PharmactuPharmactu
Menu
Médicament·4 min de lecture

Traitement hormonal de la ménopause : 500 000 femmes traitées en 2025, les tendances au comptoir

L'ANSM publie un bilan sur l'utilisation du traitement hormonal de la ménopause (THM) en France. Près de 500 000 femmes étaient traitées en 2025, en hausse depuis 2022 après une décennie de recul. La voie transdermique représente 87 % des prescriptions d'estrogènes. Progestérone micronisée en forte hausse, progestatifs de synthèse en net recul. Décryptage des tendances et points de vigilance au comptoir.

En bref

L'ANSM a publié le 25 juin 2026 un bilan sur l'utilisation du traitement hormonal de la ménopause (THM) en France. En 2025, 496 245 femmes étaient traitées par THM, dont 107 949 nouvelles utilisatrices. Après une baisse continue de 2012 à 2022, la tendance s'est inversée : la proportion de femmes de 45 à 60 ans sous THM est passée de 3,6 % en 2022 à 4,4 % en 2025. La voie transdermique (patchs, gels) représente 87 % des prescriptions d'estrogènes en 2024, confirmant l'abandon progressif de la voie orale. La progestérone micronisée et la dydrogestérone représentent jusqu'à 75 % des prescriptions chez les femmes de 45 à 60 ans, avec une hausse de 40 % de la progestérone micronisée et un recul de 60 % des progestatifs de synthèse. Les gynécologues initient 51 % des THM, les médecins généralistes 25 %. L'ANSM rappelle que le THM comporte des risques de thromboembolie veineuse, d'événements cardiovasculaires et de cancer du sein.

Près de 500 000 femmes étaient traitées par un traitement hormonal de la ménopause (THM) en France en 2025. L'ANSM a publié le 25 juin 2026 un bilan complet qui révèle un renversement de tendance : après une décennie de baisse, les prescriptions repartent à la hausse depuis 2022.

Les chiffres clés

IndicateurValeur
Femmes traitées par THM en 2025496 245
Nouvelles utilisatrices en 2025107 949
Part des 45-60 ans sous THM (2025)4,4 %
Part des 45-60 ans sous THM (2022)3,6 %
Part des 45-60 ans sous THM (2012)6,6 %

Le creux a été atteint en 2022. Depuis, la tendance s'est inversée, avec un retour progressif du THM dans les pratiques de prescription.

L'évolution des pratiques de prescription

Voie d'administration : le transdermique domine

VoiePart en 2024
Transdermique (patchs, gels)87 %
Orale13 %

La voie transdermique est désormais largement majoritaire. Cette évolution reflète les recommandations internationales : la voie percutanée est associée à un risque thromboembolique moindre que la voie orale.

Progestatifs : la micronisée s'impose

TendanceÉvolution
Progestérone micronisée+40 %
DydrogestéroneEn hausse
Progestatifs de synthèse−60 %

L'association 17-bêta-estradiol + progestérone micronisée ou dydrogestérone représente jusqu'à 75 % des prescriptions chez les femmes de 45 à 60 ans. C'est le schéma considéré comme le plus favorable en termes de rapport bénéfice-risque.

Estrogènes seuls

Les traitements par estrogènes seuls (sans progestatif associé) représentent 19,8 % des prescriptions en 2024. Ils sont réservés aux femmes hystérectomisées.

Qui prescrit le THM

PrescripteurPart des initiations
Gynécologues51 %
Médecins généralistes25 %
Autres spécialistes24 %

Les gynécologues restent les premiers initiateurs, mais le médecin généraliste représente un quart des nouvelles prescriptions — un chiffre en hausse.

Profil des utilisatrices

L'ANSM note que les nouvelles utilisatrices de THM présentent en moyenne :

  • Un niveau socio-économique plus élevé ;
  • Un recours aux soins plus fréquent ;
  • Moins de comorbidités que les non-utilisatrices ;
  • Des disparités régionales : prescriptions plus fréquentes dans le Sud, en Île-de-France et dans le Nord.

Rappel des risques

L'ANSM rappelle que le THM, quelle que soit la voie d'administration, comporte des risques documentés :

RisqueNiveau de preuve
Thromboembolie veineuseÉtabli (moindre par voie transdermique)
Événements cardiovasculairesÉtabli
Cancer du seinÉtabli (variable selon le type de progestatif)

Ces risques justifient une prescription au cas par cas, à la dose minimale efficace, pour la durée la plus courte possible, avec une réévaluation annuelle.

Points de vigilance au comptoir

1. Vérifier la cohérence de la prescription

  • THM estroprogestatif = femme non hystérectomisée → vérifier la présence du progestatif ;
  • Estrogènes seuls = femme hystérectomisée uniquement ;
  • En cas de doute sur l'indication, contacter le prescripteur.

2. Informer sur la voie transdermique

Beaucoup de patientes ne connaissent pas les avantages de la voie percutanée. Le pharmacien peut rappeler :

  • Application du patch : changer tous les 3-4 jours selon la spécialité, varier les sites ;
  • Gel : appliquer sur une grande surface de peau (bras, cuisses), laisser sécher avant habillage ;
  • Ne pas appliquer sur les seins.

3. Surveiller les signaux d'alerte

Orienter immédiatement vers un médecin en cas de :

  • Douleur thoracique ou dyspnée brutale ;
  • Douleur ou gonflement unilatéral d'un mollet ;
  • Céphalées inhabituelles ou troubles visuels ;
  • Découverte d'une masse mammaire.

4. Accompagner l'observance

Le THM est un traitement symptomatique. Certaines patientes l'interrompent spontanément lorsque les symptômes s'améliorent. Le pharmacien peut rappeler l'importance de la réévaluation médicale annuelle plutôt qu'un arrêt non encadré.

À retenir

  • 496 245 femmes sous THM en France en 2025 (ANSM).
  • Hausse depuis 2022 après une décennie de baisse.
  • 107 949 nouvelles utilisatrices en 2025.
  • Voie transdermique : 87 % des prescriptions d'estrogènes.
  • Progestérone micronisée : +40 %, progestatifs de synthèse : −60 %.
  • Gynécologues : 51 % des initiations, généralistes : 25 %.
  • Risques : thromboembolie, cardiovasculaire, cancer du sein — réévaluation annuelle obligatoire.
  • Au comptoir : vérifier la cohérence, informer sur la voie transdermique, surveiller les signaux d'alerte.

À lire aussi sur Pharmactu :

À lire aussi

Boîtes de médicaments et matériel de préparation magistrale sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·4 min

Quétiapine LP : fin du régime d'exception pour les préparations magistrales le 20 juillet

L'ANSM abroge, à compter du 20 juillet 2026, la recommandation du 10 mars 2025 qui autorisait le pharmacien à remplacer une spécialité de quétiapine à libération prolongée (LP) indisponible par une préparation magistrale de quétiapine à libération immédiate (LI), sans nouvelle prescription médicale. L'Agence justifie cette décision par l'amélioration de l'approvisionnement en quétiapine LP aux dosages 50 mg, 300 mg et 400 mg. À partir du 20 juillet, le pharmacien devra dispenser la quétiapine telle qu'elle est prescrite sur l'ordonnance. La réalisation d'une préparation magistrale de quétiapine LI restera possible, mais uniquement sur ordonnance comportant la mention « Prescription à but thérapeutique en l'absence de spécialité équivalente disponible ». La facturation se fera au prix libre, via le code PMR, avec prise en charge à 65 % par l'Assurance maladie. La FSPF conteste cette décision, estimant que la situation d'approvisionnement en quétiapine 400 mg LP n'est pas totalement rétablie.

Boîtes de médicaments biosimilaires alignées sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·2 min

Biosimilaires : 4 nouveaux groupes ajoutés à la liste de référence ANSM

L'ANSM a publié le 10 juillet 2026 une décision ajoutant 4 nouveaux groupes à la liste de référence des groupes biologiques similaires (article R. 5121-9-1 du CSP). Les biosimilaires ajoutés sont : Ondibta (insuline glargine, référence Lantus), Osqay (dénosumab, référence Prolia), Gotenfia (golimumab, référence Simponi) et Ranluspec (ranibizumab, référence Lucentis). Deux de ces groupes concernent directement l'officine : l'insuline glargine (diabète de type 2) et le dénosumab (ostéoporose). L'inscription ouvre la possibilité de substitution par le pharmacien dans les conditions prévues par l'article L. 5125-23-4 du CSP.

Seringue de vaccin antigrippal posée sur une ordonnance médicale, ambiance officine sobre
Médicament·4 min

Vaccins grippe : prescription obligatoire dès le 10 juillet 2026

L'ANSM a publié le 9 juillet 2026 une décision inscrivant les vaccins contenant le virus de la grippe sur la liste I des substances vénéneuses, à compter du 10 juillet 2026. La prescription devient obligatoire pour la dispensation. Le pharmacien conserve toutefois son droit de prescrire et d'administrer le vaccin, au même titre que les médecins, sages-femmes et infirmiers. Les bons de prise en charge de l'Assurance maladie pour la campagne saisonnière restent inchangés. Cette inscription s'inscrit dans le cadre de l'article 55 de la LFSS 2026, qui autorise les médecins, sages-femmes et infirmiers à stocker des vaccins : l'inscription sur liste I encadre juridiquement la chaîne prescription-dispensation-administration pour l'ensemble des professionnels habilités. L'étiquetage des boîtes sera progressivement mis à jour, les stocks existants pouvant être utilisés pendant la transition.