Inhibiteurs de JAK : Xeljanz, Olumiant, Rinvoq, Jyseleca et Cibinqo prescrits et renouvelés en ville
Depuis le 22 octobre 2026, cinq inhibiteurs de Janus kinase indiqués dans des maladies inflammatoires chroniques peuvent être prescrits initialement et renouvelés en ville par les médecins spécialistes concernés. Jusqu'ici, la prescription initiale et le suivi annuel passaient obligatoirement par l'hôpital. Ce que change la décision de l'ANSM, et le rappel des risques.
L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) modifie les conditions de prescription de cinq inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) indiqués dans le traitement de maladies inflammatoires chroniques : Xeljanz (tofacitinib), Olumiant (baricitinib), Rinvoq (upadacitinib), Jyseleca (filgotinib) et Cibinqo (abrocitinib). Jusqu'à présent, la prescription initiale et le suivi annuel devaient obligatoirement être faits à l'hôpital par des rhumatologues, dermatologues, hépato-gastro-entérologues, spécialistes en médecine interne, allergologues ou pédiatres. À compter du 22 octobre 2026, ces mêmes médecins, qu'ils exercent en ville ou à l'hôpital, peuvent initier et renouveler le traitement. La réévaluation a été menée avec les conseils nationaux professionnels et les associations de patients ; elle supprime le caractère obligatoire de la consultation hospitalière. Les risques restent les mêmes : troubles cardiovasculaires majeurs, infections graves, perforation intestinale et cancers. Depuis la réévaluation européenne de 2023, ces médicaments ne doivent être utilisés chez les patients de 65 ans et plus, chez les patients ayant des antécédents de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse ou d'autres facteurs de risque cardiovasculaire, ou de tumeur maligne, que s'il n'existe pas d'alternative thérapeutique appropriée. Des mesures additionnelles de réduction des risques accompagnent chaque médicament : une brochure pour les professionnels de santé et une carte patient.
Les inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) indiqués dans les maladies inflammatoires chroniques sortent de l'obligation hospitalière. Depuis le 22 octobre 2026, les médecins spécialistes concernés peuvent les prescrire et les renouveler en ville, selon l'ANSM. Ce qui change, et ce qui reste.
Les cinq médicaments concernés
| Spécialité | DCI |
|---|---|
| Xeljanz | Tofacitinib |
| Olumiant | Baricitinib |
| Rinvoq | Upadacitinib |
| Jyseleca | Filgotinib |
| Cibinqo | Abrocitinib |
Ils sont utilisés dans certaines formes de polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, spondylarthrite ankylosante, arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire, rectocolite hémorragique, maladie de Crohn, dermatite atopique, pelade et artérite à cellules géantes.
Ce qui change
| Avant | Depuis le 22 octobre 2026 | |
|---|---|---|
| Prescription initiale | Obligatoirement à l'hôpital | En ville ou à l'hôpital |
| Suivi annuel et renouvellement | Obligatoirement à l'hôpital | En ville ou à l'hôpital |
| Prescripteurs | Rhumatologues, dermatologues, hépato-gastro-entérologues, spécialistes en médecine interne, allergologues, pédiatres | Les mêmes spécialistes |
Les spécialités de prescripteurs ne changent pas : c'est le lieu d'exercice qui n'est plus imposé.
Pourquoi cette décision
Selon l'ANSM, la réévaluation a été conduite avec les conseils nationaux professionnels et les associations de patients. Elle vise à faciliter le parcours de soins en supprimant le caractère obligatoire de la consultation hospitalière. L'Agence dit tenir compte de l'expérience acquise sur le profil de sécurité de ces médicaments, et de l'existence de mesures de surveillance renforcée et de réduction des risques.
Les risques ne changent pas
Les JAKi peuvent entraîner des effets indésirables graves :
- troubles cardiovasculaires majeurs ;
- infections graves ;
- perforation intestinale ;
- cancers.
Ils font l'objet, depuis les premières autorisations de mise sur le marché en 2017, d'une double surveillance, nationale et européenne.
Les restrictions de 2023, toujours en vigueur
Depuis une réévaluation européenne en 2023, un encadré figure dans la rubrique « Mises en garde » des RCP et des notices. Ces médicaments ne doivent être utilisés que s'il n'existe pas d'alternative thérapeutique appropriée chez :
| Patients | Détail |
|---|---|
| Âge | 65 ans et plus |
| Cardiovasculaire | Antécédents de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse, ou autres facteurs de risque cardiovasculaire (par exemple fumeurs ou anciens fumeurs de longue durée) |
| Cancer | Autres facteurs de risque cardiovasculaire ou de tumeur maligne (par exemple tumeur maligne actuelle ou antécédents) |
Les mesures additionnelles de réduction des risques
Pour chacun des cinq médicaments :
- une brochure destinée aux professionnels de santé, pour la prescription et le suivi ;
- une carte patient, qui informe le patient sur la sécurité de son traitement et les professionnels de santé en cas de prise en charge en urgence.
Au comptoir
- Ordonnance de ville : depuis le 22 octobre, une prescription initiale ou un renouvellement de JAKi établi en ville par l'un des spécialistes concernés est conforme.
- Prescripteur : les spécialités autorisées restent les mêmes qu'avant.
- Carte patient : elle fait partie des mesures de réduction des risques de chaque JAKi.
À retenir
- 5 JAKi : Xeljanz, Olumiant, Rinvoq, Jyseleca, Cibinqo.
- Depuis le 22 octobre 2026 : prescription initiale et renouvellement possibles en ville.
- Mêmes spécialistes prescripteurs qu'avant ; c'est l'obligation hospitalière qui disparaît.
- Risques inchangés : cardiovasculaire, infections graves, perforation intestinale, cancers.
- Restrictions de 2023 maintenues chez les 65 ans et plus et les patients à risque cardiovasculaire ou de cancer.
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