Finastéride 1 mg : une attestation d'information partagée obligatoire pour toute dispensation depuis le 16 juin 2026
Depuis le 16 juin 2026, la dispensation de finastéride 1 mg (alopécie androgénétique) est subordonnée à la présentation d'une attestation d'information partagée cosignée par le médecin prescripteur et le patient. Cette mesure, annoncée par l'ANSM, fait suite à la réévaluation européenne confirmant les risques psychiatriques (humeur dépressive, idées suicidaires) et sexuels persistants. Le pharmacien ne peut plus délivrer sans ce document, y compris pour les renouvellements.
L'ANSM a mis en place une attestation d'information partagée obligatoire pour toute dispensation de finastéride oral 1 mg, indiqué dans l'alopécie androgénétique masculine chez l'homme de 18 à 41 ans. Depuis le 16 avril 2026, l'attestation est requise pour toute initiation de traitement. Depuis le 16 juin 2026, elle est également requise pour les renouvellements. Le document doit être cosigné par le médecin prescripteur et le patient, attestant que les risques ont été discutés : troubles psychiatriques (humeur dépressive, dépression, idées suicidaires), dysfonctions sexuelles (troubles de l'érection, de l'éjaculation, baisse de la libido) et possibilité de persistance de ces effets après l'arrêt du traitement. Le médecin en conserve un exemplaire dans le dossier médical. Le pharmacien doit exiger la présentation de l'attestation cosignée en plus de l'ordonnance pour délivrer le médicament. Toutes les spécialités de finastéride 1 mg sont concernées, y compris les génériques (Arrow, Biogaran, EG, Sandoz, Teva et autres). Cette mesure fait suite à la réévaluation européenne de 2025 par l'EMA confirmant le risque d'idées suicidaires sous finastéride.
Depuis le 16 juin 2026, la dispensation de finastéride oral 1 mg, indiqué dans l'alopécie androgénétique masculine, est subordonnée à la présentation d'une attestation d'information partagée cosignée par le médecin prescripteur et le patient. Cette obligation, mise en place par l'ANSM, s'applique désormais aussi aux renouvellements. Elle était déjà en vigueur depuis le 16 avril 2026 pour les initiations de traitement.
Pourquoi cette attestation
La mesure fait suite à la réévaluation européenne conduite par l'EMA, achevée en 2025, qui a confirmé le risque d'idées suicidaires sous finastéride 1 mg. L'ANSM rappelle les effets indésirables documentés :
| Catégorie | Effets indésirables |
|---|---|
| Troubles psychiatriques | Humeur dépressive, dépression, idées suicidaires |
| Dysfonctions sexuelles | Troubles de l'érection, troubles de l'éjaculation, baisse de la libido |
| Persistance après arrêt | Ces effets peuvent persister après l'arrêt du traitement |
Ce que contient l'attestation
L'attestation d'information partagée documente que le médecin a discuté avec le patient des points suivants :
- Les risques psychiatriques associés au traitement ;
- Les risques de dysfonction sexuelle ;
- La possibilité de persistance de ces effets après l'arrêt ;
- La conduite à tenir en cas de survenue d'effets indésirables ;
- L'importance d'un temps de réflexion avant l'instauration ;
- La nécessité d'un suivi médical régulier.
Le document est cosigné par le médecin et le patient. Le médecin en conserve un exemplaire dans le dossier médical du patient.
Spécialités concernées
Toutes les spécialités de finastéride oral 1 mg sont concernées, princeps et génériques :
| Laboratoire |
|---|
| Arrow |
| Biogaran |
| EG Labo |
| Sandoz |
| Teva |
| Autres génériques commercialisés |
La mesure ne concerne pas le finastéride 5 mg (indiqué dans l'hypertrophie bénigne de la prostate), qui relève d'un cadre de prescription différent.
Calendrier
| Date | Obligation |
|---|---|
| 16 avril 2026 | Attestation obligatoire pour les initiations de traitement |
| 16 juin 2026 | Attestation obligatoire pour les renouvellements |
Conduite à tenir au comptoir
-
Exiger l'attestation cosignée. À compter du 16 juin 2026, le pharmacien ne peut plus délivrer de finastéride 1 mg, y compris en renouvellement, sans la présentation de l'attestation d'information partagée cosignée, en plus de l'ordonnance.
-
Orienter le patient si l'attestation manque. En l'absence du document, orienter le patient vers son médecin prescripteur pour qu'il remplisse et cosigne l'attestation avant toute nouvelle dispensation.
-
Sensibiliser le patient. Rappeler l'importance de signaler tout changement d'humeur, toute idée suicidaire ou tout trouble sexuel au médecin prescripteur. Ces effets peuvent survenir à tout moment du traitement.
-
Vérifier l'âge et l'indication. Le finastéride 1 mg dans l'alopécie androgénétique est indiqué chez l'homme de 18 à 41 ans. Au-delà ou en dehors de cette indication, la prescription relève d'une évaluation spécifique.
À retenir
- 16 juin 2026 : l'attestation d'information partagée est désormais obligatoire pour toute dispensation de finastéride 1 mg, initiations et renouvellements.
- Document cosigné médecin + patient, attestant que les risques psychiatriques et sexuels ont été discutés.
- Sans attestation, pas de dispensation.
- Toutes les spécialités de finastéride 1 mg sont concernées (princeps et génériques).
- Ne concerne pas le finastéride 5 mg (hypertrophie bénigne de la prostate).
- Effets indésirables : humeur dépressive, idées suicidaires, dysfonctions sexuelles, peuvent persister après l'arrêt.
À lire aussi sur Pharmactu :
À lire aussi
Désogestrel et étonogestrel : l'ANSM envoie la lettre méningiome aux professionnels de santé
L'ANSM publie le 11 août 2026 une information de sécurité et une lettre aux professionnels de santé, adressée aux gynécologues, médecins généralistes, sages-femmes et infirmiers des centres de planning familial, sur le risque de méningiome des contraceptifs à base de désogestrel ou d'étonogestrel. Il existe une faible augmentation du risque avec une utilisation en cours et prolongée (au moins un an). Ces contraceptifs sont contre-indiqués chez les femmes présentant un méningiome ou des antécédents de méningiome ; les femmes traitées doivent être surveillées ; le contraceptif doit être arrêté si un méningiome est diagnostiqué. Le risque peut être plus élevé après une exposition antérieure à des progestatifs déjà associés au méningiome (nomégestrol, chlormadinone, médrogestone, médroxyprogestérone, cyprotérone), ce qui doit être pris en compte avant de débuter. On estime qu'un cas supplémentaire survient pour 67 300 femmes traitées par désogestrel. La lettre liste les spécialités concernées : pilules au désogestrel seul, pilules combinées désogestrel et éthinylestradiol, implant Nexplanon et anneaux vaginaux à l'étonogestrel.
Neuroleptiques et constipation : l'ANSM rappelle la vigilance face au risque de complications graves
L'ANSM a publié le 11 juin 2026 un rappel de vigilance concernant le risque de constipation sévère associé à l'ensemble des neuroleptiques (antipsychotiques). Ces médicaments, prescrits notamment dans la schizophrénie, le trouble bipolaire, certains états d'agitation et des pathologies neurologiques (maladie d'Alzheimer, maladie de Huntington), possèdent des propriétés anticholinergiques pouvant entraîner une constipation parfois grave. Les complications documentées incluent l'atonie colique aiguë, les fécalomes, les urgences chirurgicales et le décès. L'ANSM indique que des cas graves continuent d'être signalés. Les facteurs de risque identifiés sont les associations médicamenteuses à effet anticholinergique (antidépresseurs tricycliques, antiparkinsoniens, antispasmodiques), l'âge supérieur à 60 ans et les vulnérabilités digestives préexistantes. L'ANSM recommande aux prescripteurs d'évaluer la charge anticholinergique globale à l'aide d'outils comme le calculateur Omedit ou l'échelle CIA (coefficient d'imprégnation anticholinergique), de mettre en place un traitement préventif dès l'instauration si des facteurs de risque existent, et de surveiller régulièrement le transit. Le pharmacien d'officine doit vérifier l'absence d'associations à risque lors de la dispensation et rappeler les mesures hygiéno-diététiques au patient.
aGLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro) : l'ANSM alerte sur le mésusage et de nouvelles interactions
L'ANSM a publié le 7 octobre 2026 son 3e rapport de pharmacovigilance sur les analogues du GLP-1 (aGLP-1 : sémaglutide, tirzépatide, liraglutide, dulaglutide), couvrant la période de février 2025 à janvier 2026. Plus de 840 000 patients sont traités en France. Sur la période, 2 801 cas d'effets indésirables ont été déclarés, dont 515 graves (environ 18 %) ; un cas sur trois concernait un diabète de type 2 et un cas sur trois le contrôle du poids. Le rapport confirme la persistance d'un mésusage à visée amaigrissante, en dehors de tout cadre médical, touchant plutôt des personnes jeunes : 36 signalements de mésusage, dont 17 graves, avec dans deux cas sur trois une obtention hors des circuits officiels (internet, entourage, étranger) et dans plus de neuf cas sur dix des posologies trop élevées. Les effets les plus fréquents restent digestifs, avec le risque grave de pancréatite (deux cas possiblement responsables de décès), ainsi que des carences nutritionnelles. Parmi les 17 cas graves de mésusage figurent 5 pancréatites aiguës. Le rapport met aussi en évidence un risque d'interactions avec les médicaments à marge thérapeutique étroite, comme certains anticoagulants, et, chez des patients sous metformine, un risque majoré d'acidose lactique en cas de déshydratation liée aux vomissements (deux décès pourraient être liés à ce mécanisme). D'autres effets (atteintes ophtalmologiques, hépatobiliaires, cérébrovasculaires, troubles de l'érection) font l'objet d'une surveillance renforcée pour déterminer s'ils sont liés ou non aux aGLP-1, et une possible baisse d'efficacité des contraceptifs est en cours d'évaluation par l'Agence européenne des médicaments. L'ANSM confirme un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces traitements sont utilisés conformément aux recommandations, et appelle à la vigilance.