Désogestrel et étonogestrel : le PRAC confirme un risque de méningiome, nouvelle contre-indication
Le comité de pharmacovigilance européen (PRAC) confirme un risque faiblement accru de méningiome intracrânien avec les contraceptifs à base de désogestrel et d'étonogestrel en utilisation prolongée (plus d'un an). L'utilisation est désormais contre-indiquée chez les femmes ayant ou ayant eu un méningiome. Ce que le pharmacien doit savoir pour la dispensation.
Le comité de pharmacovigilance européen (PRAC), lors de sa réunion du 6 au 9 juillet 2026, a confirmé un risque faiblement accru de méningiome intracrânien associé à l'utilisation prolongée (plus d'un an) de contraceptifs contenant du désogestrel ou de l'étonogestrel. Le risque est estimé à un cas supplémentaire pour 67 300 femmes utilisatrices. Une étude épidémiologique française publiée dans le BMJ en 2025 est à l'origine du signal. Le PRAC a décidé d'ajouter le méningiome comme effet indésirable dans les RCP, de contre-indiquer ces médicaments chez les femmes ayant ou ayant eu un méningiome, et d'envoyer une communication directe aux professionnels de santé (DHPC). L'ANSM a relayé ces conclusions le 15 juillet 2026. Les spécialités concernées en ville sont : désogestrel comprimés (Cérazette et génériques, Optimizette, Désopop), étonogestrel implant (Nexplanon) et étonogestrel/éthinylestradiol anneau vaginal (NuvaRing et génériques). Le pharmacien doit vérifier l'absence d'antécédent de méningiome, prendre en compte l'historique d'utilisation de progestatifs à risque (cyprotérone, nomégestrol, médroxyprogestérone, chlormadinone) et informer les patientes des symptômes d'alerte.
Le comité de pharmacovigilance européen (PRAC) a confirmé, lors de sa réunion du 6 au 9 juillet 2026, un risque faiblement accru de méningiome intracrânien avec les contraceptifs contenant du désogestrel ou de l'étonogestrel en utilisation prolongée (plus d'un an). L'ANSM a relayé ces conclusions le 15 juillet 2026.
Le signal
L'étude
Une étude épidémiologique française, publiée dans le BMJ en 2025, a mis en évidence une association entre l'utilisation prolongée de désogestrel ou d'étonogestrel et la survenue de méningiomes intracrâniens.
Le chiffre
| Risque estimé | Valeur |
|---|---|
| Cas supplémentaire | 1 pour 67 300 femmes utilisatrices |
| Durée d'exposition associée au risque | > 1 an d'utilisation |
Le risque est qualifié de faible par le PRAC, mais suffisant pour justifier des mesures réglementaires.
Les décisions du PRAC
| Mesure | Détail |
|---|---|
| Contre-indication | Chez les femmes ayant un méningiome ou ayant eu un méningiome par le passé |
| Mise à jour des RCP | Méningiome ajouté comme effet indésirable |
| DHPC | Communication directe envoyée aux professionnels de santé |
| Arrêt du traitement | Obligatoire si un méningiome est diagnostiqué sous traitement |
Spécialités concernées en ville
Désogestrel (comprimés)
| Spécialité | DCI / Dosage |
|---|---|
| Cérazette et génériques | Désogestrel 75 µg |
| Optimizette | Désogestrel 75 µg |
| Désopop | Désogestrel 75 µg |
Étonogestrel
| Spécialité | Forme |
|---|---|
| Nexplanon | Implant sous-cutané |
| NuvaRing et génériques | Anneau vaginal (étonogestrel + éthinylestradiol) |
Symptômes d'alerte à connaître
Le PRAC demande aux professionnels de santé de surveiller et d'informer les patientes sur les symptômes suivants :
- Troubles de la vision
- Perte auditive ou bourdonnements d'oreilles (acouphènes)
- Perte d'odorat (anosmie)
- Aggravation de maux de tête
- Perte de mémoire
- Convulsions
- Faiblesse des membres
La survenue de ces symptômes chez une patiente sous désogestrel ou étonogestrel doit conduire à une consultation médicale.
Historique progestatifs et méningiome
Le désogestrel et l'étonogestrel ne sont pas les premiers progestatifs associés à ce risque. Le PRAC rappelle que les progestatifs suivants sont déjà associés à un risque de méningiome :
| Progestatif | Spécialités courantes |
|---|---|
| Cyprotérone | Androcur, génériques |
| Nomégestrol | Lutényl, génériques |
| Médroxyprogestérone | Dépo-Provera |
| Chlormadinone | Lutéran, génériques |
L'utilisation antérieure de l'un de ces progestatifs doit être prise en compte avant l'initiation d'un contraceptif à base de désogestrel ou d'étonogestrel.
Ce qui change au comptoir
Vérifications à la dispensation
| Point | Action |
|---|---|
| Antécédent de méningiome | Vérifier l'absence d'antécédent personnel (contre-indication absolue) |
| Historique progestatifs | Interroger sur l'utilisation passée de cyprotérone, nomégestrol, médroxyprogestérone ou chlormadinone |
| Durée de traitement | Le risque est associé à une utilisation > 1 an |
| Information patiente | Informer des symptômes d'alerte (voir liste ci-dessus) |
Ce que le pharmacien doit faire
- Mettre à jour le DP : tracer la dispensation pour le suivi ;
- Informer l'équipe : les préparateurs doivent connaître la nouvelle contre-indication ;
- Ne pas alarmer : le risque reste faible (1/67 300), mais l'information doit être délivrée ;
- Orienter vers le médecin : toute patiente présentant un symptôme d'alerte ou ayant un antécédent de méningiome doit être orientée vers son prescripteur.
À retenir
- PRAC juillet 2026 : risque faiblement accru de méningiome avec désogestrel et étonogestrel en utilisation prolongée (> 1 an).
- 1 cas supplémentaire pour 67 300 femmes utilisatrices.
- Contre-indication chez les femmes ayant ou ayant eu un méningiome.
- Spécialités ville : Cérazette/gén., Optimizette, Désopop, Nexplanon, NuvaRing/gén.
- Symptômes d'alerte : troubles visuels, auditifs, céphalées aggravées, perte de mémoire, convulsions.
- Progestatifs déjà à risque : cyprotérone, nomégestrol, médroxyprogestérone, chlormadinone.
- Au comptoir : vérifier antécédent, informer, orienter si symptômes.
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