La HAS monte au créneau pour défendre son indépendance face aux laboratoires
Le Collège de la HAS publie une lettre ouverte pour dénoncer les pressions de certains industriels sur ses évaluations de médicaments en cours.
La HAS dénonce publiquement les pressions exercées par certains laboratoires sur ses évaluations scientifiques en cours. Par une lettre ouverte dans Les Echos, le Collège réaffirme son indépendance et appelle à préserver l'intégrité du processus d'évaluation des médicaments en France.
Un signal fort et inhabituel
Le fait est suffisamment rare pour être souligné. Le Collège de la Haute Autorité de santé a choisi de s'exprimer publiquement, par une lettre ouverte publiée dans Les Echos, pour dénoncer les pressions exercées par certains industriels du médicament sur des évaluations scientifiques en cours.
La HAS n'a pas pour habitude de monter au créneau médiatiquement. Si elle le fait aujourd'hui, c'est que la situation l'exige.
Ce qui est en jeu
La Commission de la transparence, organe central de la HAS, évalue le service médical rendu (SMR) et l'amélioration du service médical rendu (ASMR) des médicaments. Ces avis conditionnent directement le remboursement et le prix des produits de santé en France. Ils constituent un socle sur lequel reposent les décisions de prise en charge collective.
Quand un laboratoire tente d'infléchir cette évaluation par des pressions extérieures au processus scientifique, c'est l'ensemble du système qui est fragilisé. La fixation du prix, les négociations avec le CEPS, la confiance des prescripteurs et des dispensateurs : tout repose sur la rigueur et la neutralité de ces avis.
Pourquoi cela concerne les pharmaciens
Le pharmacien d'officine est en bout de chaîne. Il dispense des médicaments dont le remboursement et le positionnement thérapeutique découlent directement des travaux de la HAS. Si ces évaluations perdent en crédibilité, c'est toute la chaîne de confiance qui se dégrade.
Au comptoir, face au patient qui questionne l'utilité d'un traitement ou la pertinence d'un déremboursement, le pharmacien s'appuie sur des avis qu'il considère comme indépendants. Cette indépendance n'est pas un luxe institutionnel. C'est une condition de travail.
Un rappel nécessaire
La démarche du Collège de la HAS a le mérite de la clarté. Elle pose un principe simple : l'évaluation scientifique des médicaments ne se négocie pas dans les colonnes de la presse ou dans les couloirs des ministères. Elle se construit sur des données cliniques, analysées selon une méthodologie transparente et contradictoire.
Le fait que la HAS doive le rappeler publiquement en dit long sur l'intensité des pressions actuelles. Et sur la nécessité de soutenir les institutions qui résistent.
Pour un exemple concret d'évaluation HAS récente, voir l'avis conditionnel sur Qalsody dans la SLA.
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