Pression artérielle en officine : la loi autorise officiellement le pharmacien à la mesurer
La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, publiée au JO du 28 juillet, autorise le pharmacien d'officine à mesurer la pression artérielle des patients dans une démarche de prévention cardiovasculaire. Une nouvelle mission inscrite dans le Code de la santé publique. Ce que ça change au comptoir.
La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, publiée au Journal officiel du 28 juillet (JORFTEXT000054496977), autorise officiellement le pharmacien d'officine à mesurer la pression artérielle des patients dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires. L'article L. 5125-1-1 A du Code de la santé publique est complété en ce sens. L'article L. 4161-1 du CSP est également modifié pour exclure cette mesure du monopole médical : le pharmacien qui mesure la PA ne commet pas d'exercice illégal de la médecine. En revanche, les étudiants en pharmacie ne sont pas autorisés à réaliser cette mesure (art. L. 4161-5 du CSP), sous peine de poursuites pour exercice illégal (2 ans d'emprisonnement, 30 000 euros d'amende). La loi instaure par ailleurs une stratégie nationale pluriannuelle de prévention, dépistage et prise en charge des maladies cardio-neuro-vasculaires, avec un rapport d'évaluation dans 3 ans. Les modalités pratiques (rémunération, conditions, facturation) restent à définir par les textes d'application.
Le pharmacien d'officine peut désormais mesurer la pression artérielle de ses patients. La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, publiée au JO du 28 juillet, inscrit cette nouvelle mission dans le Code de la santé publique.
Ce que dit la loi
La nouvelle mission
| Élément | Détail |
|---|---|
| Texte | Loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 |
| Publication | JO du 28 juillet 2026 |
| Article modifié | Art. L. 5125-1-1 A du CSP |
| Mission | Mesurer la pression artérielle des patients dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires |
L'exclusion du monopole médical
La loi modifie l'article L. 4161-1 du CSP pour exclure explicitement cette mesure du monopole médical. Le pharmacien qui mesure la PA ne commet pas d'exercice illégal de la médecine.
Les actes du pharmacien désormais exclus du monopole médical :
| Acte | Base légale |
|---|---|
| Dispensation de médicaments sans ordonnance | Art. L. 4161-1 CSP |
| Prescription et administration de vaccins | Art. L. 4161-1 CSP |
| Évaluation et prise en charge de situations cliniques | Art. L. 4161-1 CSP |
| Mesure de la pression artérielle | Art. L. 4161-1 CSP (nouveau) |
L'interdiction pour les étudiants
| Élément | Détail |
|---|---|
| Article | L. 4161-5 du CSP |
| Règle | Les étudiants en pharmacie ne peuvent pas mesurer la PA |
| Sanction | Exercice illégal de la médecine : 2 ans d'emprisonnement, 30 000 € d'amende |
La stratégie nationale cardiovasculaire
La loi ne se limite pas à la PA en officine. Elle crée une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires :
| Axe | Détail |
|---|---|
| Prévention | Réduction des facteurs de risque (HTA, tabac, sédentarité, alimentation) |
| Dépistage | Identification précoce des patients à risque |
| Prise en charge | Amélioration du parcours de soins |
| Inégalités | Réduction des inégalités territoriales et sociales d'accès à la prévention |
| Évaluation | Rapport gouvernemental dans 3 ans sur la mise en oeuvre et l'impact |
Ce qui reste à définir
Les textes d'application doivent encore préciser :
| Point | Statut |
|---|---|
| Rémunération | À définir |
| Conditions d'éligibilité | À définir |
| Facturation | Code acte à créer |
| Organisation | Modalités pratiques à préciser |
| Formation | Éventuelle formation requise à déterminer |
L'USPO demande la juste rémunération de cette mission pour permettre son déploiement effectif en officine.
Ce que ça change au comptoir
Ce que le pharmacien peut faire dès maintenant
La loi est d'application immédiate pour l'autorisation de mesurer la PA. Le pharmacien peut :
- Proposer une mesure de PA aux patients à risque
- Utiliser un tensiomètre validé (brassard huméral recommandé)
- Orienter le patient vers son médecin traitant en cas de valeurs anormales
- Contribuer au dépistage de l'HTA silencieuse
Ce que le pharmacien ne peut pas encore faire
En l'absence de textes d'application :
- Pas de facturation : aucun code acte n'est encore créé
- Pas de rémunération : la mission n'est pas encore valorisée financièrement
Les chiffres de l'HTA en France
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Hypertendus en France | Environ 17 millions de personnes |
| HTA non diagnostiquée | Environ 1 personne sur 2 ne sait pas qu'elle est hypertendue |
| HTA non contrôlée | Environ 1 hypertendu traité sur 2 n'atteint pas les objectifs tensionnels |
| 1re cause de mortalité | Les maladies cardiovasculaires restent la 1re cause de mortalité dans le monde |
L'opportunité pour l'officine
Le pharmacien voit ses patients régulièrement et sans rendez-vous. Il est le professionnel de santé le mieux placé pour :
- Dépister l'HTA chez les patients qui ne consultent pas
- Suivre la PA des patients sous traitement antihypertenseur
- Repérer les patients à risque cardiovasculaire (diabétiques, fumeurs, obèses)
À retenir
- Loi 2026-668 du 27/07/2026 : le pharmacien peut mesurer la PA en officine.
- Art. L. 5125-1-1 A du CSP modifié : nouvelle mission officielle.
- Pas d'exercice illégal : exclusion explicite du monopole médical.
- Étudiants interdits : seul le pharmacien diplômé peut mesurer la PA.
- Rémunération : textes d'application à venir, pas encore de code acte.
- Au comptoir : la mesure est autorisée dès maintenant, mais sans facturation pour l'instant.
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Rendez-vous de prévention : le pharmacien peut les réaliser et facturer 30 €
L'arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel du 2 août (JORFTEXT000054596416), confirme le pharmacien d'officine comme effecteur des rendez-vous de prévention. Le pharmacien peut réaliser un entretien de prévention et le facturer sous le code RDP au tarif de 30 euros en métropole (31,50 euros en outre-mer), sans dépassement d'honoraire. Quatre tranches d'âge sont éligibles : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. L'entretien donne lieu à un plan personnalisé de prévention remis au patient, qui peut être versé au dossier médical partagé et transmis au médecin traitant par messagerie sécurisée. Le pharmacien peut compléter l'entretien par un acte unique : vaccination ou remise d'un kit de dépistage du cancer colorectal. Chaque individu ne peut bénéficier que d'un seul entretien par tranche d'âge. L'arrêté abroge celui du 28 mai 2024 et entre en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant sa publication, soit le 1er octobre 2026. Les autres effecteurs sont les médecins, sages-femmes, infirmiers et masseurs-kinésithérapeutes.
Dépistage de l'HTA en officine : la proposition de loi Neuder adoptée au Sénat, en attente de deuxième lecture à l'Assemblée
Le Sénat a adopté le 9 juin 2026 en première lecture la proposition de loi n° 529 visant à doter la France d'une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires. Le texte, déposé le 23 décembre 2025 par le député et ancien ministre de la Santé Yannick Neuder, avait été adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 8 avril 2026. La procédure accélérée a été engagée le 7 avril 2026. Le Sénat a apporté des modifications au texte, qui est renvoyé en deuxième lecture à l'Assemblée nationale depuis le 10 juin 2026. Parmi les dispositions qui concernent le pharmacien d'officine : la participation au dépistage précoce de l'hypertension artérielle, avec prise en charge par l'assurance maladie de la mesure de la pression artérielle effectuée en officine. Le texte prévoit également des rendez-vous de prévention aux âges clés intégrant l'évaluation du risque cardiovasculaire, la sensibilisation aux facteurs de risque (tabagisme, alcool, sédentarité, alimentation), une attention spécifique au risque cardio-gynécologique et un dépistage pédiatrique dès 6 ans. Les modalités de mise en œuvre seront fixées par décret en Conseil d'État. Le texte n'est pas définitivement adopté à ce stade.
Pharmacien agressé : l'Ordre et les URPS peuvent désormais porter plainte à votre place
Le décret n° 2026-641 du 20 juillet 2026, publié au Journal officiel le 21 juillet, fixe les modalités d'application de l'article 5 de la loi n° 2025-623 du 9 juillet 2025 visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé. Le texte permet aux ordres professionnels (dont l'Ordre national des pharmaciens) et aux unions régionales de professionnels de santé (URPS) de déposer plainte au nom d'un professionnel de santé victime de violences dans le cadre de son exercice. Le dispositif repose sur un mandat écrit : le pharmacien victime donne son consentement par écrit, accompagné des pièces justificatives, et l'instance professionnelle se charge du dépôt de plainte. Le professionnel conserve la possibilité de mettre fin au mandat à tout moment et doit être tenu informé de la procédure. Ce décret répond à un constat : de nombreux professionnels de santé renoncent à porter plainte après une agression, par manque de temps, par méconnaissance des démarches ou par crainte. La FSPF a relayé l'information le 23 juillet en invitant les pharmaciens d'officine à se saisir du dispositif.