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Santé publique·4 min de lecture

Antibiotiques en soins dentaires : la HAS resserre le bon usage

La HAS publie le 14 septembre 2026 de nouvelles recommandations de bonne pratique sur la prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire. Amoxicilline en première intention, antibioprophylaxie non systématique, pas d'association automatique avec un anti-inflammatoire : les points clés, et ce qu'ils changent à la délivrance des ordonnances de chirurgiens-dentistes.

En bref

La Haute Autorité de santé publie le 14 septembre 2026 de nouvelles recommandations de bonne pratique sur la prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire, dans un objectif de pertinence des soins et de lutte contre l'antibiorésistance. Les chirurgiens-dentistes sont, selon l'Assurance Maladie, les deuxièmes prescripteurs d'antibiotiques en ville derrière les médecins généralistes. La HAS rappelle que les douleurs dentaires sont le plus souvent d'origine inflammatoire et ne justifient pas à elles seules une antibiothérapie : la prise en charge repose d'abord sur un geste local et un traitement antalgique adapté. L'antibioprophylaxie, prescrite avant certains soins, ne doit pas être systématique et se limite aux situations à bénéfice avéré. Face à une infection, l'antibiothérapie n'est pas toujours nécessaire ; lorsqu'elle l'est, elle accompagne autant que possible un geste local, avec une réévaluation à 48 à 72 heures et une durée de traitement courte, aussi efficace qu'une durée longue dans de nombreuses infections. L'amoxicilline reste l'antibiotique de première intention dans la majorité des situations, avec des alternatives en cas d'allergie avérée ou de contre-indication. Enfin, la HAS recommande de ne pas associer systématiquement un antibiotique à un anti-inflammatoire, stéroïdien ou non. Des fiches outils sont mises à disposition des médecins, des chirurgiens-dentistes et des patients.

La Haute Autorité de santé publie le 14 septembre 2026 de nouvelles recommandations de bonne pratique sur la prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire. L'objectif : réduire les prescriptions inutiles, au nom de la pertinence des soins et de la lutte contre l'antibiorésistance. Un sujet très concret au comptoir, car le pharmacien délivre les ordonnances des chirurgiens-dentistes.

Pourquoi cette recommandation

Les chirurgiens-dentistes sont, selon l'Assurance Maladie, les deuxièmes prescripteurs d'antibiotiques en ville, derrière les médecins généralistes (données 2022). Certaines situations justifient un antibiotique, mais d'autres non, et l'usage excessif ou inapproprié alimente l'antibiorésistance.

ÉlémentDétail
AuteurHaute Autorité de santé
Date14 septembre 2026
NatureRecommandation de bonne pratique
À la demande deConseil National Professionnel des Chirurgiens-dentistes
CadreStratégie nationale 2022-2025 de prévention des infections et de l'antibiorésistance
PublicAdultes et enfants, population générale comme patients à risque infectieux augmenté
OutilsFiches à destination des médecins, des chirurgiens-dentistes et des patients

Les messages clés

La douleur dentaire n'est pas une indication d'antibiotique

Les douleurs dentaires sont le plus souvent d'origine inflammatoire. Elles ne nécessitent pas, à elles seules, d'antibiothérapie. La prise en charge repose d'abord sur un geste local traitant la cause, et sur un traitement antalgique adapté.

L'antibioprophylaxie n'est pas systématique

Prescrite avant certains soins, l'antibioprophylaxie (antibiotique administré à titre préventif) se limite aux situations à bénéfice avéré, selon le type d'acte et le profil du patient :

  • certaines situations en population générale ;
  • patients à risque infectieux augmenté ;
  • patients à haut risque d'ostéonécrose des mâchoires.

Face à une infection, l'antibiotique n'est pas toujours nécessaire

PointRecommandation de la HAS
IndicationL'antibiothérapie n'est pas toujours nécessaire face à une infection
AssociationQuand elle l'est, elle accompagne autant que possible un geste local traitant la cause
RéévaluationÀ 48 à 72 heures après le début du traitement
DuréeUne durée courte est aussi efficace qu'une durée longue dans de nombreuses infections
MoléculeAmoxicilline en première intention dans la majorité des situations ; alternatives en cas d'allergie avérée ou de contre-indication

Pas d'association automatique antibiotique + anti-inflammatoire

Les données disponibles ne montrent pas d'intérêt à prescrire automatiquement un antibiotique en même temps qu'un anti-inflammatoire en pratique bucco-dentaire. La HAS recommande de ne pas associer systématiquement les deux, que l'anti-inflammatoire soit stéroïdien ou non stéroïdien.

Au comptoir : conduite à tenir

SituationCe que fait le pharmacien
Patient avec une douleur dentaire, sans ordonnanceOrienter vers le chirurgien-dentiste pour le geste local ; un antalgique adapté soulage, l'antibiotique n'est pas la réponse de première ligne
Ordonnance dentaire avec amoxicillineDélivrance conforme à la recommandation de première intention ; vérifier l'absence d'allergie connue
Ordonnance associant antibiotique et anti-inflammatoireSituation désormais déconseillée en systématique : en cas de doute, contacter le prescripteur
Relais des fiches patientsLa HAS met à disposition des fiches destinées aux patients : le pharmacien peut les relayer pour expliquer pourquoi un antibiotique n'est pas toujours prescrit
Message de fondRappeler que le bon usage des antibiotiques préserve leur efficacité collective

À retenir

  • La HAS publie le 14 septembre 2026 de nouvelles recommandations sur les antibiotiques en pratique bucco-dentaire.
  • Douleur dentaire le plus souvent inflammatoire : geste local et antalgique d'abord, pas d'antibiotique systématique.
  • Antibioprophylaxie réservée aux situations à bénéfice avéré (dont patients à risque infectieux augmenté ou à haut risque d'ostéonécrose des mâchoires).
  • Amoxicilline en première intention ; réévaluation à 48-72 heures ; durée courte privilégiée.
  • Pas d'association automatique antibiotique + anti-inflammatoire.
  • Les chirurgiens-dentistes sont les 2e prescripteurs d'antibiotiques en ville : ces ordonnances passent au comptoir.

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