Cannabis à usage médical : l'ANSM met à jour la liste des PUI et officines engagées dans l'expérimentation (8 juin 2026)
L'ANSM a publié le 8 juin 2026 une mise à jour de la liste, par région, des pharmacies à usage intérieur (PUI) et officines de ville engagées dans l'expérimentation française du cannabis à usage médical. Le dispositif, encadré par la LFSS 2020 et le décret n° 2020-1230 du 7 octobre 2020, organise la dispensation de cannabis à des patients souffrant de cinq pathologies en impasse thérapeutique. Récapitulatif du cadre, des indications et des modalités pour l'officine.
L'ANSM a publié le 8 juin 2026 une mise à jour de la liste, par région, des pharmacies à usage intérieur (PUI) et des officines de ville engagées dans l'expérimentation française du cannabis à usage médical. Le dispositif s'inscrit dans le cadre fixé par l'article 43 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, le décret n° 2020-1230 du 7 octobre 2020 et les arrêtés d'application. Cinq indications thérapeutiques sont retenues : douleurs neuropathiques réfractaires, épilepsies pharmacorésistantes, soins de support en oncologie, situations palliatives et spasticité douloureuse de la sclérose en plaques. La prescription initiale relève de structures de référence ; le renouvellement et la dispensation peuvent être assurés en officine de ville pour les pharmacies volontairement engagées et formées au protocole.
L'ANSM a publié le 8 juin 2026 une mise à jour de la liste — par région — des pharmacies à usage intérieur (PUI) et des officines de ville engagées dans l'expérimentation française du cannabis à usage médical. Cette mise à jour intervient dans le cadre du dispositif national de dispensation du cannabis médical, lancé en mars 2021 et reconduit depuis. Récapitulatif du cadre, des indications, du circuit et des conséquences pour les officines volontaires.
Le cadre légal de l'expérimentation
L'expérimentation française du cannabis à usage médical repose sur trois textes fondateurs :
- Article 43 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020, qui en pose le principe ;
- Décret n° 2020-1230 du 7 octobre 2020 relatif à l'expérimentation de l'usage médical du cannabis, qui en fixe le périmètre opérationnel ;
- Arrêté du 16 octobre 2020 fixant la liste des médicaments à base de cannabis pouvant être utilisés dans le cadre de l'expérimentation, complété par les arrêtés ultérieurs.
L'ANSM est désignée comme autorité chargée du pilotage du dispositif, en lien avec les structures prescriptrices et les pharmacies inscrites.
Cinq indications thérapeutiques retenues
L'expérimentation est strictement limitée à cinq indications, toutes en situations d'impasse thérapeutique :
| Indication | Champ |
|---|---|
| Douleurs neuropathiques réfractaires | Quand les traitements habituels (antiépileptiques, antidépresseurs, opioïdes…) sont inefficaces ou insuffisamment tolérés |
| Certaines formes d'épilepsie sévères et pharmacorésistantes | Notamment chez l'enfant |
| Soins de support en oncologie | Notamment pour les symptômes liés aux traitements anticancéreux |
| Situations palliatives | En soutien de la prise en charge symptomatique |
| Spasticité douloureuse de la sclérose en plaques | Et d'autres pathologies du système nerveux central |
L'inscription du patient dans l'expérimentation est conditionnée à l'évaluation par une équipe d'une structure de référence volontaire, conformément au cadre fixé par les arrêtés en vigueur.
Le circuit : prescription, dispensation, suivi
Le dispositif prévoit un parcours strictement encadré :
1. Prescription initiale. Elle est réalisée par un médecin exerçant dans une structure volontaire (centre hospitalier, centre de référence) identifiée par l'ANSM. Le médecin et le patient renseignent un registre national de suivi dédié à l'expérimentation.
2. Renouvellement. Une fois la prescription initiale réalisée, le renouvellement peut être assuré par un médecin en ville, dans le respect du protocole et du suivi inscrit au registre national.
3. Dispensation. Elle est assurée :
- soit par une pharmacie à usage intérieur (PUI) d'un établissement de santé ;
- soit par une officine de ville engagée volontairement dans l'expérimentation et inscrite sur la liste publiée par l'ANSM.
4. Suivi et pharmacovigilance. Le pharmacien dispensateur participe à la traçabilité (numéros de lot, durée du traitement, conditions de délivrance) et à la pharmacovigilance via le registre national.
La mise à jour du 8 juin 2026
L'ANSM a actualisé la liste des PUI et officines participant à l'expérimentation, publiée par région sous forme d'un fichier accessible sur son site. Cette mise à jour reflète l'évolution du dispositif : entrées de nouvelles officines volontaires et, le cas échéant, sorties.
La consultation de cette liste permet :
- au patient et au prescripteur d'identifier l'officine la plus proche en mesure de délivrer le traitement ;
- au pharmacien titulaire intéressé de vérifier sa propre inscription ou de s'informer sur les modalités d'engagement.
Comment s'engager comme officine
Une officine volontaire pour participer à l'expérimentation doit :
- Adresser une demande d'inscription auprès de l'ANSM selon les modalités prévues ;
- S'engager à former le pharmacien titulaire et l'équipe à la dispensation du cannabis médical et à l'utilisation du registre national ;
- Respecter les conditions de stockage, de traçabilité et de pharmacovigilance fixées par les textes ;
- Accepter les modalités de contrôle et de remontée d'information à l'ANSM.
Les modalités précises d'inscription et la documentation sont publiées et tenues à jour par l'ANSM sur son site dédié à l'expérimentation.
Points de vigilance au comptoir
1. Dispensation strictement encadrée. Seuls les pharmaciens titulaires et adjoints formés au protocole peuvent assurer la dispensation. Le respect de la traçabilité et du registre national est une condition impérative.
2. Information du patient. Le pharmacien rappelle au patient les conditions de conservation, les effets indésirables possibles, les contre-indications et les interactions à signaler. Le suivi clinique reste assuré par le prescripteur initial et le médecin renouveleur.
3. Articulation avec le prescripteur. En cas de doute sur la prescription ou la posologie, le pharmacien prend contact avec la structure prescriptrice ou le médecin renouveleur.
4. Conduite à tenir face à un patient hors dispositif. Si un patient demande spontanément du cannabis « médical » hors cadre de l'expérimentation, le pharmacien rappelle qu'aucune dispensation hors expérimentation n'est possible dans le cadre légal actuel et oriente le patient vers son médecin traitant pour évaluation.
À retenir
- Mise à jour ANSM du 8 juin 2026 : nouvelle version de la liste, par région, des PUI et officines engagées dans l'expérimentation cannabis médical.
- Cadre légal : article 43 LFSS 2020 (loi du 24/12/2019), décret n° 2020-1230 du 7/10/2020, arrêté du 16/10/2020 et arrêtés ultérieurs.
- Cinq indications : douleurs neuropathiques réfractaires, épilepsies sévères pharmacorésistantes, soins de support en oncologie, situations palliatives, spasticité douloureuse de la sclérose en plaques.
- Circuit : prescription initiale en structure de référence, renouvellement possible en ville, dispensation PUI ou officine engagée.
- Registre national de suivi obligatoire pour tous les acteurs.
- Officine volontaire : inscription auprès de l'ANSM + formation pharmacien et équipe + conditions de traçabilité et pharmacovigilance à respecter.
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L'ANSM a mis en place une attestation d'information partagée obligatoire pour toute dispensation de finastéride oral 1 mg, indiqué dans l'alopécie androgénétique masculine chez l'homme de 18 à 41 ans. Depuis le 16 avril 2026, l'attestation est requise pour toute initiation de traitement. Depuis le 16 juin 2026, elle est également requise pour les renouvellements. Le document doit être cosigné par le médecin prescripteur et le patient, attestant que les risques ont été discutés : troubles psychiatriques (humeur dépressive, dépression, idées suicidaires), dysfonctions sexuelles (troubles de l'érection, de l'éjaculation, baisse de la libido) et possibilité de persistance de ces effets après l'arrêt du traitement. Le médecin en conserve un exemplaire dans le dossier médical. Le pharmacien doit exiger la présentation de l'attestation cosignée en plus de l'ordonnance pour délivrer le médicament. Toutes les spécialités de finastéride 1 mg sont concernées, y compris les génériques (Arrow, Biogaran, EG, Sandoz, Teva et autres). Cette mesure fait suite à la réévaluation européenne de 2025 par l'EMA confirmant le risque d'idées suicidaires sous finastéride.
Clomid 50 mg (clomifène citrate) en rupture de stock : remise à disposition estimée à début novembre 2026
L'ANSM a actualisé le 9 juin 2026 sa fiche de disponibilité concernant Clomid 50 mg, comprimé (clomifène citrate, laboratoire Fidia). Le médicament est en rupture de stock depuis le 17 février 2026. La remise à disposition est estimée à début novembre 2026, soit environ huit mois de rupture cumulée. Clomid est indiqué dans le traitement de certaines stérilités, comme test diagnostique et thérapeutique dans certaines aménorrhées, et dans le déclenchement de l'ovulation dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation (AMP). L'ANSM a interdit la vente et l'exportation du médicament par les grossistes-répartiteurs vers l'étranger pour préserver les stocks français destinés aux patientes engagées dans un parcours de fertilité. Tout changement de protocole relève d'une décision du prescripteur ; le pharmacien d'officine joue un rôle clé dans l'orientation et l'information de la patiente.
Wegovy et Mounjaro remboursés à partir du 15 juin 2026 : le guide pratique pour l'officine
À compter du 15 juin 2026, Wegovy (sémaglutide, Novo Nordisk) et Mounjaro (tirzépatide, Lilly) sont pris en charge à 65 % par l'assurance maladie dans le traitement de l'obésité chez l'adulte. Mounjaro est également remboursé dans le diabète de type 2 en association. Les arrêtés du 23 mai 2026 (JO du 28 mai) ont inscrit les deux spécialités sur la liste des médicaments remboursables. Deux nouveaux arrêtés du 10 juin 2026 (JO du 12 juin) ont complété le dispositif en élargissant les prescripteurs autorisés et en clarifiant la notion d'IMC initial. Les conditions d'éligibilité dans l'obésité sont les suivantes : IMC ≥ 40 kg/m² sans comorbidité, ou IMC ≥ 35 kg/m² avec au moins une comorbidité parmi une liste de quinze pathologies (diabète de type 2, HTA traitée, SAHOS, SOPK, stéatohépatite, etc.). Le patient doit avoir échoué à une prise en charge nutritionnelle bien conduite (perte de poids inférieure à 5 % à six mois). La prescription initiale dans l'obésité est réservée aux médecins exerçant en centres spécialisés de l'obésité (CSO), en CHU, en SMR spécialisés, aux endocrinologues en lien avec un CSO, aux médecins compétents en nutrition et aux chirurgiens bariatriques titulaires du DIU. Le renouvellement peut être effectué par tout médecin. Un document de justification, rempli via le téléservice Ameli, doit être remis au patient et présenté en pharmacie lors de la dispensation. Les prix TTC vont de 146,91 € (Wegovy 0,25 mg) à 433,80 € (Mounjaro 15 mg). Les deux spécialités se conservent au réfrigérateur entre 2 °C et 8 °C.