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Réglementation·4 min de lecture

Fer injectable : l'EMA ouvre une revue sur le risque d'hypophosphatémie

Le PRAC de l'EMA a ouvert début septembre 2026 une revue européenne sur les médicaments à base de fer injectable, dont le carboxymaltose ferrique. En cause : des cas graves d'hypophosphatémie ayant conduit à une ostéomalacie, parfois après une ou deux doses seulement, chez des patients sans facteur de risque identifié, et des doutes sur l'efficacité des mesures de prévention actuelles.

En bref

Le comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l'Agence européenne des médicaments a annoncé le 4 septembre 2026 l'ouverture d'une revue européenne portant sur l'ensemble des médicaments à base de fer administrés par voie injectable. La revue porte sur le risque d'hypophosphatémie, un taux anormalement bas de phosphate sanguin, et sur les complications osseuses associées, notamment l'ostéomalacie hypophosphatémique, un ramollissement osseux qui se traduit par des douleurs osseuses et peut conduire à des fractures. Pour le carboxymaltose ferrique, l'hypophosphatémie est déjà répertoriée comme un effet indésirable fréquent, pouvant toucher jusqu'à un patient sur dix ; en revanche, la fréquence de l'ostéomalacie hypophosphatémique est inconnue, faute de données permettant de l'estimer. L'information produit prévoit déjà des mesures de réduction du risque, dont une surveillance de la phosphatémie chez les patients recevant de fortes doses, en traitement prolongé ou présentant des facteurs de risque connus. La revue a été déclenchée par des signalements mettant en doute l'efficacité de ces mesures : des cas graves d'hypophosphatémie, dont certains ont abouti à une ostéomalacie, sont survenus chez des patients n'ayant reçu qu'une ou deux doses de carboxymaltose ferrique et sans facteur de risque reconnu, avec parfois des retards de diagnostic. Le PRAC va réévaluer le rapport bénéfice-risque et déterminer si les autorisations de mise sur le marché doivent être modifiées.

Le PRAC, comité de pharmacovigilance de l'Agence européenne des médicaments, a annoncé le 4 septembre 2026 l'ouverture d'une revue européenne sur les médicaments à base de fer injectable. En cause : des cas graves d'hypophosphatémie ayant conduit à une ostéomalacie, parfois après une ou deux doses seulement, et des doutes sur l'efficacité des mesures de prévention actuelles.

Ce que le PRAC a décidé

ÉlémentDétail
InstancePRAC (Pharmacovigilance Risk Assessment Committee), EMA
Annonce4 septembre 2026
ProcédureRéexamen européen (referral)
PérimètreTous les médicaments à base de fer injectable
Substance explicitement citéeCarboxymaltose ferrique
ObjetRisque d'hypophosphatémie et de complications osseuses

Le PRAC va réévaluer le rapport bénéfice-risque et déterminer si les autorisations de mise sur le marché doivent être modifiées.

À quoi sert le fer injectable

D'après l'EMA, les médicaments à base de fer injectable sont utilisés pour traiter la carence en fer et l'anémie ferriprive lorsque le fer administré par voie orale n'est pas assez efficace, ne peut pas être utilisé, ou lorsqu'il faut restaurer rapidement les niveaux de fer. En France, le carboxymaltose ferrique est commercialisé sous le nom de Ferinject.

Le risque en question

L'hypophosphatémie

L'hypophosphatémie est une baisse anormale du taux de phosphate dans le sang. Le phosphate est important pour la santé osseuse.

L'ostéomalacie hypophosphatémique

Quand le taux de phosphate devient trop bas, une ostéomalacie peut survenir.

ÉlémentDétail
DéfinitionRamollissement osseux lié à un déficit de phosphate
ManifestationsDouleurs osseuses, et dans certains cas fractures

Ce que l'on sait déjà de la fréquence

EffetFréquence connue (carboxymaltose ferrique)
HypophosphatémieFréquente : jusqu'à 1 patient sur 10 (mentionnée dans l'information produit)
Ostéomalacie hypophosphatémiqueInconnue : les données disponibles ne permettent pas d'estimer sa fréquence

Un risque déjà encadré… dont les mesures sont questionnées

Point important : l'information produit du carboxymaltose ferrique prévoit déjà des mesures de réduction du risque.

Mesure existantePublic visé
Surveillance de la phosphatémiePatients recevant de fortes doses
Surveillance de la phosphatémiePatients en traitement prolongé
Surveillance de la phosphatémiePatients présentant des facteurs de risque connus

La revue ne part donc pas d'un risque ignoré, mais d'un doute sur l'efficacité de ces mesures.

Ce qui a déclenché la revue

DéclencheurDétail
Cas graves d'hypophosphatémieCertains ayant abouti à une ostéomalacie, chez des patients n'ayant reçu qu'une ou deux doses de carboxymaltose ferrique et sans facteur de risque reconnu
Retards de diagnosticL'hypophosphatémie n'est pas toujours identifiée à temps, ses symptômes (fatigue, douleurs musculaires et osseuses) pouvant être attribués à d'autres causes

Le point marquant est la survenue de cas chez des patients sans profil à risque et après une exposition très limitée.

Au comptoir : ce que ça change

À ce stade, il s'agit de l'ouverture d'une revue, pas d'une décision. Aucune modification d'AMM n'est encore intervenue.

SituationCe que fait le pharmacien
Patient ayant reçu du fer injectableRester attentif aux signalements de douleurs osseuses, de douleurs musculaires ou de fatigue persistante
Symptômes évocateurs rapportésOrienter vers le médecin en mentionnant l'antécédent d'administration de fer injectable
Question sur la sécurité du produitExpliquer qu'une revue européenne est en cours, sans alarmer : le rapport bénéfice-risque n'est pas remis en cause à ce jour
Fer oralNon concerné par cette revue

À retenir

  • Le PRAC a ouvert une revue européenne sur tous les médicaments à base de fer injectable (annonce du 4 septembre 2026).
  • Risque examiné : hypophosphatémie et ostéomalacie hypophosphatémique (douleurs osseuses, fractures).
  • Pour le carboxymaltose ferrique, l'hypophosphatémie est fréquente (jusqu'à 1 sur 10) ; la fréquence de l'ostéomalacie est inconnue.
  • Des mesures de surveillance existent déjà au RCP (fortes doses, traitement long, facteurs de risque) : c'est leur efficacité qui est questionnée.
  • Déclencheurs : cas graves survenus après une ou deux doses, chez des patients sans facteur de risque, et retards de diagnostic.
  • Aucune décision à ce stade. Le fer oral n'est pas concerné.

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