Kinésithérapeutes : leur droit de prescription s'élargit aux médicaments
Un arrêté du 14 septembre 2026 fixe la nouvelle liste des produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés à prescrire. Il abroge l'arrêté de 2006 et ajoute, pour la première fois, des médicaments : antalgiques de palier 1, myorelaxants, substituts nicotiniques, mucolytiques, antiseptiques locaux. Ce que le pharmacien va voir passer au comptoir.
Un arrêté du 14 septembre 2026, publié au Journal officiel du 16 septembre 2026, fixe la liste des produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes sont autorisés à prescrire à leurs patients, dans le cadre de l'exercice de leur compétence et hors produits utilisés pendant la séance. Il abroge l'arrêté du 9 janvier 2006, qui ne portait que sur des dispositifs médicaux, et élargit nettement le périmètre. La nouveauté marquante pour l'officine est l'ajout de médicaments : substituts nicotiniques, mucolytiques, antiseptiques locaux hors produits iodés, myorelaxants à l'exclusion des formes injectables, et antalgiques de palier 1 selon la classification de l'OMS, également hors formes injectables. À cela s'ajoute une large liste de dispositifs médicaux : aides au soulèvement et à la déambulation, supports de prévention d'escarre, fauteuils roulants en location pour moins de trois mois, lit médicalisé en location, orthèses et attelles, contention, dispositifs de rééducation respiratoire, oxymètre, tensiomètre, pansements et bien d'autres. Le pharmacien sera donc amené à délivrer des ordonnances de kinésithérapeutes comportant, en plus des dispositifs médicaux, ces médicaments.
Un arrêté du 14 septembre 2026, publié au Journal officiel du 16 septembre, redéfinit ce que les masseurs-kinésithérapeutes peuvent prescrire. Le changement notable : il abroge l'arrêté de 2006, qui ne portait que sur des dispositifs médicaux, et ouvre pour la première fois leur prescription à des médicaments. Des ordonnances que le pharmacien va délivrer au comptoir.
Ce qui change
Jusqu'ici, la prescription des kinésithérapeutes reposait sur l'arrêté du 9 janvier 2006, limité à une liste de dispositifs médicaux. Le nouveau texte l'abroge et fixe une liste beaucoup plus large, dans un cadre précis : « à l'exclusion des produits et matériels utilisés pendant la séance, sauf indication contraire du médecin », le kinésithérapeute prescrit « dans le cadre de l'exercice de sa compétence ».
La nouveauté : des médicaments
C'est le point qui concerne directement l'officine. L'arrêté ajoute cinq catégories de médicaments à la prescription des kinésithérapeutes.
| Médicament | Précision |
|---|---|
| Antalgiques de palier 1 | Selon la classification de l'OMS (antalgiques non opioïdes : paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens, aspirine), à l'exclusion des formes injectables |
| Myorelaxants | À l'exclusion des formes injectables |
| Substituts nicotiniques | Accompagnement du sevrage tabagique |
| Mucolytiques | Fluidification des sécrétions bronchiques |
| Antiseptiques locaux | Hors produits à composés iodés |
Le texte prévoit par ailleurs que les kinésithérapeutes peuvent se procurer, pour leur usage professionnel, des antiseptiques locaux hors produits iodés.
Une large liste de dispositifs médicaux
Au-delà des médicaments, l'arrêté élargit aussi la liste des dispositifs médicaux prescriptibles. Parmi eux :
- aides au soulèvement et au transfert (potences, soulève-malades, planches et guidons de transfert) ;
- prévention d'escarre (matelas, sur-matelas et coussins adaptés) ;
- aides à la déambulation (cannes, béquilles, déambulateur) ;
- fauteuils roulants en location pour une durée de moins de trois mois, lit médicalisé en location ;
- orthèses et attelles, contention lombaire, cervicale, veineuse de série ;
- rééducation respiratoire (aérosols d'humidification, chambre d'inhalation, spiromètre, aspirateur trachéal) ;
- oxymètre, saturomètre, tensiomètre ;
- pansements, cryothérapie, sérum physiologique, crèmes émollientes et cicatrisantes.
Au comptoir : conduite à tenir
| Situation | Ce que fait le pharmacien |
|---|---|
| Ordonnance de kinésithérapeute avec un médicament | La délivrance est possible pour les catégories désormais autorisées (antalgiques de palier 1, myorelaxants, substituts nicotiniques, mucolytiques, antiseptiques locaux hors iodés) |
| Formes injectables | Les myorelaxants et antalgiques de palier 1 sont autorisés hors formes injectables : une forme injectable sur ordonnance de kinésithérapeute sort du cadre |
| Antiseptiques | Autorisés hors produits iodés |
| Cadre de la prescription | La prescription s'entend « dans le cadre de la compétence » du kinésithérapeute et hors produits utilisés pendant la séance |
| Doute sur le périmètre | En cas d'incertitude, se référer au texte ou contacter le prescripteur |
À retenir
- Un arrêté du 14 septembre 2026 (JORF du 16 septembre) fixe la nouvelle liste des produits que les kinésithérapeutes peuvent prescrire et abroge l'arrêté de 2006.
- Nouveauté : l'ajout de médicaments à leur prescription : antalgiques de palier 1 et myorelaxants (hors formes injectables), substituts nicotiniques, mucolytiques, antiseptiques locaux hors iodés.
- Une large liste de dispositifs médicaux est également prévue (aides techniques, orthèses, fauteuils roulants en location de moins de trois mois, lit médicalisé, rééducation respiratoire).
- La prescription s'exerce « dans le cadre de la compétence » du kinésithérapeute.
- Concrètement, l'officine va délivrer ces ordonnances : un nouveau prescripteur à intégrer au comptoir.
À lire aussi sur Pharmactu :
À lire aussi
Infirmiers et vaccination : derrière le buzz, ce qui a vraiment changé
Depuis plusieurs jours, une même inquiétude circule dans les groupes de pharmaciens sur les réseaux sociaux : les infirmiers seraient sur le point d'empiéter sur la vaccination en officine. En reprenant les textes, le constat est plus nuancé. Sur la vaccination, il n'y a pas de nouveauté : les infirmiers prescrivent et administrent des vaccins depuis 2022-2023, et sur les âges concernés ils restent au même niveau que les pharmaciens d'officine (vaccins du calendrier vaccinal à partir de 11 ans, grippe à partir de 11 ans, covid-19 à partir de 5 ans). Le vrai changement est passé plus discrètement : un arrêté du 26 juin 2026, pris dans le cadre de la réforme de l'autonomie infirmière (loi du 27 juin 2025, décret du 24 décembre 2025), élargit nettement le périmètre de prescription autonome des infirmiers. Il couvre notamment les substituts nicotiniques, les antalgiques de palier 1, le renouvellement d'une contraception orale, la contraception d'urgence, les préservatifs, les tests de dépistage des infections sexuellement transmissibles, des pansements et des dispositifs médicaux. Plusieurs de ces compétences recoupent des missions déjà exercées à l'officine, ce qui explique mieux les tensions que la seule question vaccinale.
Prescription infirmière : la liste complète des produits et examens autorisés
L'arrêté du 26 juin 2026 (NOR : SFHH2617311A), publié au Journal officiel du 27 juin, fixe la liste des produits de santé et examens complémentaires que les infirmiers diplômés d'État sont autorisés à prescrire ou renouveler. Pris en application de la loi infirmière de juin 2025, il couvre six domaines : vaccination (calendrier vaccinal pour les 11 ans et plus), prévention et traitement des plaies (pansements, bas de contention, antiseptiques), santé sexuelle et reproductive (renouvellement contraceptifs oraux 6 mois max, contraception d'urgence, dépistage IST), sevrage tabagique (substituts nicotiniques), produits de santé courants (antalgiques palier I, sérum physiologique, dispositifs médicaux) et examens biologiques (NFS, ionogramme, ECBU, glycémie, HbA1c, INR, créatininémie). Le pharmacien va recevoir ces ordonnances au comptoir. Les renouvellements de contraceptifs doivent porter la mention "Renouvellement infirmier" et sont limités à 6 mois. La traçabilité au dossier patient et au DMP est obligatoire.
Mois sans tabac 2026 : substituts remboursés, kit en pharmacie, le rôle de l'officine
La 11e édition du Mois sans tabac, organisée par Santé publique France avec le ministère de la Santé et l'Assurance Maladie, se déroule du 1er octobre au 1er novembre 2026, avec un défi collectif de 30 jours sans tabac en novembre. L'inscription se fait sur mois-sans-tabac.fr, qui donne accès à un accompagnement personnalisé et à l'application d'e-coaching. Un kit d'aide à l'arrêt gratuit (programme de 40 jours, roue des économies, brochures) peut être commandé ou téléchargé, et il est disponible dans les pharmacies partenaires. Le dispositif a réuni plus de 2,5 millions de participants depuis 2016, dont plus de 117 000 inscrits en 2025. L'officine est un acteur de proximité du sevrage : le pharmacien délivre les substituts nicotiniques, remboursés à 65 % sur prescription par l'Assurance Maladie depuis le 1er janvier 2019 (le forfait annuel de 150 euros n'existe plus, la prise en charge est de droit commun, sans plafond). La prescription relève du médecin, de la sage-femme, du médecin du travail, du chirurgien-dentiste, de l'infirmier ou du masseur-kinésithérapeute. Au comptoir, le pharmacien conseille sur les formes et le dosage, accompagne la démarche, distribue le kit et oriente vers Tabac info service.