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Canicule été 2026 : 7 007 morts en excès, les médicaments à surveiller au comptoir

Santé publique France publie le bilan de la deuxième vague de canicule (3-22 juillet 2026) : 1 243 morts en excès. Au total, l'été 2026 cumule 7 007 décès en excès sur deux vagues. Juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais enregistré en France. Les médicaments à risque en canicule et la conduite à tenir au comptoir.

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La Rédaction· Équipe éditoriale
Rédaction
En bref

Santé publique France a publié le bilan de la deuxième vague de canicule de l'été 2026, du 3 au 22 juillet : 1 243 décès en excès toutes causes confondues (+9,2 %) dans 78 départements. Juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des relevés en 1900. Les personnes de 75 ans et plus représentent trois quarts des décès en excès (917 morts, +9,7 %). La région Pays de la Loire est la plus touchée avec 236 décès en excès (+21,4 %). En cumulant les deux vagues (17 juin au 2 juillet : 5 764 morts, puis 3 au 22 juillet : 1 243 morts), l'été 2026 totalise au moins 7 007 décès en excès liés à la chaleur. Plusieurs classes de médicaments augmentent le risque en période de canicule : diurétiques, anticholinergiques, neuroleptiques, lithium, AINS, bêtabloquants, IEC/ARA II. Le pharmacien d'officine est en première ligne pour repérer les patients à risque, rappeler les règles d'hydratation et orienter vers le prescripteur pour une éventuelle adaptation posologique.

L'été 2026 est le plus meurtrier depuis 2003. Santé publique France publie le bilan de la deuxième vague de canicule (3-22 juillet) : 1 243 morts en excès. Cumulé à la première vague de juin, le total dépasse les 7 000 décès. Le pharmacien est en première ligne face aux patients sous traitements à risque.

Le bilan des deux vagues

VaguePériodeDépartementsDécès en excèsSurmortalité
Vague 117 juin – 2 juillet92 (98,5 % métropole)5 764+36 %
Vague 23 – 22 juillet78 (78,5 % métropole)1 243+9,2 %
Total été 202617 juin – 22 juillet7 007

Juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des relevés météorologiques en 1900.

Qui meurt

Tranche d'âgeVague 1 (juin)Vague 2 (juillet)
Moins de 45 ansPas de surmortalité significativePas de surmortalité significative
45-74 ansSurmortalité observéeSurmortalité observée
75 ans et plus3 719 morts (+33,3 %) = 2/3 du total917 morts (+9,7 %) = 3/4 du total

Les personnes âgées polymédiquées sont les premières victimes. Ce sont aussi les patients que le pharmacien voit le plus souvent au comptoir.

La vague de juillet en détail

IndicateurValeur
Période3 – 22 juillet 2026 (20 jours)
Décès observés14 713
Décès attendus13 470
Excès1 243 (+9,2 %)
Région la plus touchéePays de la Loire : 236 morts en excès (+21,4 %)
Lieux de décèsHausse à domicile, à l'hôpital et en EHPAD

Toutes les régions métropolitaines sont touchées, à l'exception de la Corse.

Les médicaments à risque en canicule

Trois mécanismes principaux augmentent le risque chez les patients traités.

1. Médicaments qui aggravent la déshydratation

ClasseExemplesMécanisme
DiurétiquesFurosémide, hydrochlorothiazide, indapamidePerte hydrosodée accrue
AINSIbuprofène, kétoprofène, naproxèneInsuffisance rénale fonctionnelle en déshydratation
IEC / ARA IIRamipril, périndopril, valsartan, irbésartanRisque d'hypotension et d'insuffisance rénale
SGLT2Dapagliflozine, empagliflozineDiurèse osmotique, risque d'acidocétose
Laxatifs stimulantsBisacodyl, sénéPertes hydroélectrolytiques

2. Médicaments qui perturbent la thermorégulation

ClasseExemplesMécanisme
AnticholinergiquesOxybutynine, trospium, hydroxyzineInhibent la sudation
NeuroleptiquesHalopéridol, rispéridone, olanzapinePerturbent le centre hypothalamique de thermorégulation
Agonistes sérotoninergiquesISRS, venlafaxineHyperthermie (rare, syndrome sérotoninergique)
BêtabloquantsBisoprolol, aténololRéduisent la vasodilatation cutanée
VasoconstricteursPseudoéphédrine, naphazolineLimitent la dissipation de chaleur

3. Médicaments à marge thérapeutique étroite (toxicité aggravée par déshydratation)

MédicamentRisque en canicule
Lithium (Téralithe)Surdosage par concentration. Actuellement en rupture de stock (LP 400 mg)
DigoxineSurdosage par concentration + hypokaliémie
MetformineAcidose lactique en insuffisance rénale fonctionnelle
Antiépileptiques (valproate, carbamazépine)Fluctuation des taux plasmatiques
AVK (warfarine, fluindione)Variation de l'INR par déshydratation

Au comptoir : conduite à tenir

SituationAction
Patient âgé sous diurétiqueRappeler l'hydratation (1,5 L/jour minimum), surveiller vertiges et confusion
Patient sous lithiumHydratation renforcée, surveillance lithiémie, alerter si signes de surdosage (tremblements, nausées)
Patient sous anticholinergiqueInformer du risque de coup de chaleur (absence de sudation), rester au frais
Patient sous AINS en automédicationDéconseiller la prise en période de forte chaleur, risque rénal
Patient sous antihypertenseurSurveiller l'hypotension orthostatique, mesurer la PA en officine
Toute personne âgéeRappeler les règles : boire sans attendre la soif, mouiller la peau, rester à l'ombre

Ce que le pharmacien ne doit pas faire

ErreurPourquoi
Arrêter ou réduire un traitement sans avis médicalRisque de décompensation (HTA, insuffisance cardiaque)
Conseiller de "boire beaucoup" sans nuanceRisque d'hyponatrémie chez le sujet âgé (pas plus de 2 L/jour sauf avis médical)
Ignorer les signes de déshydratationConfusion, chute de PA, oligurie = orienter vers les urgences

Comparaison historique

ÉpisodeDécès en excès
Août 2003~15 000
Été 2026 (deux vagues)7 007 (estimation préliminaire)
Juin-juillet 2019~1 500
Été 2022~2 800

L'été 2026 se place au deuxième rang des étés les plus meurtriers, derrière 2003. La vague de juin 2026 avait été qualifiée par SPF d'« exceptionnellement sévère, dont l'intensité dépasse celle d'août 2003 » en termes de surmortalité relative (+36 %).

À retenir

  • Été 2026 : au moins 7 007 décès en excès sur deux vagues de canicule (juin + juillet).
  • Juillet 2026 = mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900.
  • 75 ans et plus = 2/3 à 3/4 des décès selon les vagues.
  • Diurétiques, lithium, anticholinergiques, neuroleptiques, AINS : les classes à surveiller au comptoir.
  • Ne jamais arrêter un traitement sans avis médical : orienter vers le prescripteur pour adaptation.
  • Hydratation : 1,5 L/jour, pas plus de 2 L chez le sujet âgé sauf prescription.
  • Repérer les signes : confusion, chute de PA, oligurie = urgences.

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