal, notamment auprès des femmes enceintes et de l'entourage des nourrissons.

Une année 2024 hors normes

Santé publique France a publié ses données annuelles de surveillance de la coqueluche, et le constat est sans appel : l'année 2024 a été marquée par une recrudescence très importante des cas sur le territoire national. Cette flambée s'inscrit dans un cycle épidémique attendu -- la coqueluche évolue par vagues tous les trois à cinq ans -- mais son ampleur interpelle.

Les nourrissons de moins de trois mois, trop jeunes pour être vaccinés, restent les plus exposés aux formes graves. Plusieurs décès ont été déplorés dans cette tranche d'âge au cours de l'année.

Pourquoi la vaccination reste la clef

La protection contre la coqueluche diminue avec le temps, que l'on ait été vacciné ou que l'on ait contracté la maladie. C'est précisément ce qui alimente les cycles épidémiques : des adultes et adolescents insuffisamment protégés deviennent des réservoirs silencieux de transmission vers les plus fragiles.

Le calendrier vaccinal prévoit des rappels à âges fixes (11-13 ans, 25 ans), mais le taux de couverture vaccinale des rappels adultes reste insuffisant. La stratégie du cocooning -- vacciner l'entourage proche du nourrisson -- et la vaccination des femmes enceintes à partir du deuxième trimestre sont les deux piliers de prévention recommandés par la HAS.

Le rôle du pharmacien d'officine

Le comptoir est un poste d'observation privilégié. Plusieurs réflexes peuvent faire la différence :

  • Vérifier le statut vaccinal lors de la délivrance d'un carnet de santé ou d'une ordonnance de suivi de grossesse. Un simple rappel peut suffire à déclencher une mise à jour.
  • Orienter les femmes enceintes vers leur médecin ou sage-femme pour la vaccination entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée, conformément aux recommandations.
  • Sensibiliser l'entourage des nourrissons : grands-parents, fratrie, assistantes maternelles. Ce sont eux qui, le plus souvent, transmettent la bactérie au nouveau-né.
  • Rappeler que la vaccination coqueluche est possible à l'officine pour les adultes, dans le cadre des compétences vaccinales élargies du pharmacien.

À retenir

La coqueluche n'est pas une maladie du passé. Les données de 2024 le confirment. Chaque interaction au comptoir est une occasion de vérifier, informer et orienter. La prévention repose sur des gestes simples, et le pharmacien est en première ligne pour les porter.

Sur le même sujet, la vaccination contre le chikungunya en Guyane et la préparation de la campagne grippe 2026-2027 illustrent le rôle croissant du pharmacien dans la stratégie vaccinale française.

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