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Nicorandil et risque d'ulcérations : ce que le pharmacien doit surveiller au comptoir

Le nicorandil, antiangineux réservé à l'angor stable en dernière intention, expose à un risque d'ulcérations graves (peau, bouche, tube digestif, œil), pouvant aller jusqu'à la perforation ou l'hémorragie. L'ANSM renouvelle son alerte car des cas sont toujours signalés. Facteurs de risque, associations à éviter et conduite à tenir au comptoir.

En bref

Le nicorandil est un antiangineux (activateur des canaux potassiques) indiqué dans le traitement symptomatique de l'angor stable, uniquement en dernière intention, chez l'adulte insuffisamment contrôlé par les traitements de référence ou présentant une contre-indication à ceux-ci. L'ANSM rappelle, dans une actualité publiée le 12 novembre 2025, que ce médicament expose à un risque d'ulcérations graves, et que des cas continuent d'être signalés malgré les alertes antérieures. Ces ulcérations peuvent toucher la peau, les muqueuses buccales, le tube digestif, la région périnéale et les yeux, et se compliquer de perforation, fistule, abcès, voire d'hémorragie gastro-intestinale. Elles peuvent survenir dès les premières semaines de traitement comme plusieurs années après son initiation. Le risque est majoré chez les personnes âgées, polymédiquées, atteintes de maladie diverticulaire, de diabète, de cancer, ou en cas d'abus d'alcool. L'association aux corticoïdes et aux AINS, dont l'aspirine, est formellement déconseillée car elle augmente le risque. En cas d'apparition d'une ou plusieurs ulcérations, quelle que soit leur localisation, le traitement doit être arrêté définitivement. Le pharmacien a un rôle clé : sensibiliser le patient, vérifier les associations médicamenteuses et redoubler de vigilance à la dispensation.

Le nicorandil est un antiangineux bien connu des officines, mais il reste associé à un risque d'ulcérations graves que l'ANSM a de nouveau mis en avant : malgré les alertes passées, des cas continuent d'être signalés. Un sujet de vigilance où le pharmacien a un vrai rôle au comptoir.

Le nicorandil, en bref

Le nicorandil est un activateur des canaux potassiques, indiqué dans le traitement symptomatique de l'angor stable. Point important : il relève d'une dernière intention, réservé aux patients adultes insuffisamment contrôlés par les traitements de référence ou présentant une contre-indication à ceux-ci. Il ne doit donc pas être utilisé en première intention.

Le risque : des ulcérations graves, et partout

C'est le cœur de l'alerte. Le nicorandil peut provoquer des ulcérations touchant de multiples localisations :

  • la peau ;
  • les muqueuses buccales ;
  • le tube digestif ;
  • la région périnéale ;
  • les yeux (rouges, douloureux, larmoyants).

Ces ulcérations peuvent se compliquer de perforation, fistule, abcès, voire d'hémorragie gastro-intestinale. Elles peuvent apparaître dès les premières semaines de traitement comme plusieurs années après son initiation, ce qui impose une vigilance dans la durée.

Qui est le plus à risque

Le risque d'ulcérations est majoré chez certains profils, fréquents au comptoir :

  • personnes âgées ;
  • patients polymédiqués ;
  • maladie diverticulaire ;
  • diabète ;
  • cancer ;
  • abus d'alcool.

Les associations à éviter

L'ANSM insiste sur les interactions qui aggravent le risque d'ulcérations. Sont formellement déconseillées en association avec le nicorandil :

  • les corticoïdes ;
  • les AINS, y compris l'aspirine.

C'est un point de contrôle direct à la dispensation, notamment face à une demande d'automédication (un AINS ou de l'aspirine) chez un patient sous nicorandil.

La conduite à tenir

La règle est claire : en cas d'apparition d'une ou plusieurs ulcérations, quelle que soit leur localisation, le traitement par nicorandil doit être arrêté définitivement. Le patient doit être orienté vers son médecin pour réévaluer sa prise en charge de l'angor.

Au comptoir : le rôle du pharmacien

L'ANSM rappelle que le pharmacien est en première ligne pour limiter ce risque :

  • Sensibiliser le patient aux signes évocateurs (plaie, ulcération qui ne cicatrise pas, douleur buccale, œil rouge persistant, troubles digestifs).
  • Vérifier les associations médicamenteuses : alerter en cas de corticoïde, d'AINS ou d'aspirine, y compris en automédication.
  • Redoubler de vigilance à la dispensation, et inviter à consulter sans attendre devant tout signe évocateur, en rappelant de ne pas arrêter seul un traitement de l'angor sans avis médical.

À retenir

  • Le nicorandil (antiangineux, angor stable) n'est indiqué qu'en dernière intention, jamais en première.
  • Il expose à des ulcérations graves (peau, bouche, tube digestif, périnée, yeux), pouvant aller jusqu'à perforation ou hémorragie digestive.
  • Risque dès les premières semaines ou des années après l'initiation ; majoré chez les sujets âgés, polymédiqués, diverticulaires, diabétiques, cancéreux.
  • AINS, aspirine et corticoïdes : associations formellement déconseillées.
  • En cas d'ulcération, arrêt définitif et consultation médicale. Le pharmacien sensibilise, vérifie les associations et oriente.

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