Avenant n°2 à la convention pharmaceutique : jusqu'à 20 000 € pour les officines fragilisées
Signé le 8 avril 2026 entre la FSPF, l'USPO et la CNAM, l'avenant n°2 à la convention pharmaceutique élargit significativement le dispositif d'aide aux officines fragiles, portant le nombre de bénéficiaires potentiels de 149 à près de 1 000.
Un filet de sécurité élargi pour les pharmacies de proximité
La signature de l'avenant n°2 à la convention pharmaceutique, intervenue le 8 avril 2026 entre la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) et la Caisse nationale de l'Assurance maladie (CNAM), marque une évolution notable du dispositif de soutien aux officines en difficulté. Sans constituer une refonte du modèle économique des pharmacies, cet avenant apporte une réponse concrète et immédiate à une réalité que le terrain connaît bien : la fragilisation accélérée des officines isolées.
La mesure centrale du texte porte le plafond de l'aide financière annuelle à 20 000 euros pour les officines dites fragiles. Surtout, les critères d'éligibilité ont été significativement assouplis : le nombre de pharmacies pouvant prétendre à ce soutien passe de 149 bénéficiaires en 2025 à près de 1 000 officines en 2026. Un changement d'échelle qui témoigne d'une prise de conscience tardive mais réelle de l'ampleur du phénomène de désertification pharmaceutique.
Qui est concerné ?
Le ciblage du dispositif repose sur un critère central : être la dernière pharmacie présente dans sa commune. Ces officines, souvent situées en zone rurale ou périurbaine, assument de facto un rôle de dernier recours sanitaire pour des populations qui n'ont pas d'alternative de proximité.
Les pharmaciens concernés devront effectuer une démarche auprès de leur caisse primaire d'Assurance maladie pour faire valoir leur éligibilité. Les critères précis — chiffre d'affaires, géolocalisation, statut de dernière officine communale — seront vérifiés sur la base des données disponibles à la CNAM. Il est conseillé d'anticiper cette démarche dès à présent.
Des réactions mesurées côté syndical
Les deux organisations signataires ont salué l'avenant tout en cadrant soigneusement les attentes. Philippe Besset (FSPF) : "maintenant au boulot pour la négociation conventionnelle". Pierre-Olivier Variot (USPO) a insisté sur le fait que cet avenant "n'est pas une finalité ni un blanc-seing" — une mise en garde claire contre toute interprétation qui ferait de ce soutien une solution structurelle suffisante.
La convention pharmaceutique en vigueur expire en avril 2027, et les discussions sur sa refonte s'annoncent complexes, dans un contexte où la question de la rémunération des officines fait l'objet d'un rapport IGAS-IGF aux conclusions attendues avec attention par la profession.
Une étape, pas une solution
L'avenant n°2 doit être lu pour ce qu'il est : un instrument de stabilisation d'urgence, pas un nouveau modèle économique. Il ne règle ni la question de la valorisation des actes pharmaceutiques, ni celle de la rémunération à l'honoraire, ni les enjeux liés à la démographie officinale.
Pour les pharmaciens concernés par la fragilité économique, l'aide représente néanmoins un apport concret qui peut faire la différence entre la survie et la fermeture d'une officine dont dépendent parfois plusieurs milliers d'habitants.
La mobilisation de la profession sur ces enjeux économiques se poursuit : une grève nationale est prévue le 30 mai, rappelant que les attentes du terrain restent largement insatisfaites malgré la signature de cet avenant.
À lire aussi
Rémunération des officines : le ministère de la Santé ouvre le chantier de la refonte
Le ministère de la Santé a convoqué le 22 juin 2026 une réunion associant la FSPF, l'USPO et l'ensemble des administrations concernées (Cnam, DSS) pour poser les bases d'une refonte de la rémunération officinale. Deux chantiers de négociation conventionnelle sont annoncés. Le premier, à court terme, porte sur un avenant technique couvrant la généralisation de l'expérimentation OSyS, la prise en charge de l'hypertension artérielle et du diabète, le sevrage tabagique, les interventions pharmaceutiques et la clause de revoyure conventionnelle. Le second, à moyen terme, vise un avenant structurel dont l'objectif est de découpler la rémunération des officines des volumes de médicaments dispensés, en prolongement du rapport IGAS-IGF sur la chaîne de distribution pharmaceutique publié en mai 2026. Des mesures de transparence sont également annoncées : obligations déclaratives auprès du CEPS et déclaration des liens d'intérêts sur transparence.gouv.fr. L'USPO qualifie cette réunion d'étape déterminante pour l'avenir du maillage officinal.
Économie de l'officine : la FSPF salue un mois d'avril 2026 positif, prolongement du bilan 2025 porté par les nouvelles missions
La FSPF a publié le 10 juin 2026 une communication intitulée « Économie de l'officine : un mois d'avril positif ». Cette mise à jour mensuelle prolonge l'analyse partagée fin mai 2026 par l'Observatoire de l'économie officinale (Assurance maladie) sur le bilan 2025. Selon les éléments relayés par la presse spécialisée et confirmés dans les prises de parole de Guillaume Racle (USPO) et Philippe Besset (FSPF), la croissance de la marge officinale a atteint environ 200 millions d'euros en 2025, dont près de 98 millions imputables aux nouvelles missions (principalement la vaccination). Pour la première fois, les services dépassent la dispensation classique de médicaments comme contributeur principal à la croissance économique de la branche. Le mois d'avril 2026 prolonge cette dynamique selon la FSPF.
Salaires en officine au 1er juin 2026 : la FSPF actualise sa grille (circulaire 2026-27) après revalorisation SMIC et accord paritaire étendu
La FSPF a publié le 1er juin 2026 sa circulaire 2026-27 présentant la grille salariale actualisée en officine, à la suite de la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 (+ 2,41 %) et de l'extension de l'accord paritaire du 19 janvier 2026 portant la valeur du point officinal de 5,215 € à 5,277 € (+ 1,2 %). Cet accord, signé par les fédérations d'employeurs (FSPF, USPO) et les organisations syndicales de salariés (CGT-FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA), a été étendu par l'arrêté du 2 avril 2026 (JORF n°0091 du 17 avril 2026, NOR TRST2609052A) à tous les employeurs et salariés de la branche relevant de la convention collective nationale de la pharmacie d'officine (n° 1996, du 3 décembre 1997). L'accord relatif aux frais d'équipement signé le même jour est également étendu. Texte intégral consultable au Bulletin officiel du ministère du Travail (fascicule n° 2026/8).