Pouvoir d'achat des titulaires : −16,9 % depuis 2019 selon l'INSEE
L'INSEE publie le 30 juin 2026 les revenus 2024 des non-salariés. Le pouvoir d'achat des pharmaciens titulaires a reculé de 16,9 % en euros constants depuis 2019, dont −7,4 % sur la seule année 2024. Avec un revenu moyen de 6 390 euros par mois, les titulaires subissent une érosion trois fois plus rapide que la moyenne des indépendants. Décryptage des chiffres et mise en perspective.
L'INSEE a publié le 30 juin 2026 son étude annuelle sur les revenus des travailleurs non-salariés en France. Les chiffres pour le commerce pharmaceutique sont sans appel : le pouvoir d'achat des pharmaciens titulaires a reculé de 16,9 % en euros constants entre 2019 et 2024. Sur la seule année 2024, la baisse atteint 7,4 % en euros constants, après un recul de 18,3 % en 2023. Le revenu moyen mensuel des non-salariés du commerce pharmaceutique s'établit à 6 390 euros. Cette érosion est trois fois plus rapide que celle de l'ensemble des travailleurs non-salariés classiques, qui ont perdu 5,6 % sur la même période. Le secteur compte environ 24 000 non-salariés, un effectif stable. Les pharmaciens restent parmi les indépendants les mieux rémunérés (derrière les médecins et dentistes à 10 180 euros), mais la trajectoire est clairement baissière. Ces données alimentent les négociations conventionnelles en cours sur la revalorisation de la rémunération officinale.
Le pouvoir d'achat des pharmaciens titulaires a chuté de 16,9 % en euros constants entre 2019 et 2024. C'est le constat dressé par l'INSEE dans son étude annuelle sur les revenus des travailleurs non-salariés, publiée le 30 juin 2026.
Les chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Baisse du pouvoir d'achat 2019-2024 | −16,9 % en euros constants |
| Baisse en 2024 | −7,4 % en euros constants |
| Baisse en 2023 | −18,3 % |
| Revenu moyen mensuel 2024 | 6 390 € |
| Effectif non-salariés pharma | ~24 000 (stable, −0,1 %) |
Une érosion trois fois plus rapide que la moyenne
L'ensemble des travailleurs non-salariés classiques a perdu 5,6 % de pouvoir d'achat sur la même période 2019-2024. Les pharmaciens titulaires subissent donc une érosion trois fois plus rapide que la moyenne des indépendants.
Plus frappant encore : alors que le revenu moyen des non-salariés classiques a progressé de +0,7 % en euros constants en 2024, celui des pharmaciens a reculé de −7,4 %.
| Catégorie | Évolution 2024 | Évolution 2019-2024 |
|---|---|---|
| Pharmaciens titulaires | −7,4 % | −16,9 % |
| Ensemble des non-salariés | +0,7 % | −5,6 % |
Où se situent les pharmaciens
Malgré cette trajectoire baissière, les pharmaciens titulaires restent parmi les indépendants les mieux rémunérés en France :
| Profession | Revenu moyen mensuel 2024 |
|---|---|
| Médecins et dentistes | 10 180 € |
| Pharmaciens titulaires | 6 390 € |
| Artisans du bâtiment | 3 050 € |
La position relative reste favorable, mais l'écart se réduit d'année en année.
Les facteurs d'érosion
L'INSEE ne détaille pas les causes spécifiques au secteur pharmaceutique, mais plusieurs facteurs structurels sont identifiés par les syndicats :
- Baisses de prix successives sur les médicaments génériques et les spécialités de référence, qui compriment la marge officinale ;
- Augmentation des charges (masse salariale, énergie, loyers) non compensée par la revalorisation des honoraires ;
- Plafonnement de la rémunération à l'acte sur certaines missions (vaccination, TROD) dont le volume ne compense pas la baisse de marge sur le médicament ;
- Inflation générale qui ampute le revenu réel sans ajustement automatique de la rémunération conventionnelle.
Le contexte conventionnel
Ces chiffres tombent en pleine négociation conventionnelle. Le 22 juin 2026, une réunion ministérielle a acté le principe d'un double avenant visant à revaloriser la rémunération officinale. Les syndicats (FSPF, USPO) utilisent précisément ces données INSEE pour appuyer leurs demandes de revalorisation.
Le comité de suivi des génériques du 23 juillet 2026 examinera par ailleurs une nouvelle vague de baisses de prix ciblant 43,9 millions d'euros d'économies, un signal contradictoire avec l'objectif affiché de soutien au réseau.
Précision méthodologique
L'étude INSEE porte sur les « non-salariés du commerce pharmaceutique », catégorie qui englobe l'ensemble des titulaires d'officine mais peut inclure marginalement d'autres formes d'exercice commercial. Les données ne permettent pas d'isoler les seuls titulaires d'officine au sens strict.
À retenir
- −16,9 % de pouvoir d'achat pour les pharmaciens titulaires entre 2019 et 2024 (INSEE).
- −7,4 % sur la seule année 2024, après −18,3 % en 2023.
- Revenu moyen : 6 390 €/mois, en baisse, mais toujours parmi les plus élevés des indépendants.
- Érosion 3× plus rapide que la moyenne des non-salariés.
- 24 000 titulaires concernés, effectif stable.
- Contexte : négociations conventionnelles en cours, double avenant annoncé.
- Source : INSEE, étude publiée le 30 juin 2026.
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