Grippe : la HAS recommande la vaccination obligatoire des soignants
La Haute Autorité de santé recommande l'obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour tous les professionnels de santé, y compris les pharmaciens. Couverture actuelle : 20 %. Objectif : 90 %. Déploiement prioritaire en Ehpad, puis progressif sur 2 ans. Ce que ça change pour le pharmacien.
La Haute Autorité de santé (HAS) a publié le 20 juillet 2026 un avis recommandant l'obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour l'ensemble des professionnels de santé (salariés et libéraux), les professionnels des établissements de santé et médico-sociaux en contact avec des personnes à risque, ainsi que les étudiants des filières médicales et paramédicales. Le taux de couverture vaccinale des professionnels en établissement de santé est de 20 % (saison 2024-2025), celui des professionnels en Ehpad de 21 %. L'objectif est d'atteindre 90 % et plus, comme observé dans les pays ayant instauré l'obligation (Finlande, États-Unis). Le déploiement serait prioritaire en Ehpad et USLD, puis progressif sur 2 ans renouvelables 1 an dans les autres établissements. La HAS justifie sa recommandation par le fardeau sanitaire de la grippe (92 000 hospitalisations et environ 17 000 décès lors de la saison 2024-2025, 9 décès sur 10 chez les 65 ans et plus) et par l'efficacité réduite du vaccin chez les personnes âgées (immunosénescence). Pour les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité, la HAS ne recommande pas l'obligation, le taux de couverture étant déjà de 82,7 %. Cet avis est une recommandation : l'obligation doit encore être inscrite dans la loi par le gouvernement.
La HAS recommande la vaccination obligatoire annuelle contre la grippe pour tous les professionnels de santé. L'avis, publié le 20 juillet 2026, concerne aussi les pharmaciens.
Qui est concerné
| Catégorie | Détail |
|---|---|
| Professionnels de santé | Salariés et libéraux, toutes professions |
| Professionnels en établissement | Établissements de santé et médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, en contact avec des personnes à risque |
| Étudiants | Filières médicales et paramédicales |
Le pharmacien d'officine est un professionnel de santé libéral : il entre dans le périmètre de la recommandation.
Le constat : 20 % de couverture chez les soignants
| Population | Couverture vaccinale (2024-2025) |
|---|---|
| Personnes 65+ en collectivité | 82,7 % |
| Professionnels en établissement de santé | 20 % |
| Professionnels en Ehpad | 21 % |
L'objectif de l'obligation est d'atteindre 90 % et plus, comme observé en Finlande et aux États-Unis après instauration de l'obligation.
Pourquoi la HAS recommande l'obligation
Le fardeau sanitaire
| Saison | Hospitalisations | Décès |
|---|---|---|
| 2023-2024 | ~53 000 (dont 26 500 chez 65+) | — |
| 2024-2025 | 92 000 | ~17 000 |
9 décès sur 10 concernent les 65 ans et plus, principalement les 75 ans et plus.
L'efficacité réduite chez les résidents
Le vaccin est 20 à 40 points moins efficace chez les personnes âgées (immunosénescence). Vacciner les soignants qui les entourent réduit les infections respiratoires et la mortalité en établissement.
Le taux de formes graves
| Population | Taux de forme grave |
|---|---|
| Résidents Ehpad | 6 % |
| Soignants | 0,1 % |
75 % des résidents d'Ehpad ont 75 ans et plus, avec des contacts étroits, répétés et prolongés avec les soignants.
Le calendrier prévu
| Étape | Échéance |
|---|---|
| Avis HAS | 20 juillet 2026 |
| Déploiement prioritaire | Ehpad et USLD (dès la prochaine saison grippale) |
| Déploiement progressif | Autres établissements, sur 2 ans renouvelables 1 an |
| Inscription dans la loi | À venir (décision du gouvernement) |
Le déploiement dans les autres établissements serait défini localement, en concertation.
Ce que la HAS ne recommande pas
Pour les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité, la HAS ne recommande pas l'obligation. Deux raisons :
- Le taux de couverture est déjà de 82,7 % ;
- Des considérations éthiques pour les résidents d'Ehpad (consentement, autonomie).
Ce qui reste à faire
Cet avis est une recommandation. L'obligation vaccinale doit encore être inscrite dans la loi par le gouvernement. La HAS recommande aussi :
| Mesure complémentaire | Détail |
|---|---|
| Disponibilité des vaccins | Assurer les stocks pour absorber la hausse de la demande |
| Traçabilité | Système de surveillance des vaccinations |
| Cadre réglementaire | Adapter les textes pour les professionnels libéraux |
| Mesures barrières | Ventilation, isolement, masque, hygiène (en complément) |
Ce que ça change pour le pharmacien
Double casquette
| Rôle | Impact |
|---|---|
| Professionnel de santé | Le pharmacien serait soumis à l'obligation vaccinale annuelle |
| Vaccinateur | Hausse prévisible des volumes de vaccination antigrippale en officine |
En pratique
- Se faire vacciner chaque année (si l'obligation est inscrite dans la loi) ;
- Anticiper les stocks de vaccins grippaux pour la prochaine campagne : la demande va augmenter si les soignants libéraux sont concernés ;
- Informer les professionnels de santé qui fréquentent l'officine (infirmiers libéraux, médecins, sages-femmes) de la recommandation HAS ;
- Suivre l'évolution législative : tant que la loi n'est pas votée, l'obligation n'est pas effective.
Acceptabilité
Selon les enquêtes citées par la HAS (publiées entre 2024 et 2025), une majorité des professionnels de santé et de la population générale est favorable à l'obligation vaccinale contre la grippe pour renforcer la sécurité des soins.
À retenir
- HAS, 20/07/2026 : recommandation de vaccination obligatoire annuelle contre la grippe pour tous les professionnels de santé.
- Pharmaciens inclus : en tant que professionnels de santé libéraux.
- Couverture actuelle : 20-21 % chez les soignants, objectif 90 %+.
- Priorité : Ehpad et USLD d'abord, puis déploiement progressif sur 2 ans.
- Saison 2024-2025 : 92 000 hospitalisations, ~17 000 décès.
- Pas encore la loi : c'est un avis HAS, le gouvernement doit légiférer.
- Au comptoir : anticiper la hausse de la demande vaccinale, informer les soignants.
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Le Conseil d'État a statué, par une ordonnance du 5 octobre 2026 (décision n° 519964), sur le référé-suspension déposé par le Syndicat Liberté Santé contre la recommandation de la Haute Autorité de santé du 9 juillet 2026 préconisant une obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour les professionnels de santé, les autres professionnels des établissements de santé et médico-sociaux en contact avec des personnes vulnérables, et les étudiants des filières médicales et paramédicales. Le juge des référés a rejeté la demande de suspension. Point essentiel : ce rejet est fondé sur l'absence d'urgence, et non sur la légalité au fond de la recommandation. Le Conseil d'État relève que la recommandation de la HAS ne rend pas, à elle seule, l'obligation applicable : pour les salariés des établissements, elle nécessiterait l'abrogation du décret du 14 octobre 2006 qui avait suspendu cette obligation ; pour les libéraux, un décret en Conseil d'État reste nécessaire, et la HAS préconise un déploiement progressif sur deux ans. La recommandation ne portant pas une atteinte « suffisamment grave et immédiate » aux intérêts invoqués, la condition d'urgence n'est pas remplie. Le juge statue sur ce seul fondement (article L. 522-3 du code de justice administrative), sans se prononcer sur la légalité de la recommandation. Pour les soignants comme pour l'officine, l'obligation n'est donc pas applicable en l'état : le débat sur le fond reste entier.
Obligation vaccinale grippe des soignants : un recours devant le Conseil d'État, sur fond d'experts HAS majoritairement contre
L'obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social, recommandée par la Haute Autorité de santé le 9 juillet 2026 et rendue publique le 20 juillet, est désormais contestée en justice. Le Syndicat Liberté Santé (SLS) a déposé devant le Conseil d'État un recours pour excès de pouvoir, visant l'annulation de la recommandation, ainsi qu'un référé-suspension, qui demande sa suspension dans l'attente du jugement au fond. Le point le plus notable, vérifié directement dans le rapport de la HAS, est que le groupe de travail de l'institution était lui-même majoritairement opposé à cette mesure : 11 experts sur 13 se sont déclarés défavorables à une obligation pour les professionnels, et 12 sur 13 pour les personnes âgées en collectivité. Les experts réaffirment l'importance de la vaccination antigrippale, mais expriment des réserves sur son caractère obligatoire. La HAS a néanmoins recommandé l'obligation pour les professionnels, en commençant par les EHPAD et les unités de soins de longue durée. Pour le pharmacien d'officine, la mesure n'est pas directement visée, mais le débat sur la vaccination obligatoire des professionnels de santé concerne l'ensemble de la profession.
Fiche mémo : vaccination contre la grippe 2026-2027 au comptoir
La campagne de vaccination contre la grippe 2026-2027 a démarré le 13 octobre 2026 sur l'ensemble du territoire, sauf à Mayotte (campagne lancée dès septembre) et à La Réunion (campagne alignée sur l'hémisphère sud). Le pharmacien formé peut prescrire et administrer le vaccin aux personnes de 11 ans et plus, ciblées ou non par les recommandations ; avant 11 ans, la prescription relève du médecin ou de la sage-femme. Depuis le 10 juillet 2026, les vaccins grippaux sont sur liste I, mais le bon de prise en charge de l'Assurance Maladie vaut prescription. Le vaccin est pris en charge à 100 % pour les publics ciblés (65 ans et plus, malades chroniques, femmes enceintes, IMC d'au moins 40, résidents d'établissements, entourage des personnes à risque, aides à domicile concernées, professionnels de santé libéraux exposés) et à 65 % pour les enfants de 2 à 17 ans sans comorbidités. L'injection se facture avec le code VGP, 7,50 euros TTC (coefficient de 1,05 en outre-mer), prise en charge à 70 %, et à 100 % pour les patients en ALD et les femmes enceintes à partir du 6e mois. Efluelda et Fluad sont réservés aux 65 ans et plus ; Flucelvax, Influvac et Vaxigrip couvrent toute la population éligible. En cas de co-administration avec le vaccin contre le Covid-19, deux facturations distinctes sont obligatoires.