Fortes chaleurs : ce que l'officine doit dire aux patients sur leurs médicaments cet été
L'ANSM publie le 28 mai 2026 ses recommandations canicule sur les médicaments et dispositifs médicaux. Classes à risque, conservation, photosensibilisation : tout ce que le pharmacien doit savoir pour conseiller au comptoir avant l'été.
L'ANSM rappelle le 28 mai 2026 les bons réflexes officinaux face aux fortes chaleurs. Trois familles de médicaments sont à risque : ceux qui aggravent la déshydratation (diurétiques, laxatifs, antihypertenseurs), ceux qui perturbent la thermorégulation (antiépileptiques, antidouleurs) et les photosensibilisants (certains antibiotiques et AINS). Côté dispositifs, attention aux bandelettes de glycémie dont la fiabilité chute avec la chaleur. Période parfaite pour engager la conversation au comptoir, avant les premiers pics.
L'ANSM a publié le 28 mai 2026 son rappel annuel sur la conduite à tenir face aux fortes chaleurs concernant médicaments et dispositifs médicaux. Trois axes pour le pharmacien d'officine : identifier les classes thérapeutiques à risque, conseiller la conservation, et anticiper les effets indésirables liés au soleil.
Trois familles de médicaments à surveiller
1. Aggravants de la déshydratation
Ces molécules majorent la perte hydrique et accentuent le risque de déshydratation chez le patient exposé à la chaleur :
- Diurétiques (thiazidiques, anse, épargneurs)
- Laxatifs (notamment osmotiques et stimulants)
- Antihypertenseurs (en particulier les diurétiques associés)
→ Le patient doit boire régulièrement, sans attendre la soif. Vigilance accrue chez la personne âgée et le patient chronique.
2. Perturbateurs de la thermorégulation
Certaines classes altèrent la fonction rénale ou la capacité de l'organisme à réguler sa température corporelle :
- Antiépileptiques (carbamazépine, valproate, etc.)
- Antidouleurs (AINS notamment, qui peuvent dégrader la fonction rénale en cas de déshydratation)
→ Ces patients doivent être suivis de près en période de canicule. Une consultation médicale préventive avant l'été est recommandée.
3. Médicaments photosensibilisants
Sous l'effet d'une exposition solaire — même brève — ces molécules peuvent déclencher érythèmes, brûlures et réactions cutanées sévères :
- Certains antibiotiques (cyclines, fluoroquinolones, sulfamides)
- AINS (kétoprofène topique notamment, mais aussi certains AINS oraux)
→ Conseil clé au comptoir : éviter l'exposition au soleil pendant le traitement et appliquer une protection solaire élevée, voire éviter complètement.
Dispositifs médicaux : l'angle souvent oublié
Tout dispositif médical n'est pas insensible à la chaleur. L'ANSM cite explicitement :
- Bandelettes de glycémie : leur fiabilité chute en cas d'exposition à la chaleur ou à l'humidité. Un patient diabétique qui mesure faux peut adapter son traitement à tort — risque hypo/hyperglycémique majeur.
- Stylos auto-injecteurs (insuline, anti-TNF, etc.) : conservation entre 2-8 °C jusqu'à utilisation, puis durée limitée à température ambiante (vérifier la notice, généralement 28 jours max).
- Tests, lecteurs, thermomètres électroniques : performance dégradée hors plage de température recommandée.
→ Conseil : ne jamais laisser de bandelette ou stylo dans une voiture exposée au soleil, même quelques minutes. Le transport doit se faire dans une pochette isotherme avec pain de glace si le trajet est long.
Conservation : ce qu'il faut redire à chaque délivrance
Quelques messages simples, à intégrer dans la dispensation :
- Vérifier la notice ou l'emballage : certains traitements ont des modalités de conservation strictes (réfrigérateur, à l'abri de la lumière)
- À domicile : pièce fraîche, à l'abri de la lumière directe — pas dans la salle de bain (humidité), pas sur le rebord de fenêtre
- En vacances / transport : prévoir une pochette isotherme pour les médicaments thermolabiles ; ne pas mettre les médicaments en soute (l'avion soumet les bagages à des températures extrêmes)
- Doute sur un médicament exposé : ne pas l'utiliser, demander conseil
Le moment idéal pour engager la conversation
Fin mai, on est avant les premiers pics de chaleur. C'est la fenêtre idéale pour :
- Profiter de chaque dispensation de chronique pour aborder le sujet
- Diffuser un affichage en officine sur les bonnes pratiques canicule
- Identifier les patients à risque (personnes âgées, polypathologie, traitements à risque cumulés) et proposer une revue de traitement avec leur médecin avant l'été
L'ANSM met également à disposition un dossier thématique complet sur les produits de santé en période estivale, utile pour les équipes officinales qui veulent approfondir.
À retenir
- Publication ANSM 28 mai 2026 — rappel annuel pré-canicule.
- 3 familles à risque : déshydratants (diurétiques, laxatifs, antiHTA), perturbateurs thermorégulation (antiépileptiques, AINS), photosensibilisants (cyclines, fluoroquinolones, kétoprofène).
- Dispositifs médicaux : bandelettes glycémie et stylos auto-injecteurs particulièrement sensibles.
- Conservation : pièce fraîche, jamais en voiture, pochette isotherme en déplacement.
- Période idéale pour engager la conversation au comptoir — avant le premier pic.
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