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Infirmiers en pratique avancée : l'accès direct testé dans six départements à partir du 1er décembre

Le décret n° 2026-985 du 23 octobre 2026 et un arrêté du même jour lancent l'expérimentation de l'accès direct aux infirmiers en pratique avancée exerçant en CPTS : Hérault, Loiret, Martinique, Mayotte, Val-d'Oise et Yonne, pour cinq ans à partir du 1er décembre 2026. Les conditions, le rôle du médecin traitant et ce que l'officine doit savoir.

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La Rédaction· Équipe éditoriale
Rédaction
En bref

Le décret n° 2026-985 du 23 octobre 2026, publié au Journal officiel du 24 octobre, fixe les modalités de l'expérimentation prévue par la loi du 19 mai 2023 (dite loi Rist) : les infirmiers en pratique avancée (IPA) exerçant dans une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) peuvent prendre en charge directement les patients, sans passage préalable par un médecin. Un arrêté du même jour retient six départements, sélectionnés après appel à projets : Hérault, Loiret, Martinique, Mayotte, Val-d'Oise et Yonne. La loi limitait l'expérimentation à six départements, dont deux d'outre-mer. Elle débute le 1er décembre 2026 pour cinq ans. L'IPA déclare sa participation à l'agence régionale de santé (ARS) via une application sur son site, en justifiant de son exercice en CPTS ; l'ARS publie la liste des IPA autorisés et la transmet aux caisses locales d'assurance maladie. En cas de besoin, le patient est réorienté vers son médecin traitant ou un autre médecin. Après chaque consultation, un compte rendu est adressé au médecin traitant et reporté dans le dossier médical partagé. Les ARS évaluent l'expérimentation, notamment le nombre de patients reçus en accès direct, les motifs de consultation, les événements indésirables et la part de patients orientés vers un médecin. Le décret ne modifie pas le champ de prescription des IPA.

Les infirmiers en pratique avancée (IPA) pourront recevoir des patients sans passage préalable par un médecin dans six départements, à partir du 1er décembre 2026. Le décret n° 2026-985 et un arrêté du 23 octobre lancent l'expérimentation prévue par la loi du 19 mai 2023. Qui est concerné, comment ça fonctionne, et ce que l'officine doit savoir.

Les six départements retenus

DépartementRégion
HéraultOccitanie
LoiretCentre-Val de Loire
MartiniqueOutre-mer
MayotteOutre-mer
Val-d'OiseÎle-de-France
YonneBourgogne-Franche-Comté

Les départements ont été sélectionnés à l'issue d'un appel à projets. La loi du 19 mai 2023 limitait l'expérimentation à six départements, dont deux d'outre-mer.

Le calendrier

ÉtapeDate
Loi n° 2023-379 (article 1er, IV)19 mai 2023
Avis HAS sur le projet de décret2 juillet 2026
Décret n° 2026-985 et arrêté des territoires23 octobre 2026, publiés au JO du 24 octobre
Début de l'expérimentation1er décembre 2026
DuréeCinq ans

Comment ça fonctionne

PointCe que prévoit le décret
QuiUn IPA qui exerce dans une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) située dans l'un des six départements
InscriptionDéclaration à l'ARS via une application sur son site, avec un justificatif d'exercice en CPTS
Liste publiqueL'ARS publie sur son site la liste des IPA autorisés dans chaque département, et la transmet aux caisses locales d'assurance maladie
Prise en chargeL'IPA peut prendre en charge directement les patients
RéorientationEn cas de besoin, vers le médecin traitant, un médecin impliqué dans la prise en charge ou exerçant dans la CPTS, ou à défaut tout autre médecin
Compte renduAdressé au médecin traitant de façon sécurisée, et reporté dans le dossier médical partagé (ou, à défaut, le dossier informatisé du patient)
DéclarationsPossibles jusqu'à six mois avant la fin du dispositif

Ce que les ARS vont mesurer

Les ARS évaluent l'expérimentation sur leur territoire et centralisent chaque année, notamment :

  • le nombre d'IPA participants ;
  • le nombre de patients reçus en accès direct et les motifs de consultation ;
  • le nombre moyen de consultations par patient et le nombre d'actes ;
  • le nombre de dossiers médicaux partagés mis à jour ;
  • les événements indésirables éventuels ;
  • le pourcentage de patients orientés vers un médecin.

Le Gouvernement doit remettre au Parlement un rapport d'évaluation au plus tard six mois avant le terme, qui se prononcera notamment sur une généralisation.

Ce que l'officine doit savoir

  • Des patients sans consultation médicale préalable : dans les six départements, à partir du 1er décembre, un patient pourra présenter une ordonnance d'IPA sans avoir vu de médecin avant.
  • Le champ de prescription ne change pas : le décret porte sur l'accès direct, pas sur ce que l'IPA peut prescrire. Ses prescriptions restent encadrées par les textes pris en application de l'article L. 4301-1 du code de la santé publique.
  • Vérifier la participation : la liste des IPA autorisés est publiée sur le site de l'ARS du département.
  • Le parallèle avec le pharmacien : la prise en charge directe de situations cliniques par le pharmacien d'officine (OSyS) a aussi son décret depuis le 28 octobre, mais attend encore l'arrêté listant les situations cliniques.

À retenir

  • Accès direct aux IPA exerçant en CPTS, à titre expérimental, à partir du 1er décembre 2026, pour cinq ans.
  • Six départements : Hérault, Loiret, Martinique, Mayotte, Val-d'Oise, Yonne.
  • Déclaration à l'ARS, liste des IPA autorisés publiée sur son site.
  • Compte rendu au médecin traitant et dans le DMP après chaque consultation.
  • Pas de changement du champ de prescription des IPA.

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