« Dénigrement » : l'USPO riposte et dépose trois plaintes devant les Ordres contre Convergence Infirmière et l'UFML-S
Après le communiqué conjoint de Convergence Infirmière et de l'UFML-S attaquant les missions des pharmaciens, l'USPO contre-attaque : son président Pierre-Olivier Variot a saisi les juridictions ordinales contre les auteurs, pour dénigrement et calomnie. Un précédent de janvier alourdit le dossier. Le point, sourcé au communiqué USPO.
Le bras de fer entre professions de santé passe un cran. Après le communiqué conjoint publié par Convergence Infirmière le 25 septembre et l'UFML-S le 26 septembre, qui attaquait frontalement l'élargissement des missions du pharmacien, l'USPO a riposté le 28 septembre. Son président, Pierre-Olivier Variot, annonce avoir saisi les juridictions ordinales compétentes contre les auteurs de ce communiqué. Le syndicat estime que contester une politique de santé est légitime, mais que dénigrer et calomnier une autre profession ne l'est pas. Il vise en particulier les accusations de « collusion » et de « petits arrangements entre amis », ainsi que l'idée que des actes seraient réalisés de manière illégitime en pharmacie, propos qui portent selon lui atteinte à l'honneur des pharmaciens et des préparateurs. L'USPO rappelle un précédent : une première procédure engagée contre Convergence Infirmière en janvier s'était conclue par une conciliation, assortie d'un engagement à ne plus dénigrer les pharmaciens, engagement aujourd'hui rompu selon le syndicat. Les sanctions ordinales encourues peuvent aller de l'avertissement à l'interdiction d'exercice.
Le bras de fer entre professions de santé passe un cran. Trois jours après le communiqué conjoint de Convergence Infirmière (25 septembre) et de l'UFML-S (26 septembre) attaquant l'élargissement des missions du pharmacien, l'USPO riposte : son président Pierre-Olivier Variot annonce avoir saisi les juridictions ordinales compétentes contre les auteurs de ce texte, pour dénigrement et calomnie.
La riposte de l'USPO
Le syndicat pose d'emblée la limite : « Contester une politique de santé est légitime. Débattre de l'organisation des soins est nécessaire. Dénigrer et calomnier une autre profession de santé n'est aucunement acceptable. »
Ce qu'il vise précisément dans le communiqué adverse :
- l'accusation d'une supposée « collusion » entre les pharmaciens et les pouvoirs publics ;
- la formule « petits arrangements entre amis » ;
- l'idée que des actes de santé seraient réalisés de manière illégitime en pharmacie.
Pour l'USPO, ces propos portent atteinte à l'honneur des pharmaciens d'officine et de leurs équipes, notamment des préparateurs en pharmacie, dont la formation est désormais universitarisée jusqu'au niveau licence.
Un précédent qui alourdit le dossier
L'USPO ne part pas de zéro. Le syndicat rappelle qu'une première procédure avait déjà été engagée contre Convergence Infirmière en janvier, à la suite de propos visant les pharmaciens. Elle s'était conclue par une conciliation, au cours de laquelle l'organisation s'était engagée à ne plus dénigrer la profession de pharmacien.
Cet engagement « semble aujourd'hui avoir été oublié », estime l'USPO, qui annonce que l'ensemble des éléments de cette précédente procédure sera transmis aux juridictions ordinales. Le syndicat souligne que les sanctions disciplinaires encourues ne sont pas symboliques : selon la gravité des faits, elles peuvent aller de l'avertissement et du blâme jusqu'à des mesures d'interdiction d'exercice.
L'USPO rappelle par ailleurs que le Code de déontologie infirmier interdit de calomnier un autre professionnel de santé, et que la déontologie médicale impose le respect des autres professions.
Ce que répond l'USPO sur les missions
Sur le fond, le syndicat défend la légitimité des nouvelles missions officinales :
- les pharmaciens ne prétendent pas être médecins, ni infirmiers, et les préparateurs ne prétendent pas exercer une autre profession ;
- les nouvelles missions ne résultent selon lui ni de « collusions », ni de « petits arrangements », mais de choix législatifs, réglementaires et de santé publique destinés à améliorer l'accès aux soins.
« On peut défendre sa profession sans salir celle des autres », résume le communiqué, qui appelle à une coopération respectueuse, mais « réciproque ».
Ce que ça change
- Il s'agit d'une procédure ordinale : ce sont désormais les Ordres (infirmiers, médecins) qui apprécieront les faits et décideront d'éventuelles sanctions.
- Sur le plan réglementaire, rien ne change pour les missions du pharmacien, qui restent fixées par la loi et les textes.
- Mais l'épisode durcit nettement le conflit interprofessionnel autour du partage des rôles en ville, sur fond de négociations conventionnelles.
À retenir
- Après l'attaque de Convergence Infirmière et de l'UFML-S (25-26 septembre), l'USPO a saisi les juridictions ordinales contre les auteurs, pour dénigrement.
- Sont visés les termes de « collusion » et de « petits arrangements entre amis », jugés calomnieux.
- Un précédent de janvier (conciliation et engagement à ne plus dénigrer) sera versé au dossier.
- Sanctions possibles : de l'avertissement à l'interdiction d'exercice.
- Aucun changement réglementaire sur les missions, mais une escalade du conflit interpro.
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L'élargissement des missions du pharmacien continue de crisper les relations entre professions de santé. Dans un communiqué commun publié le 25 septembre 2026, le syndicat Convergence Infirmière, présidé par Ghislaine Sicre, et l'Union française pour une médecine libre (UFMLS), présidée par Jérôme Marty, attaquent frontalement l'attribution de nouvelles compétences aux pharmaciens. Les deux organisations contestent la légitimité clinique des pharmaciens, qu'elles jugent non formés à l'examen du patient et étrangers au soin à domicile, pointent un possible conflit d'intérêts lorsque le pharmacien conseille et vend le même produit, et évoquent une « collusion » avec les pouvoirs publics. Leur revendication centrale : aucune compétence médicale ou infirmière ne devrait être confiée aux pharmaciens sans que les représentants élus des médecins et des infirmiers ne participent aux discussions, un principe qu'elles veulent inscrire dans la loi. Cette offensive intervient dans un contexte de négociations conventionnelles et d'élargissement des missions officinales, où chaque profession défend sa place dans les soins de proximité. Sur le plan réglementaire, rien ne change dans l'immédiat : il s'agit d'une prise de position syndicale, mais elle illustre une tension à suivre de près.
Infirmiers et vaccination : derrière le buzz, ce qui a vraiment changé
Depuis plusieurs jours, une même inquiétude circule dans les groupes de pharmaciens sur les réseaux sociaux : les infirmiers seraient sur le point d'empiéter sur la vaccination en officine. En reprenant les textes, le constat est plus nuancé. Sur la vaccination, il n'y a pas de nouveauté : les infirmiers prescrivent et administrent des vaccins depuis 2022-2023, et sur les âges concernés ils restent au même niveau que les pharmaciens d'officine (vaccins du calendrier vaccinal à partir de 11 ans, grippe à partir de 11 ans, covid-19 à partir de 5 ans). Le vrai changement est passé plus discrètement : un arrêté du 26 juin 2026, pris dans le cadre de la réforme de l'autonomie infirmière (loi du 27 juin 2025, décret du 24 décembre 2025), élargit nettement le périmètre de prescription autonome des infirmiers. Il couvre notamment les substituts nicotiniques, les antalgiques de palier 1, le renouvellement d'une contraception orale, la contraception d'urgence, les préservatifs, les tests de dépistage des infections sexuellement transmissibles, des pansements et des dispositifs médicaux. Plusieurs de ces compétences recoupent des missions déjà exercées à l'officine, ce qui explique mieux les tensions que la seule question vaccinale.
Cartes CPS, CPE et Vitale : un certificat défaillant a perturbé le tiers payant en officine
Jeudi 24 septembre 2026, aux alentours de 10 heures, plusieurs officines ont rencontré des difficultés pour utiliser les cartes CPS, CPE et Vitale, au point d'empêcher la réalisation du tiers payant dans les conditions habituelles. L'alerte a été lancée par l'USPO à la mi-journée. Selon le syndicat, l'incident est lié à une mise à jour de certificats concernant les connecteurs de lecteurs de cartes, intervenue au niveau de l'Agence du Numérique en Santé (ANS), sans que l'ensemble des éditeurs de logiciels ait pu en anticiper les conséquences. À ce stade, l'USPO indiquait que les environnements Winpharma et Pharmaland semblaient notamment concernés, d'autres pouvant l'être également. En fin d'après-midi, l'USPO a fait état d'une résolution partielle et confirmé la nature du problème : une mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes. Pour les officines encore touchées, la consigne est de contacter immédiatement leur LGO afin d'identifier les manipulations à réaliser. Le syndicat met par ailleurs en garde les éditeurs de logiciels : le problème pourrait survenir chez d'autres, et il les invite à se rapprocher de l'ANS avant toute mise à jour de leur certificat.