Désogestrel et étonogestrel : l'ANSM envoie la lettre méningiome aux professionnels de santé
L'ANSM publie le 11 août 2026 l'information de sécurité officielle et distribue la lettre aux professionnels de santé (DHPC) sur le risque de méningiome avec les contraceptifs à base de désogestrel et d'étonogestrel. Contre-indication formelle, surveillance, conduite à tenir. La checklist dispensation pour le pharmacien.
L'ANSM publie le 11 août 2026 l'information de sécurité officielle sur le risque de méningiome associé aux contraceptifs contenant du désogestrel ou de l'étonogestrel. Une lettre aux professionnels de santé (DHPC, Direct Healthcare Professional Communication) a été distribuée le même jour aux gynécologues, médecins généralistes, sages-femmes et infirmiers des centres de planification. Cette lettre formalise les mesures décidées par le PRAC en juillet 2026 : contre-indication chez les femmes ayant ou ayant eu un méningiome, arrêt immédiat si un méningiome est diagnostiqué sous traitement, surveillance des symptômes d'alerte, et prise en compte de l'exposition antérieure à d'autres progestatifs à risque (cyprotérone, nomégestrol, chlormadinone, médroxyprogestérone). Le risque reste faible (1 cas supplémentaire pour 67 300 femmes traitées), mais la contre-indication est désormais inscrite dans les résumés des caractéristiques du produit (RCP) et les notices patient. Les spécialités concernées en ville sont les comprimés de désogestrel 75 µg (Cérazette et génériques, Optimizette, Désopop, Antigone, Elfasette), l'implant Nexplanon (étonogestrel 68 mg) et l'anneau vaginal NuvaRing et génériques (étonogestrel/éthinylestradiol). Le pharmacien doit intégrer cette contre-indication dans sa dispensation courante.
L'ANSM publie le 11 août 2026 l'information de sécurité officielle et distribue la lettre aux professionnels de santé (DHPC) sur le risque de méningiome avec le désogestrel et l'étonogestrel. Les mesures décidées par le PRAC en juillet sont désormais formalisées. Le pharmacien doit les intégrer dans sa dispensation quotidienne.
Ce qui s'est passé
| Date | Événement |
|---|---|
| Juillet 2025 | Étude épidémiologique française publiée dans le BMJ : signal méningiome |
| 6-9 juillet 2026 | Le PRAC confirme le risque et décide des mesures |
| 15 juillet 2026 | L'ANSM relaie les conclusions du PRAC |
| 11 août 2026 | L'ANSM publie l'information de sécurité officielle et distribue la DHPC |
Ce que dit la DHPC du 11 août
La contre-indication
L'utilisation du désogestrel ou de l'étonogestrel est contre-indiquée chez les femmes :
- présentant un méningiome en cours
- ayant un antécédent de méningiome
Cette contre-indication est désormais inscrite dans les RCP (résumés des caractéristiques du produit) et dans les notices patient.
Le risque chiffré
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Cas supplémentaire | 1 pour 67 300 femmes traitées |
| Durée d'exposition | Risque associé à une utilisation prolongée (1 an ou plus) |
| Niveau de risque | Faible, mais justifiant une contre-indication formelle |
L'arrêt du traitement
Si un méningiome est diagnostiqué chez une femme sous désogestrel ou étonogestrel, le traitement doit être arrêté immédiatement.
Les spécialités concernées en ville
Désogestrel 75 µg (comprimés)
| Spécialité | Laboratoire |
|---|---|
| Cérazette et génériques | Organon / génériques |
| Optimizette | Majorelle |
| Désopop | Biogaran |
| Antigone | Biogaran |
| Elfasette | Effik |
Étonogestrel (implant)
| Spécialité | Forme | Dosage |
|---|---|---|
| Nexplanon | Implant sous-cutané | 68 mg |
Étonogestrel + éthinylestradiol (anneau vaginal)
| Spécialité | Forme |
|---|---|
| NuvaRing et génériques | Anneau vaginal |
Les symptômes d'alerte
Les patientes sous désogestrel ou étonogestrel doivent être informées des symptômes pouvant évoquer un méningiome :
| Symptôme | Détail |
|---|---|
| Troubles de la vision | Vision floue, double, perte de champ visuel |
| Perte auditive | Baisse d'audition unilatérale ou bilatérale |
| Acouphènes | Bourdonnements ou sifflements d'oreilles |
| Perte d'odorat | Anosmie |
| Céphalées aggravées | Maux de tête qui s'aggravent ou changent de caractère |
| Perte de mémoire | Troubles mnésiques inhabituels |
| Convulsions | Crises épileptiques |
| Faiblesse des membres | Déficit moteur d'un bras ou d'une jambe |
Progestatifs déjà associés au risque de méningiome
Le désogestrel et l'étonogestrel rejoignent une liste de progestatifs pour lesquels le risque de méningiome est déjà établi :
| Progestatif | Spécialités courantes | Statut |
|---|---|---|
| Cyprotérone | Androcur, génériques | Contre-indication + IRM obligatoire |
| Nomégestrol | Lutényl, génériques | Contre-indication + IRM si utilisation > 1 an |
| Chlormadinone | Lutéran, génériques | Contre-indication + IRM si utilisation > 1 an |
| Médroxyprogestérone | Dépo-Provera | Contre-indication |
| Désogestrel | Cérazette/gén., Optimizette, Désopop, Antigone, Elfasette | Contre-indication (nouveau, août 2026) |
| Étonogestrel | Nexplanon, NuvaRing/gén. | Contre-indication (nouveau, août 2026) |
L'exposition antérieure à l'un de ces progestatifs doit être prise en compte avant toute initiation de désogestrel ou d'étonogestrel.
Checklist dispensation pour le pharmacien
À chaque dispensation de désogestrel ou étonogestrel
| Étape | Question / Action |
|---|---|
| 1. Contre-indication | La patiente a-t-elle un méningiome ou un antécédent de méningiome ? → Si oui : ne pas dispenser, contacter le prescripteur |
| 2. Historique progestatifs | A-t-elle déjà pris du cyprotérone, nomégestrol, chlormadinone ou médroxyprogestérone ? → Si oui : informer du cumul de risque potentiel |
| 3. Durée de traitement | Depuis combien de temps prend-elle ce contraceptif ? → Le risque est associé à une utilisation > 1 an |
| 4. Symptômes d'alerte | Présente-t-elle des symptômes (céphalées aggravées, troubles visuels, auditifs, convulsions) ? → Si oui : orienter vers le médecin |
| 5. Information | Remettre l'information sur les symptômes d'alerte et la conduite à tenir |
Ce qui ne change pas
| Point | Détail |
|---|---|
| Efficacité contraceptive | Inchangée |
| Indication | Pas de retrait du marché |
| Renouvellement | Pas de restriction nouvelle pour le renouvellement |
| Prescription | Pas de nouvelles conditions de prescription (pas d'IRM systématique, contrairement au cyprotérone) |
Ce qui différencie le désogestrel des progestatifs déjà ciblés
| Critère | Cyprotérone / Nomégestrol / Chlormadinone | Désogestrel / Étonogestrel |
|---|---|---|
| Niveau de risque | Plus élevé (ex. : cyprotérone x7 à x20 selon dose et durée) | Faible (1 cas / 67 300) |
| IRM obligatoire | Oui (avant et pendant le traitement pour certains) | Non |
| Contre-indication méningiome | Oui | Oui (nouveau) |
| Surveillance spécifique | IRM cérébrale | Clinique uniquement (symptômes) |
À retenir
- ANSM 11/08/2026 : information de sécurité officielle et DHPC distribuée sur le risque de méningiome avec le désogestrel et l'étonogestrel.
- Contre-indication formelle chez les femmes ayant ou ayant eu un méningiome (inscrite dans les RCP et notices).
- Risque faible : 1 cas supplémentaire pour 67 300 femmes traitées, en utilisation prolongée (> 1 an).
- Pas d'IRM systématique (contrairement au cyprotérone, nomégestrol, chlormadinone).
- Spécialités ville : Cérazette/gén., Optimizette, Désopop, Antigone, Elfasette, Nexplanon, NuvaRing/gén.
- Au comptoir : vérifier antécédent de méningiome, interroger sur les progestatifs antérieurs, informer des symptômes d'alerte, orienter si symptômes.
À lire aussi sur Pharmactu :
À lire aussi
Désogestrel et étonogestrel : le PRAC confirme un risque de méningiome, nouvelle contre-indication
Le comité de pharmacovigilance européen (PRAC), lors de sa réunion du 6 au 9 juillet 2026, a confirmé un risque faiblement accru de méningiome intracrânien associé à l'utilisation prolongée (plus d'un an) de contraceptifs contenant du désogestrel ou de l'étonogestrel. Le risque est estimé à un cas supplémentaire pour 67 300 femmes utilisatrices. Une étude épidémiologique française publiée dans le BMJ en 2025 est à l'origine du signal. Le PRAC a décidé d'ajouter le méningiome comme effet indésirable dans les RCP, de contre-indiquer ces médicaments chez les femmes ayant ou ayant eu un méningiome, et d'envoyer une communication directe aux professionnels de santé (DHPC). L'ANSM a relayé ces conclusions le 15 juillet 2026. Les spécialités concernées en ville sont : désogestrel comprimés (Cérazette et génériques, Optimizette, Désopop), étonogestrel implant (Nexplanon) et étonogestrel/éthinylestradiol anneau vaginal (NuvaRing et génériques). Le pharmacien doit vérifier l'absence d'antécédent de méningiome, prendre en compte l'historique d'utilisation de progestatifs à risque (cyprotérone, nomégestrol, médroxyprogestérone, chlormadinone) et informer les patientes des symptômes d'alerte.
Finastéride 1 mg : une attestation d'information partagée obligatoire pour toute dispensation depuis le 16 juin 2026
L'ANSM a mis en place une attestation d'information partagée obligatoire pour toute dispensation de finastéride oral 1 mg, indiqué dans l'alopécie androgénétique masculine chez l'homme de 18 à 41 ans. Depuis le 16 avril 2026, l'attestation est requise pour toute initiation de traitement. Depuis le 16 juin 2026, elle est également requise pour les renouvellements. Le document doit être cosigné par le médecin prescripteur et le patient, attestant que les risques ont été discutés : troubles psychiatriques (humeur dépressive, dépression, idées suicidaires), dysfonctions sexuelles (troubles de l'érection, de l'éjaculation, baisse de la libido) et possibilité de persistance de ces effets après l'arrêt du traitement. Le médecin en conserve un exemplaire dans le dossier médical. Le pharmacien doit exiger la présentation de l'attestation cosignée en plus de l'ordonnance pour délivrer le médicament. Toutes les spécialités de finastéride 1 mg sont concernées, y compris les génériques (Arrow, Biogaran, EG, Sandoz, Teva et autres). Cette mesure fait suite à la réévaluation européenne de 2025 par l'EMA confirmant le risque d'idées suicidaires sous finastéride.
Neuroleptiques et constipation : l'ANSM rappelle la vigilance face au risque de complications graves
L'ANSM a publié le 11 juin 2026 un rappel de vigilance concernant le risque de constipation sévère associé à l'ensemble des neuroleptiques (antipsychotiques). Ces médicaments, prescrits notamment dans la schizophrénie, le trouble bipolaire, certains états d'agitation et des pathologies neurologiques (maladie d'Alzheimer, maladie de Huntington), possèdent des propriétés anticholinergiques pouvant entraîner une constipation parfois grave. Les complications documentées incluent l'atonie colique aiguë, les fécalomes, les urgences chirurgicales et le décès. L'ANSM indique que des cas graves continuent d'être signalés. Les facteurs de risque identifiés sont les associations médicamenteuses à effet anticholinergique (antidépresseurs tricycliques, antiparkinsoniens, antispasmodiques), l'âge supérieur à 60 ans et les vulnérabilités digestives préexistantes. L'ANSM recommande aux prescripteurs d'évaluer la charge anticholinergique globale à l'aide d'outils comme le calculateur Omedit ou l'échelle CIA (coefficient d'imprégnation anticholinergique), de mettre en place un traitement préventif dès l'instauration si des facteurs de risque existent, et de surveiller régulièrement le transit. Le pharmacien d'officine doit vérifier l'absence d'associations à risque lors de la dispensation et rappeler les mesures hygiéno-diététiques au patient.