Bilan partagé de médication (BPM) en officine : le guide pratique 2026
Le bilan partagé de médication (BPM) s'adresse aux patients de plus de 65 ans atteints d'une ou plusieurs pathologies chroniques, avec au moins cinq molécules prescrites pour six mois ou plus. Étapes, formulaires, codes BMI et BMS, rémunération de 65 € la première année et 30 € les suivantes, prise en charge : le guide d'après ameli.
Le bilan partagé de médication (BPM) est l'un des accompagnements pharmaceutiques conventionnels des patients chroniques. Selon ameli, il s'adresse aux patients de plus de 65 ans souffrant d'une ou plusieurs pathologies chroniques et présentant au moins cinq molécules ou principes actifs prescrits pour une durée supérieure ou égale à six mois. Les résidents d'Ehpad, non autonomes dans la prise de leur traitement, n'y sont pas éligibles, mais une adaptation existe pour eux. La première année comprend un entretien de recueil des traitements, une analyse des traitements transmise au médecin traitant et enregistrée dans le DMP, un entretien-conseil et des entretiens de suivi d'observance. Les années suivantes, le contenu dépend d'un éventuel changement de traitement. Le pharmacien utilise les formulaires conventionnels, seul support ouvrant droit à la rémunération, et fait signer un bulletin d'adhésion au patient. Selon la synthèse de facturation d'ameli (8 janvier 2025), la rémunération est échelonnée à chaque étape : code BMI pour la première année, 65 € au total (15, 15, 15 et 20 €), puis code BMS les années suivantes, 30 € (10 et 20 €), plus le code d'adhésion TAC à 0,01 €. Chaque entretien à distance s'accompagne du code TPH. La prestation est facturée en tiers payant, prise en charge à 70 % (100 % pour le code TAC). Une seule pharmacie peut accompagner un patient.
Mise à jour du 28 octobre 2026 : les codes et tarifs de facturation ont été mis à jour d'après l'Assurance maladie.
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Le bilan partagé de médication (BPM) est l'accompagnement pharmaceutique conventionnel des patients âgés polymédiqués. Il vise, en coordination avec le médecin traitant, à évaluer l'observance et la tolérance des traitements, à identifier les interactions et à vérifier le bon usage des médicaments. Mode d'emploi d'après ameli.
Les patients éligibles
| Critère | Selon ameli |
|---|---|
| Âge | Plus de 65 ans |
| Pathologie | Une ou plusieurs pathologies chroniques |
| Traitements | Au moins 5 molécules ou principes actifs prescrits |
| Durée | Prescrits pour une durée supérieure ou égale à 6 mois |
| Ehpad | Résidents non éligibles (non autonomes dans la prise de leur traitement) ; une adaptation du BPM existe pour eux |
Le patient est libre d'accepter ou non l'accompagnement. Une seule pharmacie peut accompagner un patient : celle qui a débuté la séquence annuelle en premier perçoit la rémunération.
Avant de commencer
- Se former au thème d'accompagnement avant de le mettre en place dans l'officine.
- Utiliser uniquement les supports conventionnels (guide et fiches de suivi validés par la HAS) : seul ce support ouvre droit à la rémunération.
- Imprimer et compléter avec le patient le bulletin d'adhésion « bilan de médication », et conserver son exemplaire.
- Demander au patient d'apporter pour le recueil : ses ordonnances ou traitements en cours, ses analyses biologiques, et tous les médicaments qu'il prend, avec ou sans prescription.
Les étapes
La première année
| Étape | Contenu selon ameli |
|---|---|
| Entretien de recueil | Expliquer les objectifs ; recueillir habitudes de vie et état physiologique ; recenser tous les médicaments, prescrits ou non, et ce que le patient en sait. Peut s'appuyer sur le DMP |
| Analyse des traitements | Vérifier posologies et contre-indications, puis les interactions via le logiciel métier. Compléter la fiche de transmission au médecin traitant (si possible par messagerie sécurisée) et l'enregistrer dans le DMP |
| Entretien-conseil | Expliquer l'analyse, remettre le plan de posologie et les conseils, fixer la date du suivi d'observance |
| Suivi d'observance | Faire le bilan des stratégies mises en place, réévaluer l'adhésion et l'observance |
L'analyse peut conduire à préconiser un changement de forme galénique, ou à alerter le médecin traitant : rupture de traitement, mauvaise observance, effets indésirables, interactions. À la fin de chaque entretien, la fiche bilan est complétée et enregistrée dans le DMP.
Les années suivantes
| Situation | Contenu |
|---|---|
| Changement de traitement | Actualisation de l'analyse, entretien de suivi, entretien d'observance |
| Sans changement | Deux entretiens d'observance |
Les séquences de chaque année se déroulent sur 12 mois.
La facturation
Selon la synthèse d'ameli mise à jour le 8 janvier 2025, la rémunération est échelonnée : le pharmacien facture à chaque entretien ou étape le code correspondant.
| Code | Période | Échelonnement | Total annuel |
|---|---|---|---|
| TAC | Adhésion (tous thèmes) | Au démarrage | 0,01 € |
| BMI | Année 1 | 15 € (entretien initial), 15 € (analyse et transmission au médecin), 15 € (2e entretien), 20 € (3e entretien) | 65 € |
| BMS | Années suivantes, avec ou sans changement de traitement | 10 €, puis 20 € | 30 € |
| Point | Règle |
|---|---|
| Entretien à distance | Facturer le code TPH en plus du code de l'entretien |
| Prise en charge | Tiers payant ; 70 % pour le BPM, 100 % pour le code TAC |
| Situation du patient | À prendre en compte : AT/MP, ALD si les traitements sont liés à l'affection, maternité |
À retenir
- Éligibilité : plus de 65 ans, pathologie chronique, au moins 5 molécules prescrites pour 6 mois ou plus ; pas en Ehpad.
- Étapes : recueil, analyse transmise au médecin traitant et enregistrée dans le DMP, entretien-conseil, suivi d'observance.
- Supports conventionnels et bulletin d'adhésion obligatoires.
- Rémunération : 65 € la première année (BMI), 30 € les suivantes (BMS), adhésion TAC 0,01 €.
- Prise en charge à 70 % ; code TPH pour un entretien à distance.
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La Haute Autorité de santé (HAS) a rendu un avis favorable sous réserve sur les supports d'un nouvel accompagnement pharmaceutique destiné aux patients diabétiques de type 2. Saisie par la Caisse nationale de l'assurance maladie (CNAM) par un courriel du 12 août 2026, elle s'est prononcée par l'avis n° 2026.0061/AC/SBP du 8 octobre 2026, mis en ligne le 13 octobre. Les supports, un guide d'accompagnement destiné au pharmacien et une fiche de suivi patient, ont été élaborés par l'Assurance maladie et les syndicats représentatifs des pharmaciens titulaires d'officine. L'accompagnement s'adressera aux adultes atteints d'un diabète de type 2 et traités de manière chronique, depuis plus de six mois ; la signature d'un avenant conventionnel est prévue courant 2026, pour une mise en œuvre en 2027. La HAS demande notamment de clarifier la population éligible, de traiter l'ensemble des sept thématiques prévues au fil de trois entretiens (pathologie et suivi médical, traitement et adhésion, prévention) plutôt que deux au choix, de mieux distinguer ce qui relève des compétences du pharmacien, d'adopter une approche plus partenariale avec le patient, de renforcer le repérage de la détresse psychologique, de séparer le guide en deux documents et d'ajouter l'autosurveillance glycémique, les systèmes de mesure du glucose interstitiel, les bonnes pratiques d'injection et la conservation des traitements injectables. Trois parties prenantes sur cinq ont répondu : l'Ordre des pharmaciens, le Conseil national professionnel de la pharmacie et la Fédération française des diabétiques. L'avis est favorable sous réserve de la prise en compte de l'ensemble de ces propositions.
Jusqu'à 20 000 € pour les officines en zone sous-dense : dépôt avant le 31 juillet
La FSPF rappelle le 28 juillet 2026 que les pharmacies d'officine situées en zone sous-dense (ZIP ou ZAC) peuvent déposer une demande d'aide financière auprès de leur CPAM avant le 31 juillet 2026. Le dispositif, issu de l'avenant n° 2 à la convention nationale pharmaceutique (en vigueur depuis le 22 mai 2026), prévoit une aide maximale de 20 000 euros par officine, sur une enveloppe annuelle nationale de 20 millions d'euros. Pour être éligible, la pharmacie doit remplir cinq conditions cumulatives : être située en zone sous-dense (ZIP ou ZAC), être la seule pharmacie de la commune, être ouverte au public au moins dix mois par an, réaliser un chiffre d'affaires HT inférieur à 1 000 000 euros en métropole (seuils plus élevés en outre-mer), et ne pas avoir de pharmacien titulaire condamné pour fraude dans l'année précédente. Le dossier doit comprendre un formulaire d'identification, un tableau d'indicateurs de suivi, les comptes financiers (janvier N-1 à juin N), un bilan des actions d'amélioration et le récapitulatif des autres aides publiques perçues.
Entretiens opioïdes en officine : prévenir le mésusage au comptoir
L'avenant 1 à la convention nationale des pharmaciens, signé le 10 juin 2024 et approuvé par arrêté du 5 juillet 2024, crée un entretien d'accompagnement des patients sous traitement antalgique opioïde de palier II, pour lutter contre la dépendance. Selon ameli, il s'adresse aux patients de plus de 18 ans traités par tramadol, poudre d'opium, codéine ou dihydrocodéine, à partir de la 2e délivrance et non lors de la première, l'objectif étant de mesurer le degré de dépendance. Le mémo pharmacien validé par la HAS traite aussi de la nalbuphine. Pendant l'entretien, le pharmacien rappelle les risques, notamment en cas de prise prolongée, les règles de bon usage et les associations à surveiller, et fait passer le questionnaire POMI (Prescription Opioid Misuse Index) : un score de 2 ou plus suggère un risque actuel de mésusage. La fiche d'entretien est enregistrée dans le DMP. En cas de suspicion de surdosage, le pharmacien alerte le prescripteur par messagerie sécurisée de santé. Un seul entretien est réalisé par patient sur 12 mois. Il est facturé au comptoir avec la carte Vitale, code EPA, 5 € TTC, seul sur la facture ; la prise en charge par l'Assurance maladie est de 70 %, selon la situation du patient.