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Prévention des bronchiolites à VRS : sécurité confirmée, erreurs médicamenteuses persistantes

L'ANSM confirme le bon profil de sécurité des traitements préventifs contre le VRS sur la campagne 2025-2026, à partir de deux enquêtes de pharmacovigilance (CRPV de Rouen et Nice). Elle signale des erreurs médicamenteuses persistantes, notamment l'administration d'un vaccin au nourrisson à la place de l'anticorps monoclonal. Ce que le pharmacien doit distinguer au comptoir.

En bref

L'ANSM publie le bilan de pharmacovigilance de la campagne 2025-2026 de prévention des infections à virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite du nourrisson. Cette surveillance repose sur deux enquêtes nationales menées avec les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) de Rouen et de Nice. Les données confirment le bon profil de sécurité des traitements préventifs. Pour les vaccins de l'adulte (Abrysvo, Arexvy, mResvia), aucun nouveau risque n'a été identifié et la majorité des cas déclarés sont des erreurs médicamenteuses sans effet indésirable. Chez la femme enceinte vaccinée par Abrysvo, aucun nouveau risque n'est identifié : une dizaine d'accouchements prématurés ont été déclarés sans lien établi avec le vaccin, et l'étude Epi-Phare sur les femmes vaccinées entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée ne montre pas d'augmentation du risque de prématurité. Deux cas de paralysie faciale d'évolution favorable ont été signalés, avec des données insuffisantes pour établir un lien. Pour l'anticorps monoclonal nirsevimab (Beyfortus) chez le nourrisson, aucun nouveau risque n'est identifié et son efficacité a été confirmée par Epi-Phare. Le point de vigilance reste les erreurs médicamenteuses, en particulier l'administration d'un vaccin contre le VRS à un nourrisson à la place d'un anticorps monoclonal, une dose incorrecte ou une double administration. L'ANSM met à disposition une fiche d'information synthétique, et le carnet de maternité permet désormais de renseigner la vaccination de la mère par Abrysvo. L'administration de l'anticorps monoclonal au nourrisson n'est recommandée qu'en cas de naissance moins de 14 jours après la vaccination maternelle. Un nouvel anticorps, Enflonsia (clesrovimab), est ajouté au périmètre de surveillance.

L'ANSM publie le bilan de pharmacovigilance de la campagne 2025-2026 de prévention des infections à virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite du nourrisson. Le message est double : les données confirment le bon profil de sécurité des traitements préventifs, mais des erreurs médicamenteuses persistent. La principale, à connaître au comptoir : administrer un vaccin à un nourrisson à la place d'un anticorps monoclonal.

Deux enquêtes de pharmacovigilance

La surveillance repose sur deux enquêtes nationales menées avec les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) de Rouen et de Nice. Elles couvrent les deux grandes catégories de traitements préventifs.

PublicTraitement préventif
AdulteVaccins Abrysvo, Arexvy, mResvia
Femme enceinteVaccin Abrysvo (protection transmise au fœtus)
NourrissonAnticorps monoclonal nirsevimab (Beyfortus)
Nouveauté sous surveillanceAnticorps monoclonal Enflonsia (clesrovimab), récemment autorisé

Ce que confirment les données 2025-2026

Vaccins chez l'adulte

Sur la période de début mars 2025 à fin février 2026, les données des vaccins Abrysvo, Arexvy et mResvia n'ont pas mis en évidence de nouveau risque. La majorité des cas déclarés concernent des erreurs médicamenteuses sans effet indésirable associé.

Abrysvo chez la femme enceinte

Aucun nouveau risque n'a été identifié.

SignalCe que disent les données
Accouchements prématurésUne dizaine de cas déclarés, sans lien établi avec le vaccin
Étude Epi-Phare (campagne 2024-2025)Chez les femmes vaccinées entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée, pas d'augmentation du risque d'accouchement prématuré
Paralysie faciale2 cas d'évolution favorable, données insuffisantes pour établir un lien
Bronchiolites malgré la vaccination maternelleSignalées surtout chez des femmes vaccinées très peu de temps avant l'accouchement : plusieurs jours sont nécessaires pour produire puis transmettre les anticorps au fœtus

Nirsevimab (Beyfortus) chez le nourrisson

Aucun nouveau risque n'a été identifié. Comme l'année précédente, plus de la moitié des déclarations concernent des nourrissons ayant développé une bronchiolite à VRS malgré l'administration de Beyfortus, généralement sans conséquence grave. Une étude comparative d'Epi-Phare a confirmé en 2025 l'efficacité du nirsevimab. Les risques potentiels évoqués dans le premier rapport 2023-2024 (syndrome grippal, diminution de l'appétit, baisse du tonus musculaire, risque d'accident vasculaire cérébral) ne sont pas confirmés, mais restent suivis par précaution.

Le vrai point de vigilance : les erreurs médicamenteuses

C'est le message opérationnel de l'ANSM. Les erreurs déclarées peuvent être :

  • l'administration d'un vaccin contre le VRS à un nourrisson, à la place d'un anticorps monoclonal ;
  • l'administration d'une dose incorrecte ;
  • une double administration.

Ces erreurs font courir un risque réel : absence de protection contre le VRS, ou survenue d'effets indésirables.

Deux outils sont mis en avant pour les éviter :

OutilÀ quoi il sert
Fiche d'information synthétique de l'ANSMRappelle les spécificités de chaque traitement préventif (destinée aux professionnels de santé)
Carnet de maternitéPermet désormais de renseigner la vaccination de la mère par Abrysvo, pour éviter une administration superflue d'anticorps monoclonal au nourrisson

Point clé à retenir sur la logique de protection : l'administration de l'anticorps monoclonal au nourrisson n'est recommandée qu'en cas de naissance moins de 14 jours après la vaccination maternelle. Passé ce délai, la mère a eu le temps de transmettre ses anticorps, et une injection d'anticorps à l'enfant devient superflue.

Au comptoir : conduite à tenir

SituationCe que fait le pharmacien
Délivrance d'un traitement préventifBien distinguer le vaccin (mère ou adulte) de l'anticorps monoclonal (nourrisson). Ce ne sont ni les mêmes produits, ni la même cible
Parents d'un nouveau-néVérifier si la mère a été vaccinée par Abrysvo et à quel moment : l'anticorps au nourrisson n'est utile qu'en cas de naissance moins de 14 jours après la vaccination maternelle
Inquiétude sur la sécuritéRassurer : les données de la campagne 2025-2026 confirment le bon profil de sécurité des vaccins et du nirsevimab
Bronchiolite survenue malgré BeyfortusSituation connue et le plus souvent sans gravité ; l'efficacité globale du nirsevimab est confirmée
Erreur ou effet indésirable constatéLe déclarer sur le portail des signalements ; c'est ce qui alimente la surveillance

À retenir

  • Bilan de pharmacovigilance 2025-2026 : le profil de sécurité des traitements préventifs contre le VRS est confirmé (vaccins Abrysvo, Arexvy, mResvia et anticorps nirsevimab Beyfortus).
  • Chez la femme enceinte vaccinée par Abrysvo, aucun nouveau risque ; l'étude Epi-Phare (vaccination entre 32 et 36 semaines d'aménorrhée) ne montre pas d'augmentation du risque de prématurité.
  • Le point de vigilance reste les erreurs médicamenteuses : vaccin administré au nourrisson à la place de l'anticorps, dose incorrecte, double administration.
  • L'anticorps monoclonal au nourrisson n'est recommandé qu'en cas de naissance moins de 14 jours après la vaccination maternelle.
  • Un nouvel anticorps, Enflonsia (clesrovimab), entre dans le périmètre de surveillance.

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