Canicule de juin 2026 : 5 764 morts en excès, pire que 2003
Santé publique France publie le 22 juillet le bilan de la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026 : 5 764 décès en excès (+36 %), dépassant la canicule d'août 2003. 92 départements touchés, surmortalité dès 45 ans, Île-de-France +81 %. Ce que ces chiffres changent pour le pharmacien.
Santé publique France a publié le 22 juillet 2026 le bilan de la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026. L'épisode a provoqué 5 764 décès en excès toutes causes confondues, soit une surmortalité de +36 %. L'agence qualifie cet épisode d'« exceptionnellement sévère, dont l'intensité dépasse celle d'août 2003 ». 92 départements ont été touchés (98,5 % de la métropole), avec des records de température : 43,8°C à Saintes, 42,7°C à Niort, et les 24-25 juin identifiés comme les jours les plus chauds jamais enregistrés en France. Les personnes de 75 ans et plus représentent deux tiers des décès en excès (3 719 morts, +33,3 %), mais la surmortalité augmente dès 45 ans. L'Île-de-France est la région la plus touchée avec environ 2 000 décès en excès (+81,2 %), devant le Grand-Est, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire. Santé publique France précise qu'il s'agit d'estimations préliminaires, publiées trois semaines après l'événement, qui seront confirmées par des analyses plus fines à l'automne. Les données proviennent des registres d'état civil couvrant 84 % de la mortalité nationale.
La canicule du 17 juin au 2 juillet 2026 a provoqué 5 764 décès en excès en France, soit une surmortalité de +36 %. Santé publique France, qui publie ce bilan le 22 juillet, qualifie l'épisode d'« exceptionnellement sévère, dont l'intensité dépasse celle d'août 2003 ».
Les chiffres
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Période | 17 juin – 2 juillet 2026 (16 jours) |
| Décès en excès | 5 764 |
| Surmortalité | +36 % |
| Départements touchés | 92 (98,5 % de la métropole) |
| Record de température | 43,8°C (Saintes), 42,7°C (Niort) |
| Jours les plus chauds jamais enregistrés | 24-25 juin 2026 |
Comparaison avec les canicules précédentes
| Épisode | Décès en excès | Surmortalité |
|---|---|---|
| Août 2003 | ~15 000 (sur 20 jours) | +55 % |
| Juin-juillet 2019 | ~1 500 | +9 % |
| Été 2022 | ~2 800 | Variable |
| Juin 2026 | 5 764 (sur 16 jours) | +36 % |
Santé publique France qualifie l'intensité de juin 2026 comme supérieure à celle d'août 2003. Rapporté au nombre de jours, la mortalité quotidienne en excès est plus élevée qu'en 2003.
Qui est touché
Par âge
| Tranche d'âge | Décès en excès | Surmortalité |
|---|---|---|
| 75 ans et plus | 3 719 | +33,3 % |
| 45-74 ans | Significatif | Surmortalité marquée dès 45 ans |
| 15-44 ans | Présent | Surmortalité observée |
| Moins de 15 ans | — | Non détaillé |
Les 75 ans et plus représentent deux tiers des décès en excès.
Par région
| Région | Surmortalité | Décès en excès |
|---|---|---|
| Île-de-France | +81,2 % | ~2 000 |
| Grand-Est | Élevée | Non détaillé |
| Pays de la Loire | Élevée | Non détaillé |
| Centre-Val de Loire | Élevée | Non détaillé |
| Régions du sud | Moins intense | Exposition moindre |
L'Île-de-France concentre un tiers des décès en excès, avec une surmortalité presque doublée par rapport à la moyenne nationale.
Pourquoi l'Île-de-France paie le prix fort
L'effet d'îlot de chaleur urbain amplifie les températures en zone dense. Les nuits restent chaudes, empêchant la récupération physiologique. La concentration de personnes âgées isolées en appartement, sans climatisation, aggrave le bilan.
Ce que ça change pour le pharmacien
Les médicaments à surveiller en période de canicule
| Classe | Risque | Action au comptoir |
|---|---|---|
| Diurétiques | Aggravent la déshydratation | Rappeler l'importance de l'hydratation, surveiller la kaliémie |
| Antihypertenseurs (IEC, ARA II) | Hypotension aggravée par la déshydratation | Vérifier les signes de malaise, orienter vers le médecin si besoin |
| Anticholinergiques | Perturbent la thermorégulation (réduction de la sudation) | Alerter le patient sur le risque de coup de chaleur |
| Neuroleptiques | Perturbent la thermorégulation centrale | Vigilance renforcée chez les patients psychiatriques |
| Antiépileptiques | Risque de sous-dosage par déshydratation | Surveiller les signes de déséquilibre |
| Insuline | Dégradation à la chaleur | Rappeler la conservation au frais, transport avec pochette isotherme |
| Patchs transdermiques | Absorption accrue par vasodilatation cutanée | Informer le patient, surveiller les effets indésirables |
Les réflexes au comptoir
- Identifier les patients à risque : personnes âgées sous polymédication, patients isolés, nourrissons
- Rappeler les consignes d'hydratation : boire régulièrement sans attendre la soif, éviter l'alcool et la caféine
- Vérifier le stockage des médicaments : les médicaments conservés au domicile peuvent avoir été exposés à des températures supérieures à 25°C
- Signaler : tout effet indésirable inhabituel possiblement lié à la chaleur via le portail de pharmacovigilance
Un rôle de sentinelle
Le pharmacien a déjà prouvé son rôle pendant cette canicule : les TROD cystite ont bondi de +21 % en officine pendant la semaine du 22 au 28 juin (+40 % en Île-de-France), conséquence directe de la déshydratation.
Limites des données
Santé publique France précise que ces chiffres sont des estimations préliminaires :
| Élément | Détail |
|---|---|
| Couverture | 84 % de la mortalité nationale (registres d'état civil) |
| Délai | Publiées 3 semaines après l'événement |
| Confirmation | Analyses plus fines prévues à l'automne 2026 |
À retenir
- 5 764 décès en excès pendant la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026 (Santé publique France, 22/07).
- +36 % de surmortalité, intensité qualifiée de supérieure à août 2003.
- 92 départements touchés, records à 43,8°C.
- 75 ans et plus : deux tiers des décès en excès (+33,3 %).
- Île-de-France : +81,2 %, environ 2 000 morts en excès.
- Au comptoir : identifier les patients à risque, vérifier les traitements (diurétiques, anticholinergiques, insuline), rappeler l'hydratation.
- Données préliminaires : bilan affiné attendu à l'automne.
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