PharmactuPharmactu
Menu
Médicament·4 min de lecture

STELARA désormais substituable : ce que ça change au comptoir pour l'ustekinumab

Depuis l'arrêté du 10 avril 2026, l'ustekinumab (STELARA) est inscrit sur la liste des biosimilaires substituables en officine. Sept spécialités biosimilaires peuvent désormais remplacer la référence — et vice-versa — sans accord médical préalable. Mode d'emploi pour le pharmacien.

En bref

L'arrêté du 10 avril 2026 inscrit l'ustekinumab (STELARA) dans la liste des groupes biologiques substituables. Le pharmacien peut désormais délivrer l'un des sept biosimilaires disponibles à la place de la référence — et réciproquement — sauf mention contraire du prescripteur. La traçabilité reste obligatoire.

L'arrêté du 10 avril 2026 a modifié la liste des groupes biologiques similaires substituables établie par l'arrêté du 20 février 2025. L'ustekinumab rejoint désormais officiellement cette liste, ouvrant la voie à la substitution en officine entre STELARA® et ses sept biosimilaires autorisés.

Contexte : l'ustekinumab, un médicament biologique aux indications larges

L'ustekinumab est un anticorps monoclonal anti-IL-12/23 indiqué dans quatre pathologies chroniques sévères : le psoriasis en plaques modéré à sévère, le rhumatisme psoriasique, la maladie de Crohn modérée à sévère et la rectocolite hémorragique modérée à sévère.

Commercialisé sous le nom de STELARA® (Janssen), il est prescrit dans des pathologies lourdes, souvent en relais d'autres traitements de fond. Les patients sont suivis en consultation spécialisée (dermatologie, gastro-entérologie, rhumatologie) mais récupèrent régulièrement leur traitement en pharmacie de ville.

Le cadre légal : l'article L. 5125-23-2 du Code de la santé publique

La substituabilité des biologiques en officine est régie par l'article L. 5125-23-2 du Code de la santé publique, issu de la loi de financement de la sécurité sociale 2014 et précisé par les textes ultérieurs. Le principe : le pharmacien peut substituer un médicament biologique de référence par l'un de ses biosimilaires du même groupe — et inversement — sauf si le prescripteur s'y est expressément opposé en portant la mention "non substituable" sur l'ordonnance.

L'arrêté du 10 avril 2026 inscrit l'ustekinumab dans le Groupe 11 de la liste des groupes biologiques substituables.

Les spécialités concernées

Le Groupe 11 comprend l'ensemble des spécialités à base d'ustekinumab disponibles en France :

Nom commercialStatut
STELARA®Référence
IMULDOSA®Biosimilaire
OTULFI®Biosimilaire
PYZCHIVA®Biosimilaire
STEQEYMA®Biosimilaire
USRENTY®Biosimilaire
UZPRUVO®Biosimilaire
WEZENLA®Biosimilaire

La substitution peut s'effectuer dans les deux sens : STELARA® vers biosimilaire, mais aussi biosimilaire vers STELARA® ou d'un biosimilaire à un autre du même groupe.

Ce que ça change au comptoir

La substitution est possible, pas obligatoire. Le pharmacien dispose d'une faculté de substitution — il n'est pas contraint de substituer. Mais il peut désormais le faire sans en référer au prescripteur, sauf opposition explicite.

Vérifier l'ordonnance avant tout. Si le prescripteur a inscrit "non substituable" sur l'ordonnance, aucune substitution n'est possible, quel qu'en soit le motif. Cette mention doit être manuscrite et motivée depuis 2023.

La traçabilité reste une obligation. Toute substitution doit être documentée sur l'ordonnance (nom de la spécialité effectivement délivrée, numéro de lot) et reportée dans le dossier pharmaceutique. La traçabilité du lot est particulièrement importante pour les biologiques, en cas d'effet indésirable à déclaration ultérieure.

Informer le patient. Un patient initié sous STELARA® peut être surpris de recevoir un biosimilaire. L'expliquer clairement — même efficacité, même sécurité, contrôle de l'EMA, économie pour l'Assurance maladie — est une partie intégrante de l'acte de dispensation.

Ne pas substituer en cours de traitement sans raison. Si un patient est stabilisé depuis des mois sous une spécialité donnée, une substitution non médicalement justifiée peut inquiéter inutilement. La substituabilité ouvre un droit, elle n'impose pas une rupture de continuité arbitraire.

À retenir

  • L'arrêté du 10 avril 2026 inscrit l'ustekinumab dans la liste des biosimilaires substituables (Groupe 11).
  • 7 biosimilaires peuvent désormais remplacer STELARA® en officine — et réciproquement.
  • Substitution possible sauf mention "non substituable" du prescripteur.
  • Traçabilité obligatoire : nom de spécialité délivrée + numéro de lot sur l'ordonnance.
  • Informer le patient à chaque substitution.

À lire aussi sur Pharmactu :

À lire aussi

Comprimé pelliculé de bosentan sur surface blanche de laboratoire
Médicament·4 min

Bosentan 125 mg : l'ANSM publie ses recommandations face à la tension d'approvisionnement

Depuis le 17 mars 2026, le bosentan 125 mg est en tension d'approvisionnement en France. L'ANSM a mis à jour sa communication le 20 mai 2026 et détaille les actions à mettre en œuvre pour pallier les difficultés, notamment en officine de ville où les patients HTAP renouvellent leurs ordonnances.

Validé pharmacien
Blister de comprimés blancs sur fond neutre, gros plan macro
Médicament·3 min

Gardénal 50 mg (phénobarbital) : tension d'approvisionnement jusqu'en octobre 2026

L'ANSM signale une tension d'approvisionnement sur Gardénal 50 mg (phénobarbital) du laboratoire Centre Spécialités Pharmaceutiques, depuis le 14 avril 2026. Contingentement quantitatif en ville et à l'hôpital. Retour à la normale annoncé pour octobre 2026. Les autres dosages restent disponibles. Sur une molécule à marge thérapeutique étroite, aucune substitution sauvage : orienter le patient vers son neurologue pour adaptation.

Validé pharmacien
Flacon de médicament biologique tenu dans un laboratoire
Médicament·2 min

Qalsody (tofersen) : la HAS accorde un SMR faible conditionnel dans la SLA-SOD1

La Commission de la transparence de la HAS accorde un service médical rendu faible conditionnel à Qalsody (tofersen, Biogen) dans la sclérose latérale amyotrophique associée à une mutation du gène SOD1. Une première dans cette pathologie sans traitement curatif, mais un accès qui reste hospitalier.

Validé pharmacien