Bilan partagé de médication (BPM) en officine : le guide pratique 2026
Le bilan partagé de médication (BPM) est l'acte pharmaceutique le mieux rémunéré en officine (65 €). Destiné aux patients de 65 ans et plus sous au moins 5 traitements chroniques, il repose sur un entretien structuré en plusieurs séquences. Avenant 12 puis avenant 19, revalorisation 2025, nouveauté 2026 avec la consultation de déprescription médicale : guide complet pour le pharmacien.
Le bilan partagé de médication (BPM) est un service pharmaceutique conventionné destiné aux patients de 65 ans et plus prenant au moins 5 traitements chroniques depuis 6 mois ou plus. Il est encadré par l'avenant 12 (2018) à la convention pharmaceutique, élargi par l'avenant 19 qui a supprimé la condition d'ALD. La rémunération a été revalorisée à 65 € par an depuis janvier 2025. Le BPM se déroule en plusieurs séquences : recueil (BMI, 60 €), analyse des traitements (BMA, 20 €), restitution au patient (BMT, 20 €) et suivi (BMS, 20 €, 1 à 2 par an). Depuis janvier 2026, le médecin traitant peut prescrire un BPM pour les patients de plus de 80 ans sous au moins 10 traitements, ouvrant une consultation de déprescription rémunérée côté médecin. Le pharmacien doit disposer d'un espace de confidentialité, conduire l'entretien en face à face (le suivi peut se faire en télésoin), documenter l'analyse et transmettre ses conclusions au médecin. C'est l'acte pharmaceutique le mieux rémunéré et un levier central pour la montée en charge des nouvelles missions.
Le bilan partagé de médication (BPM) est l'acte pharmaceutique le mieux rémunéré en officine : 65 € par patient et par an depuis janvier 2025. Destiné aux patients polymédiqués de 65 ans et plus, il vise à optimiser les traitements, détecter les interactions médicamenteuses, identifier les médicaments potentiellement inappropriés et renforcer l'observance. Malgré ce potentiel, le BPM reste sous-déployé. Guide pratique pour passer à l'acte.
Patients éligibles
Critères actuels (avenant 19)
| Critère | Détail |
|---|---|
| Âge | 65 ans et plus |
| Nombre de traitements | Au moins 5 molécules prescrites |
| Durée de traitement | Prescrit depuis 6 mois ou plus |
| ALD | Non requise (supprimée par l'avenant 19) |
L'avenant 19 a levé la condition d'ALD qui limitait l'éligibilité dans la version initiale (avenant 12). Depuis cette modification, tout patient de 65 ans et plus sous au moins 5 traitements chroniques est éligible, quel que soit son statut ALD.
Nouveauté 2026 : prescription médicale du BPM
Depuis janvier 2026, la convention médicale prévoit que le médecin traitant peut prescrire un BPM pour les patients répondant à des critères renforcés :
| Critère | Détail |
|---|---|
| Âge | Plus de 80 ans |
| Nombre de traitements | Au moins 10 lignes de traitement |
| Objectif | Consultation annuelle de déprescription |
Cette prescription ouvre une consultation de déprescription rémunérée côté médecin, articulée avec le BPM du pharmacien. C'est un signal fort de reconnaissance interprofessionnelle.
Structure du BPM
Le BPM se déroule en séquences successives, réparties sur l'année :
Première année
| Séquence | Code | Rémunération | Contenu |
|---|---|---|---|
| Recueil | BMI | 60 € | Entretien initial : liste exhaustive des traitements (prescrits et automédication), habitudes de prise, effets ressentis, difficultés d'observance |
| Analyse | BMA | 20 € | Analyse pharmaceutique : interactions, redondances, médicaments potentiellement inappropriés (critères STOPP/START, liste de Laroche) |
| Restitution | BMT | 20 € | Entretien de restitution : présentation des conclusions au patient, recommandations, courrier au médecin |
| Suivi | BMS | 20 € | 1 à 2 entretiens de suivi dans l'année |
Total première année : jusqu'à 140 € par patient (BMI + BMA + BMT + 2 × BMS).
Années suivantes
| Séquence | Code | Rémunération |
|---|---|---|
| Renouvellement annuel | BMR | 30 € |
| Suivi complémentaire | BMS | 20 € |
Conduite de l'entretien
Préparation
Avant l'entretien de recueil (BMI) :
- Identifier les patients éligibles dans votre logiciel de gestion d'officine (filtre : ≥ 65 ans, ≥ 5 molécules chroniques) ;
- Proposer le BPM au comptoir ou par téléphone ;
- Fixer un rendez-vous dans l'espace de confidentialité ;
- Préparer le dossier : historique de dispensation, ordonnances en cours, éventuels signalements antérieurs.
Recueil (BMI)
L'entretien initial dure 20 à 30 minutes. Le pharmacien recense :
- Tous les traitements en cours : prescrits, automédication, phytothérapie, compléments alimentaires ;
- Les modalités de prise : horaires, prise avec ou sans aliment, oublis fréquents ;
- Les effets indésirables ressentis par le patient ;
- Les difficultés : ouverture des blisters, manipulation des inhalateurs, compréhension du schéma posologique ;
- Les antécédents pertinents et le contexte clinique global.
Analyse (BMA)
Le pharmacien conduit une analyse pharmaceutique structurée :
- Recherche d'interactions médicamenteuses (logiciel d'aide à la décision, Thériaque, Vidal) ;
- Identification des redondances pharmacologiques (deux molécules de même classe) ;
- Repérage des médicaments potentiellement inappropriés chez le sujet âgé (critères STOPP/START, liste de Laroche) ;
- Vérification de l'adéquation posologique à la fonction rénale (DFG si disponible) ;
- Évaluation du risque iatrogène global.
Restitution (BMT)
Le pharmacien présente ses conclusions au patient :
- Points positifs : traitements bien conduits, bonne observance ;
- Points d'attention : interactions identifiées, ajustements suggérés ;
- Recommandations pratiques : réorganisation du pilulier, aide à la prise, signaux d'alerte ;
- Courrier au médecin traitant : synthèse de l'analyse, propositions d'optimisation.
Le courrier au médecin n'est pas une prescription : le pharmacien propose, le médecin décide.
Suivi (BMS)
Un à deux entretiens de suivi dans l'année permettent de :
- Vérifier la mise en œuvre des recommandations ;
- Réévaluer l'observance ;
- Détecter de nouveaux problèmes liés aux traitements ;
- Ajuster les conseils.
Le suivi peut être réalisé en télésoin après un premier entretien en présentiel.
Facturation
Prérequis
- Le patient doit donner son consentement (signature du formulaire d'adhésion) ;
- Le pharmacien doit être inscrit sur la plateforme Ameli Pro pour la facturation des entretiens ;
- La facturation se fait via le logiciel de gestion d'officine avec les codes actes dédiés.
Codes de facturation
| Code | Acte | Montant |
|---|---|---|
| BMI | Recueil initial | 60 € |
| BMA | Analyse | 20 € |
| BMT | Restitution | 20 € |
| BMS | Suivi (1-2/an) | 20 € |
| BMR | Renouvellement annuel | 30 € |
| TAC | Adhésion initiale | 0,01 € |
La prise en charge est à 100 % par l'assurance maladie, sans reste à charge pour le patient.
Bonus ROSP
La réalisation d'au moins un BPM dans l'année contribue à l'atteinte des indicateurs de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP), avec un bonus pouvant atteindre 400 € par an.
Pourquoi le BPM est sous-déployé
Malgré une rémunération attractive, le BPM reste peu réalisé dans de nombreuses officines. Les freins identifiés :
- Temps : 20 à 30 minutes par entretien, difficile à dégager dans le flux quotidien ;
- Identification des patients : les logiciels ne proposent pas tous un filtre automatique ;
- Formation : l'analyse pharmaceutique structurée nécessite une montée en compétence ;
- Habitude : le pharmacien n'a pas toujours le réflexe de proposer le BPM au comptoir.
La clé est l'organisation : bloquer des créneaux dédiés, former un référent BPM dans l'équipe, automatiser l'identification des patients éligibles.
À retenir
- BPM : acte pharmaceutique le mieux rémunéré — 65 €/an (jusqu'à 140 € la première année).
- Patients éligibles : ≥ 65 ans, ≥ 5 traitements chroniques, ALD non requise.
- Séquences : recueil (BMI) → analyse (BMA) → restitution (BMT) → suivi (BMS).
- Nouveauté 2026 : le médecin peut prescrire un BPM pour les patients ≥ 80 ans sous ≥ 10 traitements.
- Facturation : 100 % assurance maladie, codes dédiés, bonus ROSP.
- Télésoin : possible pour le suivi après un premier entretien en présentiel.
- Levier de développement : organisation interne, créneaux dédiés, référent BPM.
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Jusqu'à 20 000 € pour les officines en zone sous-dense : dépôt avant le 31 juillet
La FSPF rappelle le 28 juillet 2026 que les pharmacies d'officine situées en zone sous-dense (ZIP ou ZAC) peuvent déposer une demande d'aide financière auprès de leur CPAM avant le 31 juillet 2026. Le dispositif, issu de l'avenant n° 2 à la convention nationale pharmaceutique (en vigueur depuis le 22 mai 2026), prévoit une aide maximale de 20 000 euros par officine, sur une enveloppe annuelle nationale de 20 millions d'euros. Pour être éligible, la pharmacie doit remplir cinq conditions cumulatives : être située en zone sous-dense (ZIP ou ZAC), être la seule pharmacie de la commune, être ouverte au public au moins dix mois par an, réaliser un chiffre d'affaires HT inférieur à 1 000 000 euros en métropole (seuils plus élevés en outre-mer), et ne pas avoir de pharmacien titulaire condamné pour fraude dans l'année précédente. Le dossier doit comprendre un formulaire d'identification, un tableau d'indicateurs de suivi, les comptes financiers (janvier N-1 à juin N), un bilan des actions d'amélioration et le récapitulatif des autres aides publiques perçues.
Entretiens opioïdes en officine : prévenir le mésusage au comptoir
L'entretien court opioïdes est un nouvel acte pharmaceutique conventionné, introduit par l'avenant 1 à la convention pharmaceutique (signé en juin 2024) et applicable depuis le 8 janvier 2025. Il s'adresse aux patients sous traitement antalgique opioïde (palier II : codéine, tramadol, opium) à risque de mésusage ou de dépendance. L'entretien est rémunéré 5 € par patient et par an (code EPA). Un seul entretien est autorisé par patient et par période de 12 mois. Le contenu porte sur la prévention du mésusage, l'éducation sur les risques de dépendance, les règles de bon usage (posologie, durée, ne pas associer, ne pas partager), la détection des signaux d'alerte (augmentation spontanée des doses, demande anticipée de renouvellement) et l'orientation vers le médecin traitant si nécessaire. La prise en charge est à 100 % par l'assurance maladie. C'est un entretien court, de l'ordre de 10 minutes, réalisable au comptoir ou dans l'espace de confidentialité.
Rémunération des officines : le ministère de la Santé ouvre le chantier de la refonte
Le ministère de la Santé a convoqué le 22 juin 2026 une réunion associant la FSPF, l'USPO et l'ensemble des administrations concernées (Cnam, DSS) pour poser les bases d'une refonte de la rémunération officinale. Deux chantiers de négociation conventionnelle sont annoncés. Le premier, à court terme, porte sur un avenant technique couvrant la généralisation de l'expérimentation OSyS, la prise en charge de l'hypertension artérielle et du diabète, le sevrage tabagique, les interventions pharmaceutiques et la clause de revoyure conventionnelle. Le second, à moyen terme, vise un avenant structurel dont l'objectif est de découpler la rémunération des officines des volumes de médicaments dispensés, en prolongement du rapport IGAS-IGF sur la chaîne de distribution pharmaceutique publié en mai 2026. Des mesures de transparence sont également annoncées : obligations déclaratives auprès du CEPS et déclaration des liens d'intérêts sur transparence.gouv.fr. L'USPO qualifie cette réunion d'étape déterminante pour l'avenir du maillage officinal.