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Réglementation·4 min de lecture

Sept dérivés de tryptamine classés stupéfiants par l'ANSM depuis le 10 juin 2026

L'ANSM a classé sept nouveaux produits de synthèse (NPS) dérivés de la tryptamine sur la liste des stupéfiants par décision du 12 mai 2026, avec une entrée en vigueur au 10 juin 2026. AMT, 4-AcO-DMT, 4-HO-MET, 4-HO-MiPT, 5-MeO-DMT, 5-MeO-MiPT et 5-MeO-DiPT sont concernés. Cette décision fait suite à un rapport national d'addictovigilance portant sur la période 2020-2024, documentant des intoxications graves et un décès. Ce que le pharmacien d'officine doit savoir.

En bref

Par décision du 12 mai 2026, publiée le 9 juin et entrée en vigueur le 10 juin 2026, l'ANSM a classé sept nouveaux produits de synthèse (NPS) dérivés de la tryptamine sur la liste des stupéfiants. Les substances concernées sont : AMT (alpha-méthyltryptamine), 4-AcO-DMT (4-acétoxy-diméthyltryptamine), 4-HO-MET (4-hydroxy-N-méthyl-N-éthyltryptamine), 4-HO-MiPT (4-hydroxy-N-méthyl-N-isopropyltryptamine), 5-MeO-DMT (5-méthoxy-N,N-diméthyltryptamine), 5-MeO-MiPT (5-méthoxy-N-méthyl-N-isopropyltryptamine) et 5-MeO-DiPT (5-méthoxy-N,N-diisopropyltryptamine). Cette décision fait suite à un rapport national d'addictovigilance du réseau des CEIP-A couvrant la période janvier 2020 à décembre 2024. Sur cette période, 27 notifications spontanées ont été recueillies, avec 59 % de cas présentant des critères de gravité et un décès impliquant la 5-MeO-DMT en association avec d'autres substances. Les effets indésirables documentés incluent des troubles neurologiques, psychiatriques, cardiovasculaires et un syndrome sérotoninergique. Ces substances, achetées majoritairement sur Internet et parfois présentées sous forme de confiseries, touchent un public jeune (âge moyen 25 ans, majoritairement masculin). Leur production, vente et usage sont désormais interdits. Le pharmacien d'officine est concerné au titre de sa mission d'addictovigilance et de conseil au comptoir.

Par décision du 12 mai 2026, publiée le 9 juin et entrée en vigueur le 10 juin 2026, l'ANSM a classé sept nouveaux produits de synthèse (NPS) dérivés de la tryptamine sur la liste des stupéfiants. Leur production, vente et usage sont désormais interdits en France. Cette décision fait suite à un rapport national d'addictovigilance documentant des intoxications graves et un décès.

Les sept substances classées

AbréviationDénomination chimique
AMTAlpha-méthyltryptamine (indopan)
4-AcO-DMT4-acétoxy-diméthyltryptamine (psilacétine)
4-HO-MET4-hydroxy-N-méthyl-N-éthyltryptamine
4-HO-MiPT4-hydroxy-N-méthyl-N-isopropyltryptamine
5-MeO-DMT5-méthoxy-N,N-diméthyltryptamine (méthylbufoténine)
5-MeO-MiPT5-méthoxy-N-méthyl-N-isopropyltryptamine
5-MeO-DiPT5-méthoxy-N,N-diisopropyltryptamine (foxy)

Ces molécules sont des analogues structuraux de la tryptamine, un noyau commun à plusieurs substances psychoactives. Selon le résumé du rapport d'addictovigilance, elles sont principalement achetées sur Internet (53,8 % des cas renseignés). L'ANSM indique qu'elles se présentent sous forme de poudre, de liquide ou intégrées à des aliments comme du chocolat ou des confiseries.

Un rapport d'addictovigilance sur la période 2020-2024

La décision de classement s'appuie sur un rapport national d'addictovigilance conduit par le réseau des centres d'évaluation et d'information sur la pharmacodépendance et l'addictovigilance (CEIP-A), couvrant la période de janvier 2020 à décembre 2024.

Les données recueillies sur cette période :

  • 27 notifications spontanées ;
  • 59 % des cas présentaient des critères de gravité ;
  • 30 % des sujets avaient des antécédents psychiatriques ;
  • Population concernée : majoritairement masculine, âge moyen 25 ans ;
  • 30 substances différentes identifiées au total dans les déclarations ;
  • Un décès, impliquant la 5-MeO-DMT en association avec la 3-MeO-PCE et le 2-FDCK.

L'ANSM indique que le nombre de cas signalés était en augmentation en 2025.

Effets indésirables documentés

Le rapport d'addictovigilance a documenté les effets indésirables suivants, selon l'ANSM :

  • Troubles neurologiques : tremblements, céphalées, perte de conscience, trois comas ;
  • Troubles psychiatriques : hallucinations, idées délirantes, anxiété, attaques de panique, tentative de suicide ;
  • Troubles cardiovasculaires : tachycardie, hypertension ;
  • Syndrome sérotoninergique ;
  • Troubles digestifs et musculaires.

Ce que cela change pour le pharmacien d'officine

Ces substances ne font l'objet d'aucune AMM et ne sont pas dispensées en officine. Le classement comme stupéfiants concerne leur interdiction de production, vente et usage sur le territoire français. Le pharmacien est néanmoins concerné à plusieurs titres :

  • Déclaration obligatoire. L'ANSM rappelle que tout professionnel de santé qui a connaissance d'un cas grave lié à un abus, une dépendance ou un usage détourné d'une substance, plante ou produit ayant un effet psychoactif est tenu de le déclarer sans délai sur le portail signalement.social-sante.gouv.fr. En cas d'intoxication, l'ANSM recommande aux professionnels de l'urgence et des centres spécialisés de contacter le CEIP-A de leur région ou un centre antipoison.

  • Conseil au comptoir. Face à des questions de patients ou de parents sur ces substances, notamment auprès d'un public jeune, le pharmacien peut orienter vers les ressources dédiées : Drogues Info Service (drogues-info-service.fr), les Consultations Jeunes Consommateurs (gratuites, confidentielles, pour les moins de 25 ans) ou le 15 (urgences) en cas d'intoxication aiguë.

  • Vigilance sur les formes trompeuses. L'ANSM indique que ces substances peuvent être intégrées à des aliments comme du chocolat ou des confiseries. Une vigilance est de mise face à des présentations inhabituelles signalées par des patients ou des familles.

À retenir

  • Décision ANSM du 12 mai 2026, entrée en vigueur le 10 juin 2026 : sept NPS-tryptamines classées stupéfiants.
  • Substances : AMT, 4-AcO-DMT, 4-HO-MET, 4-HO-MiPT, 5-MeO-DMT, 5-MeO-MiPT, 5-MeO-DiPT.
  • Rapport d'addictovigilance 2020-2024 : 27 cas, 59 % graves, un décès.
  • Public : jeune (25 ans en moyenne), masculin, achat sur Internet.
  • Rôle du pharmacien : déclaration obligatoire sans délai des cas graves sur signalement.social-sante.gouv.fr, orientation vers Drogues Info Service et Consultations Jeunes Consommateurs, vigilance sur les formes de présentation inhabituelles.

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