Certification périodique des pharmaciens : les référentiels sont publiés, le dispositif est opérationnel
L'arrêté du 26 février 2026 a publié les référentiels de certification périodique pour les pharmaciens. L'obligation, en vigueur depuis janvier 2023, est désormais pleinement opérationnelle. Quatre axes, un cycle de six ans (neuf ans pour la première période), une plateforme nationale Ma Certif'Pro Santé et un contrôle ordinal : le point pratique pour les pharmaciens d'officine.
L'arrêté du 26 février 2026 (JO du 27 février 2026) a publié les référentiels de certification périodique pour les pharmaciens, rendant le dispositif pleinement opérationnel. L'obligation de certification périodique est en vigueur depuis le 1er janvier 2023 pour tous les pharmaciens inscrits à l'Ordre. Le cycle standard est de six ans. Pour les pharmaciens inscrits avant le 1er janvier 2023, la première période est de neuf ans. La certification repose sur quatre axes : actualisation des connaissances et compétences, amélioration de la qualité des pratiques, amélioration de la relation avec les patients, prise en compte de la santé du professionnel. Le pharmacien doit réaliser un programme minimal d'actions sur chaque période et les documenter sur la plateforme nationale Ma Certif'Pro Santé. L'Ordre des pharmaciens dispose d'un délai de six mois après chaque période pour vérifier la conformité. En cas de manquement, une procédure disciplinaire peut être engagée. Le DPC (développement professionnel continu) reste un des leviers principaux pour valider des actions éligibles.
L'arrêté du 26 février 2026, publié au Journal officiel le 27 février 2026, a officialisé les référentiels de certification périodique pour les pharmaciens. Le dispositif, instauré par l'ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021 et en vigueur depuis le 1er janvier 2023, est désormais pleinement opérationnel. Point pratique pour les pharmaciens d'officine.
Une obligation pour tous les pharmaciens inscrits à l'Ordre
La certification périodique concerne tous les pharmaciens inscrits au tableau de l'Ordre national des pharmaciens, quelle que soit leur section d'inscription. Les pharmaciens titulaires d'officine et les pharmaciens adjoints sont donc concernés au même titre que les pharmaciens hospitaliers ou biologistes.
L'obligation a été instaurée par la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 (Ma Santé 2022) et précisée par l'ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021. Le décret n° 2025-1335 a complété le cadre réglementaire, notamment les modalités de contrôle par l'Ordre.
Quatre axes de certification
La certification périodique repose sur quatre axes définis au niveau national pour l'ensemble des professions de santé à ordre :
| Axe | Intitulé |
|---|---|
| Axe 1 | Actualisation des connaissances et des compétences |
| Axe 2 | Amélioration de la qualité des pratiques professionnelles |
| Axe 3 | Amélioration de la relation avec les patients |
| Axe 4 | Prise en compte de la santé du professionnel de santé |
Les référentiels publiés par l'arrêté du 26 février 2026 déclinent ces axes pour chaque profession. Les annexes spécifiques aux pharmaciens ont été publiées au Bulletin officiel Santé — Protection sociale — Solidarités.
Durée du cycle
| Situation | Durée de la période |
|---|---|
| Pharmaciens inscrits avant le 1er janvier 2023 | Première période de 9 ans |
| Pharmaciens inscrits à compter du 1er janvier 2023 | Cycle standard de 6 ans |
Pour les pharmaciens déjà en exercice au 1er janvier 2023, la première période étendue à neuf ans laisse le temps de s'organiser, mais le compte à rebours a déjà commencé : il reste moins de six ans pour compléter le programme minimal d'actions.
Programme minimal d'actions
Le pharmacien doit réaliser un nombre minimal d'actions couvrant les quatre axes sur chaque période de certification. Ces actions doivent inclure différents types :
- Actions de formation : programmes de DPC (développement professionnel continu), formations universitaires, congrès, e-learning validant ;
- Actions d'évaluation des pratiques professionnelles (EPP) : audits cliniques, revues de pertinence, groupes d'analyse de pratiques ;
- Actions relatives à la relation patient : formation à l'écoute active, à l'annonce, à la gestion des situations difficiles ;
- Actions relatives à la santé du professionnel : prévention du burn-out, suivi médical, démarches de bien-être au travail.
Le contenu précis du programme minimal (nombre d'actions par axe, répartition dans le temps) est défini dans les référentiels annexés à l'arrêté. Le pharmacien est invité à consulter le référentiel de sa profession sur le Bulletin officiel ou auprès de son Conseil régional de l'Ordre.
La plateforme Ma Certif'Pro Santé
Le suivi individuel de la certification s'effectue via la plateforme nationale Ma Certif'Pro Santé, développée par l'Agence du numérique en santé (ANS). Chaque pharmacien y dispose d'un compte personnel où il peut :
- Documenter les actions réalisées ;
- Joindre les justificatifs (attestations de DPC, certificats de formation, etc.) ;
- Suivre son avancement sur chaque axe ;
- Consulter le référentiel applicable à sa profession.
Contrôle par l'Ordre
Le décret n° 2025-1335 a renforcé les modalités de contrôle ordinal. L'Ordre des pharmaciens dispose d'un délai de six mois après la fin de chaque période de certification pour vérifier la réalisation du programme minimal d'actions.
En cas de manquement :
- L'Ordre peut proposer un accompagnement par le Conseil national professionnel, à l'initiative du pharmacien ou sur proposition de l'instance ordinale ;
- Si le manquement persiste, une procédure disciplinaire peut être engagée pour insuffisance professionnelle.
Le DPC reste un levier central
Le développement professionnel continu (DPC) demeure l'un des principaux vecteurs pour valider des actions éligibles à la certification périodique, en particulier sur les axes 1 et 2. Les programmes de DPC inscrits auprès de l'ANDPC (Agence nationale du DPC) et suivis par le pharmacien alimentent directement le compte de certification.
Les pharmaciens d'officine disposent déjà d'une offre de DPC diversifiée : programmes en e-learning, formations en présentiel, actions d'EPP intégrées aux logiciels de gestion d'officine, etc.
Conduite à tenir pour le pharmacien d'officine
- Créer son compte sur la plateforme Ma Certif'Pro Santé si ce n'est pas déjà fait ;
- Consulter le référentiel pharmacien publié en annexe de l'arrêté du 26 février 2026 ;
- Planifier ses actions sur la période en cours, en veillant à couvrir les quatre axes ;
- Documenter chaque action réalisée (DPC, EPP, formations) avec les justificatifs sur la plateforme ;
- Vérifier son avancement régulièrement pour éviter un rattrapage de dernière minute.
À retenir
- Arrêté du 26 février 2026 : les référentiels de certification périodique des pharmaciens sont publiés. Le dispositif est opérationnel.
- Obligation en vigueur depuis le 1er janvier 2023 pour tous les pharmaciens inscrits à l'Ordre.
- Quatre axes : connaissances, qualité des pratiques, relation patient, santé du professionnel.
- Cycle de 6 ans (9 ans pour la première période des pharmaciens inscrits avant le 1er janvier 2023).
- Plateforme Ma Certif'Pro Santé : compte individuel pour documenter et suivre ses actions.
- Contrôle ordinal : l'Ordre vérifie la conformité dans les 6 mois suivant chaque période. Procédure disciplinaire possible en cas de manquement.
- DPC : levier principal pour valider des actions éligibles.
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Violences sexistes : le pharmacien a désormais l'obligation d'agir
Le décret n° 2026-156 du 3 mars 2026 modifie le code de déontologie des pharmaciens et inscrit dans l'article R4235-6 du Code de la santé publique une obligation d'agir : lorsque le pharmacien présume qu'une personne est victime de violences, de sévices, de privations ou de mauvais traitements, il doit mettre en œuvre tout moyen pour protéger la victime. Le pharmacien peut signaler au procureur de la République ou à la cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) pour les mineurs, dans les conditions prévues par l'article 226-14 du Code pénal. Le consentement de la victime est requis avant tout signalement, sauf pour les mineurs et les personnes incapables de se protéger. En cas de violences conjugales (article 132-80 du Code pénal), le pharmacien doit s'efforcer d'obtenir le consentement de l'adulte et, à défaut, l'informer du signalement effectué. Les signalements de bonne foi bénéficient d'une immunité disciplinaire. Le 2 juillet 2026, la Miprof (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences) et l'Ordre national des pharmaciens ont signé une convention renforçant la coopération en matière de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Le même jour, les 7 Ordres de santé ont signé une charte d'engagement avec l'État portant sur 8 axes : prévention, traitement des signalements, accompagnement des victimes, formation, réponse disciplinaire.
VRS : Beyfortus et Abrysvo remboursés à 65 % avant la campagne de septembre
Deux avis publiés au Journal officiel du 21 août 2026 relèvent le taux de remboursement des deux produits de prévention du VRS chez le nourrisson. Beyfortus (nirsévimab, Sanofi) passe de 30 % à 65 % au 31 août 2026. Abrysvo (vaccin VRS bivalent recombinant, Pfizer) passe de 30 % à 65 % au 1er septembre 2026. Ce relèvement fait suite à la réévaluation par la HAS du service médical rendu (SMR) de Beyfortus, passé de "modéré" à "important" dans son avis publié le 15 juillet 2026. Le prix de Beyfortus est de 401,80 euros, celui d'Abrysvo de 196,10 euros. Le reste à charge des familles diminue significativement avant le lancement de la campagne VRS 2026-2027, prévue le 14 septembre en métropole et le 31 août en Martinique. Le pharmacien d'officine dispense Beyfortus mais ne peut pas l'administrer (nourrissons de moins de 11 ans). Abrysvo est un vaccin maternel administré à la femme enceinte entre 32 et 36 semaines d'aménorrhée. Enflonsia (clesrovimab, MSD), le deuxième anticorps anti-VRS disponible cette saison, dispose d'un circuit de remboursement distinct.
Grippe : la HAS recommande la vaccination obligatoire des soignants
La Haute Autorité de santé (HAS) a publié le 20 juillet 2026 un avis recommandant l'obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour l'ensemble des professionnels de santé (salariés et libéraux), les professionnels des établissements de santé et médico-sociaux en contact avec des personnes à risque, ainsi que les étudiants des filières médicales et paramédicales. Le taux de couverture vaccinale des professionnels en établissement de santé est de 20 % (saison 2024-2025), celui des professionnels en Ehpad de 21 %. L'objectif est d'atteindre 90 % et plus, comme observé dans les pays ayant instauré l'obligation (Finlande, États-Unis). Le déploiement serait prioritaire en Ehpad et USLD, puis progressif sur 2 ans renouvelables 1 an dans les autres établissements. La HAS justifie sa recommandation par le fardeau sanitaire de la grippe (92 000 hospitalisations et environ 17 000 décès lors de la saison 2024-2025, 9 décès sur 10 chez les 65 ans et plus) et par l'efficacité réduite du vaccin chez les personnes âgées (immunosénescence). Pour les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité, la HAS ne recommande pas l'obligation, le taux de couverture étant déjà de 82,7 %. Cet avis est une recommandation : l'obligation doit encore être inscrite dans la loi par le gouvernement.