Acide acétylsalicylique 75 mg : tension d'approvisionnement en officine, rupture critique à l'hôpital
L'ANSM signale une tension d'approvisionnement sur l'acide acétylsalicylique 75 mg gastro-résistant depuis le 18 mai 2026, avec une rupture critique en milieu hospitalier. Les exportations sont interdites. Délai de remise à disposition indéterminé.
L'ANSM a signalé le 21 mai 2026 une tension d'approvisionnement en officine et une rupture critique en milieu hospitalier sur l'acide acétylsalicylique 75 mg gastro-résistant. Les exportations sont interdites. Aucune alternative n'est proposée à ce stade, et la date de remise à disposition reste indéterminée.
Ce que signale l'ANSM
Publié le 21 mai 2026 et évalué dès le 18 mai, l'avis de l'ANSM distingue deux niveaux de criticité selon le circuit de distribution :
- En officine de ville : tension d'approvisionnement avec rationnement quantitatif mis en place
- En milieu hospitalier : rupture critique
Les spécialités concernées regroupent l'ensemble des présentations à 75 mg en comprimé gastro-résistant commercialisées en France : Resitune 75 mg, Acide acétylsalicylique Biogaran 75 mg, Asared 75 mg et Aspirine Arrow 75 mg. Quatre laboratoires sont actifs sur ce segment : Pfizer, Biogaran, Zentiva et Arrow.
Une molécule incontournable en prévention cardiovasculaire
L'acide acétylsalicylique à faible dose est un antiagrégant plaquettaire de référence pour la prévention secondaire des événements cardiovasculaires majeurs : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ischémique, angor instable, protection des pontages aorto-coronariens. Sa large prescription en fait l'un des médicaments les plus dispensés en officine.
Une rupture sur ce produit n'est pas anodine : elle concerne des patients à risque élevé pour lesquels l'interruption de traitement peut avoir des conséquences cliniques sérieuses.
Pas d'alternative identifiée, délai indéterminé
L'ANSM n'a pas publié de recommandation de substitution à ce stade. La date de remise à disposition normale est indéterminée.
En parallèle, l'agence a activé les mesures réglementaires habituelles en cas de tension critique : interdiction d'exportation et de vente en gros hors de France, conformément aux articles L.5121-30 et L.5124-17-3 du Code de la santé publique.
Ce que cela implique au comptoir
Face à cette tension, plusieurs réflexes s'imposent en officine :
- Appliquer le rationnement quantitatif recommandé par l'ANSM : ne pas délivrer au-delà des besoins immédiats du patient
- Ne pas substituer sans avis médical : aucune alternative officielle n'est proposée à ce jour ; toute modification de traitement antiagrégant relève d'une décision médicale
- Informer le patient sur la situation et l'orienter vers son médecin en cas de doute sur la continuité de son traitement
- Surveiller les mises à jour ANSM : la situation est susceptible d'évoluer rapidement
Cette tension s'inscrit dans un contexte plus large de fragilité des chaînes d'approvisionnement sur les médicaments matures à faible valeur ajoutée, documenté dans le rapport IGAS-IGF sur la rémunération des officines et dans les débats autour du Critical Medicines Act européen.
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Aspirine 75 et 100 mg : tension étendue, l'ANSM autorise la substitution entre dosages
L'ANSM a publié le 29 juin 2026 une mise à jour sur les tensions d'approvisionnement en acide acétylsalicylique gastro-résistant : la tension, initialement limitée au 75 mg, s'étend désormais au 100 mg. Les difficultés de production de Resitune (Pfizer) impactent l'ensemble des spécialités à base d'aspirine gastro-résistante en ville. Le retour à la normale n'est pas attendu avant début 2027. Mesure exceptionnelle : l'ANSM autorise temporairement les pharmaciens à substituer entre spécialités d'aspirine gastro-résistante à dosage équivalent, et à substituer entre les dosages 75 mg et 100 mg lorsque le dosage prescrit est indisponible. Cette autorisation s'appuie sur les recommandations européennes de prévention cardiovasculaire qui admettent des doses d'aspirine de 75 à 150 mg par jour. Le pharmacien doit informer le patient de tout changement de dosage et vérifier la bonne compréhension de la nouvelle posologie.
Bicafres 1000 mg : rupture jusqu'en avril 2027, les préparations magistrales en relais
L'ANSM signale une rupture de stock de Bicafres 1000 mg, comprimé gastro-résistant (bicarbonate de sodium, laboratoire Theradial), depuis le 22 juin 2026. Le retour en stock n'est pas attendu avant début avril 2027, soit une rupture de près de 10 mois. Le médicament est indisponible en ville comme à l'hôpital. L'USPO publie le 4 août 2026 un communiqué demandant la continuité des traitements pour les patients atteints d'insuffisance rénale chronique. Deux solutions alternatives sont envisagées : l'importation de gélules de bicarbonate étranger (approvisionnement limité) et les préparations magistrales de gélules gastro-résistantes dosées à 1 g, réalisables en officine. L'USPO rappelle que les préparations magistrales peuvent être remboursées par l'Assurance maladie si le prescripteur appose la mention "prescription à but thérapeutique en l'absence de spécialités équivalentes disponibles". La mise sous statut MITM (médicament d'intérêt thérapeutique majeur) est prévue, et un arrêté fixant les prix des préparations magistrales est attendu dans les prochains jours. L'exportation du Bicafres par les grossistes est interdite.
Collyres : l'ANSM alerte sur des tensions d'approvisionnement multiples
L'ANSM a publié le 23 juillet 2026 une alerte sur les tensions d'approvisionnement en collyres. Plusieurs spécialités sont en rupture critique ou en tension modérée. Les ruptures critiques concernent la fluorescéine Faure 0,5 % (collyre en récipient unidose) et le Mydriaticum 2 mg/0,4 mL tropicamide (unidose). Les tensions modérées touchent la Néosynéphrine 2,5 % et 10 % Faure (phényléphrine), le Voltarénophta/Voltarénophtabak (diclofénac ophtalmique), le Verkazia (ciclosporine ophtalmique), l'Oxybuprocaïne Théa 1,6 mg/0,4 mL, la Tétracaïne 1 % Théa, le Dexocol (dexaméthasone) et la Chibroxine 0,3 % (norfloxacine). L'ANSM identifie comme cause principale les difficultés rencontrées sur le site de production français d'Excelvision, auxquelles s'ajoutent des tensions internationales sur l'approvisionnement en spécialités ophtalmiques. L'Agence demande aux prescripteurs de ne prescrire que lorsque c'est strictement nécessaire et aux pharmaciens de ne dispenser que les quantités strictement nécessaires, sans sur-stockage. Des importations ont été mises en place à la demande de l'ANSM.