Médicaments essentiels : la liste passe à 652 molécules, vaccins Covid et VRS inclus
La Direction générale de la santé (DGS) a mis à jour la liste des médicaments essentiels en juin 2026. Elle passe de 621 à 652 molécules, soit 6 144 spécialités pharmaceutiques. Vaccins Covid-19, variole du singe, dengue et VRS font leur entrée. Ce que ça change pour l'approvisionnement en officine.
La Direction générale de la santé (DGS) a publié le 10 juillet 2026 une mise à jour de la liste des médicaments essentiels, dans le cadre de la feuille de route ministérielle de lutte contre les pénuries. La liste passe de 621 molécules (juin 2024) à 652 molécules, correspondant à 6 144 spécialités pharmaceutiques. Environ 50 molécules ont été ajoutées et 19 retirées. Parmi les ajouts : les vaccins liés à des plans de santé publique (Covid-19, variole du singe, dengue, VRS), des inhibiteurs de protéine kinase (gefitinib, osimertinib, alectinib, brigatinib, sorafénib, régorafénib, cabozantinib), et un renforcement massif de la classe voies digestives/métabolisme (de 4 à 17 molécules, dont lévocarnitine, bétaïne, imiglucérase, sebelipase alfa). Parmi les retraits : granisétron, olsalazine, acénocoumarol, fondaparinux, tinzaparine, obinutuzumab, isatuximab, golimumab. Pour le pharmacien, l'inscription sur cette liste renforce les obligations de suivi des tensions d'approvisionnement par les industriels et les grossistes-répartiteurs sur les spécialités concernées.
La Direction générale de la santé (DGS) a publié le 10 juillet 2026 une mise à jour de la liste des médicaments essentiels. Elle passe de 621 à 652 molécules, soit 6 144 spécialités pharmaceutiques. En trois ans, la liste est passée de 450 à 652 molécules.
Les chiffres
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Molécules (juin 2024) | 621 |
| Molécules (juin 2026) | 652 |
| Spécialités concernées | 6 144 |
| Molécules ajoutées | ~50 |
| Molécules retirées | 19 |
| Progression depuis 2023 | +202 molécules (+45 %) |
Ce qui entre dans la liste
Vaccins de plans de santé publique
| Vaccin | Pathologie |
|---|---|
| Covid-19 | Coronavirus SARS-CoV-2 |
| Variole du singe | Mpox |
| Dengue | Dengue |
| VRS | Virus respiratoire syncytial |
L'inscription de ces vaccins dans la liste des médicaments essentiels renforce les obligations de suivi de leur approvisionnement.
Voies digestives et métabolisme
La classe passe de 4 à 17 molécules, soit le renforcement le plus marqué :
| Molécule | Indication |
|---|---|
| Lévocarnitine | Déficit en carnitine |
| Bétaïne (poudre orale) | Homocystinurie |
| Imiglucérase | Maladie de Gaucher |
| Sebelipase alfa | Déficit en lipase acide lysosomale |
Inhibiteurs de protéine kinase
7 molécules ajoutées, principalement en oncologie :
| Molécule | Indication principale |
|---|---|
| Gefitinib | Cancer bronchique (EGFR+) |
| Osimertinib | Cancer bronchique (EGFR+, T790M) |
| Alectinib | Cancer bronchique (ALK+) |
| Brigatinib | Cancer bronchique (ALK+) |
| Sorafénib | Carcinome hépatocellulaire, rénal |
| Régorafénib | Cancer colorectal, GIST |
| Cabozantinib | Cancer rénal, hépatocellulaire |
Autres ajouts
| Molécule | Classe / Indication |
|---|---|
| Aprépitant | Antiémétique (chimiothérapie) |
| Hémine | Porphyrie aiguë (hospitalier) |
| Milrinone | Insuffisance cardiaque aiguë (hospitalier) |
| Pénicillamine | Maladie de Wilson |
| Pasiréotide | Maladie de Cushing |
Ce qui sort de la liste
19 molécules retirées :
| Molécule | Raison probable |
|---|---|
| Granisétron | Alternatives disponibles (ondansétron) |
| Olsalazine | Alternatives disponibles (mésalazine) |
| Acénocoumarol | Usage résiduel (warfarine préférée) |
| Fondaparinux | Alternatives disponibles |
| Tinzaparine | Alternatives disponibles |
| Obinutuzumab | Réévaluation du statut essentiel |
| Isatuximab | Réévaluation du statut essentiel |
| Ixazomib | Réévaluation du statut essentiel |
| Pefgilgrastim | Alternatives disponibles |
| Lipegfilgrastim | Alternatives disponibles |
| Plerixafor | Réévaluation du statut essentiel |
| Golimumab | Réévaluation du statut essentiel |
Ce que ça change pour l'officine
Les obligations renforcées
L'inscription d'un médicament sur la liste des médicaments essentiels entraîne des obligations spécifiques pour les acteurs de la chaîne :
| Acteur | Obligation |
|---|---|
| Industriels | Plans de gestion des pénuries (PGP) obligatoires, stocks de sécurité renforcés |
| Grossistes-répartiteurs | Suivi renforcé des tensions d'approvisionnement |
| ANSM | Surveillance prioritaire des signalements de rupture |
En pratique au comptoir
- Plus de molécules surveillées : les tensions sur les 652 molécules sont suivies en priorité par l'ANSM ;
- Signalement facilité : le pharmacien peut signaler une rupture sur le portail ANSM, la liste essentielle renforce la priorité de traitement ;
- Approvisionnement : les grossistes ont des obligations renforcées de stock sur ces spécialités.
Contexte : la feuille de route pénuries
Cette liste s'inscrit dans la feuille de route ministérielle de lutte contre les pénuries de médicaments, lancée en 2019. La DGS l'actualise régulièrement en s'appuyant sur une méthodologie consolidée fondée sur l'expertise des agences sanitaires.
| Année | Nombre de molécules |
|---|---|
| 2023 | 450 |
| 2024 | 621 |
| 2026 | 652 |
À retenir
- 652 molécules (6 144 spécialités) sur la liste des médicaments essentiels (DGS, juin 2026).
- ~50 ajoutées, dont vaccins Covid, variole du singe, dengue et VRS.
- Voies digestives/métabolisme : de 4 à 17 molécules (renforcement majeur).
- 7 inhibiteurs de kinase ajoutés (oncologie).
- 19 molécules retirées (alternatives disponibles ou réévaluation).
- Obligations renforcées : PGP industriels, stocks grossistes, surveillance ANSM prioritaire.
- Au comptoir : signaler les ruptures sur les spécialités essentielles via le portail ANSM.
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L'ANSM inflige 1,9 million d'euros d'amende à deux grossistes-répartiteurs
L'ANSM a publié le 16 juillet 2026 deux décisions de sanction financière à l'encontre de grossistes-répartiteurs pour manquement à leurs obligations de service public (articles L. 5124-17-2 et R. 5124-59 du code de la santé publique). Aredis SAS, basée à Jonage (Rhône), est sanctionnée à hauteur de 905 134,64 euros pour avoir privilégié l'exportation au détriment de l'approvisionnement des officines françaises, avec notamment un lot d'Oestrodose Gel destiné à l'export alors que le stock domestique était à zéro. Plusieurs commandes de pharmacies n'ont pas été honorées en novembre 2023. Medi-Live, basée à Villebon-sur-Yvette (Essonne), est sanctionnée à hauteur de 1 000 000 euros (plafond légal) pour absence de moyens logistiques et humains permettant de livrer les commandes sous 24 heures, et pour détention d'un stock de stupéfiants quasi intégralement périmé. Au total, 1,9 million d'euros d'amendes. Ces décisions rappellent que les grossistes-répartiteurs ont une obligation légale d'approvisionner les officines de leur territoire.
Prescription infirmière : la liste complète des produits et examens autorisés
L'arrêté du 26 juin 2026 (NOR : SFHH2617311A), publié au Journal officiel du 27 juin, fixe la liste des produits de santé et examens complémentaires que les infirmiers diplômés d'État sont autorisés à prescrire ou renouveler. Pris en application de la loi infirmière de juin 2025, il couvre six domaines : vaccination (calendrier vaccinal pour les 11 ans et plus), prévention et traitement des plaies (pansements, bas de contention, antiseptiques), santé sexuelle et reproductive (renouvellement contraceptifs oraux 6 mois max, contraception d'urgence, dépistage IST), sevrage tabagique (substituts nicotiniques), produits de santé courants (antalgiques palier I, sérum physiologique, dispositifs médicaux) et examens biologiques (NFS, ionogramme, ECBU, glycémie, HbA1c, INR, créatininémie). Le pharmacien va recevoir ces ordonnances au comptoir. Les renouvellements de contraceptifs doivent porter la mention "Renouvellement infirmier" et sont limités à 6 mois. La traçabilité au dossier patient et au DMP est obligatoire.
Tiers payant contre génériques : extension aux hybrides et biosimilaires dès le 1er septembre
À compter du 1er septembre 2026, le dispositif « tiers payant contre génériques » s'étend aux médicaments hybrides et biosimilaires substituables. Le mécanisme est identique à celui en vigueur pour les génériques : si le pharmacien propose la substitution et que le patient la refuse, celui-ci perd le bénéfice du tiers payant et doit avancer les frais. Le remboursement se fait alors sur la base du prix du médicament biosimilaire ou hybride le plus élevé du groupe de substitution concerné. Le tiers payant est maintenu si le prescripteur a porté une mention « non substituable » (NS) justifiée et conforme, ou si le médicament d'origine a un prix inférieur ou égal au biosimilaire ou hybride. Le pharmacien doit informer le patient des conséquences du refus avant la délivrance, vérifier la présence et la conformité de la mention NS le cas échéant, et reporter cette mention dans son logiciel de facturation. Cette extension concerne notamment les biosimilaires récemment ajoutés à la liste ANSM (insuline glargine, dénosumab) et les hybrides inscrits au répertoire.