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L'intégralité de nos publications, par ordre chronologique.

Stylo injecteur et plaquette de comprimés sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

aGLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro) : l'ANSM alerte sur le mésusage et de nouvelles interactions

L'ANSM a publié le 7 octobre 2026 son 3e rapport de pharmacovigilance sur les analogues du GLP-1 (aGLP-1 : sémaglutide, tirzépatide, liraglutide, dulaglutide), couvrant la période de février 2025 à janvier 2026. Plus de 840 000 patients sont traités en France. Sur la période, 2 801 cas d'effets indésirables ont été déclarés, dont 515 graves (environ 18 %) ; un cas sur trois concernait un diabète de type 2 et un cas sur trois le contrôle du poids. Le rapport confirme la persistance d'un mésusage à visée amaigrissante, en dehors de tout cadre médical, touchant plutôt des personnes jeunes : 36 signalements de mésusage, dont 17 graves, avec dans deux cas sur trois une obtention hors des circuits officiels (internet, entourage, étranger) et dans plus de neuf cas sur dix des posologies trop élevées. Les complications graves rapportées incluent des pancréatites aiguës, des troubles digestifs sévères, des carences nutritionnelles, des atteintes ophtalmologiques, hépatobiliaires et cérébrovasculaires. Point nouveau de ce rapport : un risque d'interactions médicamenteuses, lié au ralentissement de la vidange gastrique qui modifie l'absorption d'autres médicaments. Sont notamment concernés les médicaments à marge thérapeutique étroite (anticoagulants), la metformine (risque majoré d'acidose lactique en cas de déshydratation) et les contraceptifs oraux (efficacité potentiellement diminuée). L'ANSM confirme un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces traitements sont utilisés conformément aux recommandations, et appelle à la vigilance.

Validé pharmacien
Plaquette de comprimés sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

Furosémide 20 et 40 mg en tension : ce que le pharmacien doit savoir au comptoir

L'ANSM a publié le 6 octobre 2026 un point de situation (mis à jour depuis le 28 septembre) sur les tensions d'approvisionnement touchant les spécialités à base de furosémide 20 mg et 40 mg en comprimés. Le furosémide est un diurétique de l'anse, indiqué dans le traitement de l'hypertension artérielle et des œdèmes liés à une insuffisance cardiaque, hépatique ou rénale. Les tensions sont liées à des difficultés de production rencontrées par les laboratoires Viatris et Zentiva ; les autres laboratoires commercialisant du furosémide compensent depuis plusieurs mois. La normalisation est attendue avant avril 2027 pour Viatris, à une date non connue pour Zentiva. L'ANSM recommande aux prescripteurs de limiter les initiations de traitement, de réévaluer la pertinence de poursuivre le furosémide lors du renouvellement et de privilégier un autre diurétique lorsque cela est adapté. Elle demande aux laboratoires de mettre en circulation leurs stocks de sécurité, de limiter les ventes directes aux pharmacies au profit d'une répartition équitable via les grossistes-répartiteurs, et d'identifier des pistes d'importation. Au comptoir, le pharmacien doit vérifier la disponibilité par spécialité, orienter vers le prescripteur en cas d'indisponibilité pour envisager une alternative, et veiller à ce que les patients n'interrompent pas seuls un traitement diurétique, en particulier dans l'insuffisance cardiaque.

Validé pharmacien
Comptoir de pharmacie avec des substituts nicotiniques, ambiance sobre
Santé pub.·3 min

Mois sans tabac 2026 : substituts remboursés, kit en pharmacie, le rôle de l'officine

La 11e édition du Mois sans tabac, organisée par Santé publique France avec le ministère de la Santé et l'Assurance Maladie, se déroule du 1er octobre au 1er novembre 2026, avec un défi collectif de 30 jours sans tabac en novembre. L'inscription se fait sur mois-sans-tabac.fr, qui donne accès à un accompagnement personnalisé et à l'application d'e-coaching. Un kit d'aide à l'arrêt gratuit (programme de 40 jours, roue des économies, brochures) peut être commandé ou téléchargé, et il est disponible dans les pharmacies partenaires. Le dispositif a réuni plus de 2,5 millions de participants depuis 2016, dont plus de 117 000 inscrits en 2025. L'officine est un acteur de proximité du sevrage : le pharmacien délivre les substituts nicotiniques, remboursés à 65 % sur prescription par l'Assurance Maladie depuis le 1er janvier 2019 (le forfait annuel de 150 euros n'existe plus, la prise en charge est de droit commun, sans plafond). La prescription relève du médecin, de la sage-femme, du médecin du travail, du chirurgien-dentiste, de l'infirmier ou du masseur-kinésithérapeute. Au comptoir, le pharmacien conseille sur les formes et le dosage, accompagne la démarche, distribue le kit et oriente vers Tabac info service.

Plaquette de comprimés et ordonnance sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·4 min

Tamoxifène et anti-aromatases : ce que le pharmacien surveille à la dispensation

L'hormonothérapie est la pierre angulaire du traitement adjuvant des cancers du sein hormonodépendants. Elle repose sur deux familles : le tamoxifène (modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes) et les inhibiteurs de l'aromatase (anastrozole, létrozole, exémestane), réservés aux femmes ménopausées. Ce sont des traitements longs, pris en général sur 5 ans, dont l'observance est un enjeu majeur au comptoir. Le tamoxifène expose à un risque accru d'événements thromboemboliques veineux et à un risque de pathologie de l'endomètre (dont le cancer de l'endomètre), justifiant une surveillance gynécologique et une consultation rapide devant tout saignement vaginal anormal. Surtout, il existe une interaction pharmacocinétique majeure : les inhibiteurs puissants du CYP2D6 (paroxétine, fluoxétine, mais aussi quinidine, cinacalcet, terbinafine, bupropion) réduisent de 65 à 75 % les taux d'endoxifène, le métabolite actif du tamoxifène, et doivent être évités chaque fois que possible. Les inhibiteurs de l'aromatase, eux, provoquent surtout des douleurs articulaires et musculosquelettiques et un risque d'ostéoporose, imposant une évaluation du risque fracturaire et une ostéodensitométrie, avec un apport adapté en calcium et vitamine D. Le pharmacien est en première ligne pour soutenir l'observance, repérer les interactions et orienter au bon moment. Données issues du référentiel INCa (avril 2023).

Validé pharmacien
Plaquette de comprimés et ordonnance sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

Nicorandil et risque d'ulcérations : ce que le pharmacien doit surveiller au comptoir

Le nicorandil est un antiangineux (activateur des canaux potassiques) indiqué dans le traitement symptomatique de l'angor stable, uniquement en dernière intention, chez l'adulte insuffisamment contrôlé par les traitements de référence ou présentant une contre-indication à ceux-ci. L'ANSM rappelle, dans une actualité publiée le 12 novembre 2025, que ce médicament expose à un risque d'ulcérations graves, et que des cas continuent d'être signalés malgré les alertes antérieures. Ces ulcérations peuvent toucher la peau, les muqueuses buccales, le tube digestif, la région périnéale et les yeux, et se compliquer de perforation, fistule, abcès, voire d'hémorragie gastro-intestinale. Elles peuvent survenir dès les premières semaines de traitement comme plusieurs années après son initiation. Le risque est majoré chez les personnes âgées, polymédiquées, atteintes de maladie diverticulaire, de diabète, de cancer, ou en cas d'abus d'alcool. L'association aux corticoïdes et aux AINS, dont l'aspirine, est formellement déconseillée car elle augmente le risque. En cas d'apparition d'une ou plusieurs ulcérations, quelle que soit leur localisation, le traitement doit être arrêté définitivement. Le pharmacien a un rôle clé : sensibiliser le patient, vérifier les associations médicamenteuses et redoubler de vigilance à la dispensation.

Validé pharmacien
Flacon de collyre et emballage posés sur une paillasse, ambiance sobre
Médicament·3 min

Verkazia (ciclosporine) en tension : le collyre réservé aux enfants et adolescents jusqu'en décembre

L'ANSM a signalé le 30 septembre 2026 des tensions d'approvisionnement sur Verkazia, collyre en émulsion à base de ciclosporine 1 mg/mL. Ce médicament est indiqué dans le traitement de la kératoconjonctivite vernale (printanière) sévère chez les enfants à partir de 4 ans et les adolescents. En raison de problèmes de production sur le site d'Excelvision, les tensions sont prévues jusqu'en décembre 2026. Le stock restant, très limité, a été placé en stock de dépannage au niveau du laboratoire exploitant Santen et doit être réservé exclusivement aux patients pédiatriques. L'ANSM demande aux médecins et aux pharmaciens de prescrire et dispenser Verkazia uniquement aux enfants et aux adolescents, conformément à son AMM. Pour les adultes qui étaient traités par ce collyre en dehors de l'AMM, l'ANSM rappelle que d'autres collyres à base de ciclosporine 1 mg/mL disposent, eux, d'une AMM chez l'adulte et peuvent prendre le relais.

Validé pharmacien
Pharmacien préparant une seringue de vaccin en officine, ambiance sobre
Officine·4 min

Vaccination grippe et Covid-19 : la campagne démarre le 13 octobre, avec des seringues à la charge des pharmaciens

La campagne de vaccination conjointe contre la grippe saisonnière et la Covid-19 débute le 13 octobre 2026 en métropole et aux Antilles-Guyane, comme l'a annoncé un DGS-Urgent du 22 septembre relayé par l'Ordre des pharmaciens. Les personnes éligibles peuvent recevoir les deux vaccins lors d'une même séance, sur deux points d'injection distincts. Côté grippe, plusieurs vaccins sont disponibles (Efluelda, Fluad, Flucelvax, Influvac, Vaxigrip), avec Efluelda et Fluad recommandés en priorité chez les 65 ans et plus. Côté Covid, deux vaccins sont en stock d'État (Comirnaty XFG adulte et pédiatrique), à commander via le portail de Santé publique France lors de sessions hebdomadaires. Cette campagne 2026-2027 constitue la première année de déploiement de l'obligation vaccinale antigrippale des professionnels de santé, dont le cadre pleinement opposable n'entrera toutefois en vigueur qu'après des travaux réglementaires attendus d'ici la fin du premier trimestre 2027. Enfin, un point de friction agace les officines : les seringues et aiguilles nécessaires à l'administration des vaccins Covid ne sont plus fournies par Santé publique France et restent à la charge des pharmaciens, avec des difficultés d'approvisionnement déjà signalées.

Ruban rose symbole de la lutte contre le cancer du sein posé sur un comptoir, ambiance sobre
Santé pub.·4 min

Octobre rose : seulement 46 % des femmes dépistées, le pharmacien en relais de proximité

Octobre rose, la campagne annuelle de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, remet le sujet au premier plan. Les chiffres de l'Institut national du cancer rappellent l'enjeu : avec 61 214 nouveaux cas en 2023, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme, et 12 765 personnes en sont décédées la même année. Le programme national de dépistage organisé s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans sans symptôme ni facteur de risque particulier : sur invitation de l'Assurance Maladie, elles peuvent réaliser tous les deux ans une mammographie (deux clichés par sein) et un examen clinique, pris en charge à 100 % sans avance de frais. Toute mammographie jugée normale est systématiquement relue par un second radiologue, une seconde lecture qui permet de détecter 6 % des cancers dépistés. Mais la participation reste trop faible : 46,3 % sur la période 2023-2024, sur une population éligible de 10,8 millions de femmes. Pourtant, la détection précoce change tout : 60 % des cancers du sein sont détectés à un stade précoce et la mortalité a diminué de 1,5 % par an entre 2019 et 2023. Pendant Octobre rose, le pharmacien, professionnel de santé de proximité, a un rôle clé pour informer, rassurer et orienter les femmes concernées vers le dépistage.

Validé pharmacien
Pharmacien examinant une ordonnance au comptoir d'une pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

Fraude à la Sécu : au-delà du buzz, le pharmacien en première ligne contre les fausses ordonnances

La fraude à la Sécurité sociale fait de nouveau parler d'elle, portée par une vidéo virale. Au-delà du buzz, le bilan 2025 de la lutte contre les fraudes, publié par l'Assurance Maladie le 16 avril 2026, donne les chiffres officiels : 723 millions d'euros de fraudes ont été détectées et stoppées en 2025, en hausse de 15 % et bien au-delà de l'objectif de 550 millions. Côté officine, le document met surtout en avant le rôle du pharmacien dans la détection. L'outil Asafo-Pharma, déployé depuis août 2024, permet aux pharmaciens de signaler en temps réel les ordonnances suspectes : en 2025, plus de 10 000 signalements ont été effectués, dont 75 % se sont révélés fondés. Un nouveau téléservice, l'ADAC, déployé depuis octobre 2025, aide à repérer les sur-consommations sur quatre familles de produits sensibles (bandelettes de glycémie, capteurs de glucose, traitements de substitution aux opioïdes, anticancéreux onéreux). Le bilan rappelle aussi que la fraude en officine est sanctionnée : un pharmacien a été frappé d'une interdiction définitive de servir des prestations, pour facturation de médicaments onéreux sans prescription.

Comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·3 min

La FSPF a un nouveau président : Fabrice Camaioni succède à Philippe Besset

La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), premier syndicat représentatif des pharmaciens titulaires d'officine, a changé de tête. Fabrice Camaioni en est le nouveau président, comme l'atteste la composition actualisée du bureau publiée sur le site de la fédération. Il succède à Philippe Besset, désormais président honoraire. Le nouveau bureau s'articule autour de deux vice-présidents, Philippe Denry et Christophe Wilcke, d'un secrétaire général, Frank Basque, d'une trésorière, Christelle Quermel, et de plusieurs présidents de commissions, parmi lesquels Lucie Bourdy-Dubois à la commission Métier pharmacien. Ce changement intervient à un moment sensible pour l'officine : négociations conventionnelles en cours sur la rémunération et les missions, et vives tensions interprofessionnelles autour du partage des rôles en ville. Le nouveau président prend donc la tête du syndicat majoritaire dans un contexte à la fois économique et politique chargé.

Comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

« Dénigrement » : l'USPO riposte et dépose trois plaintes devant les Ordres contre Convergence Infirmière et l'UFML-S

Le bras de fer entre professions de santé passe un cran. Après le communiqué conjoint publié par Convergence Infirmière le 25 septembre et l'UFML-S le 26 septembre, qui attaquait frontalement l'élargissement des missions du pharmacien, l'USPO a riposté le 28 septembre. Son président, Pierre-Olivier Variot, annonce avoir saisi les juridictions ordinales compétentes contre les auteurs de ce communiqué. Le syndicat estime que contester une politique de santé est légitime, mais que dénigrer et calomnier une autre profession ne l'est pas. Il vise en particulier les accusations de « collusion » et de « petits arrangements entre amis », ainsi que l'idée que des actes seraient réalisés de manière illégitime en pharmacie, propos qui portent selon lui atteinte à l'honneur des pharmaciens et des préparateurs. L'USPO rappelle un précédent : une première procédure engagée contre Convergence Infirmière en janvier s'était conclue par une conciliation, assortie d'un engagement à ne plus dénigrer les pharmaciens, engagement aujourd'hui rompu selon le syndicat. Les sanctions ordinales encourues peuvent aller de l'avertissement à l'interdiction d'exercice.

Flacon de vaccin antigrippal et seringue posés sur une paillasse, ambiance sobre
Réglementation·4 min

Obligation vaccinale grippe des soignants : un recours devant le Conseil d'État, sur fond d'experts HAS majoritairement contre

L'obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social, recommandée par la Haute Autorité de santé le 9 juillet 2026 et rendue publique le 20 juillet, est désormais contestée en justice. Le Syndicat Liberté Santé (SLS) a déposé devant le Conseil d'État un recours pour excès de pouvoir, visant l'annulation de la recommandation, ainsi qu'un référé-suspension, qui demande sa suspension dans l'attente du jugement au fond. Le point le plus notable, vérifié directement dans le rapport de la HAS, est que le groupe de travail de l'institution était lui-même majoritairement opposé à cette mesure : 11 experts sur 13 se sont déclarés défavorables à une obligation pour les professionnels, et 12 sur 13 pour les personnes âgées en collectivité. Les experts réaffirment l'importance de la vaccination antigrippale, mais expriment des réserves sur son caractère obligatoire. La HAS a néanmoins recommandé l'obligation pour les professionnels, en commençant par les EHPAD et les unités de soins de longue durée. Pour le pharmacien d'officine, la mesure n'est pas directement visée, mais le débat sur la vaccination obligatoire des professionnels de santé concerne l'ensemble de la profession.

Comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Officine·4 min

Missions du pharmacien : infirmiers et médecins libéraux passent à l'attaque, « ça suffit »

L'élargissement des missions du pharmacien continue de crisper les relations entre professions de santé. Dans un communiqué commun publié le 25 septembre 2026, le syndicat Convergence Infirmière, présidé par Ghislaine Sicre, et l'Union française pour une médecine libre (UFMLS), présidée par Jérôme Marty, attaquent frontalement l'attribution de nouvelles compétences aux pharmaciens. Les deux organisations contestent la légitimité clinique des pharmaciens, qu'elles jugent non formés à l'examen du patient et étrangers au soin à domicile, pointent un possible conflit d'intérêts lorsque le pharmacien conseille et vend le même produit, et évoquent une « collusion » avec les pouvoirs publics. Leur revendication centrale : aucune compétence médicale ou infirmière ne devrait être confiée aux pharmaciens sans que les représentants élus des médecins et des infirmiers ne participent aux discussions, un principe qu'elles veulent inscrire dans la loi. Cette offensive intervient dans un contexte de négociations conventionnelles et d'élargissement des missions officinales, où chaque profession défend sa place dans les soins de proximité. Sur le plan réglementaire, rien ne change dans l'immédiat : il s'agit d'une prise de position syndicale, mais elle illustre une tension à suivre de près.

Ligne de production pharmaceutique, ambiance industrielle sobre
Réglementation·4 min

Médicaments stratégiques : l'État actualise la liste MSIS, près de 270 médicaments dans le viseur de la relocalisation

Le 21 septembre 2026, la Direction générale des Entreprises (DGE) et la Direction générale de la Santé (DGS) ont actualisé la liste des médicaments dits stratégiques d'un point de vue industriel et sanitaire (MSIS). Publiée depuis 2023 et mise à jour chaque année, cette liste recense désormais près de 270 références de médicaments jugés critiques, non pas seulement sur le plan sanitaire, mais surtout sur celui de la robustesse industrielle de leur chaîne d'approvisionnement. La criticité industrielle est établie à partir de trois facteurs : la sensibilité de la chaîne de valeur, la dépendance à des approvisionnements extra-européens et la fréquence des ruptures. Ces médicaments feront l'objet de politiques publiques prioritaires, en particulier pour favoriser des projets de relocalisation, d'augmentation de capacité ou de modernisation, notamment via l'appel à projets Industrialisation et Capacités Santé du programme France 2030. La liste MSIS complète celle des médicaments essentiels, actualisée par la DGS à l'été 2026 : la première vise la robustesse industrielle, la seconde la gestion sanitaire des pénuries. Pour l'officine, en première ligne des ruptures, l'enjeu est de fond : sécuriser la production des molécules les plus critiques.

Boîte de comprimés posée sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

Malocide (pyriméthamine) : la rupture s'installe, le Daraprim en relais pour la toxoplasmose

Le Malocide 50 mg comprimé (pyriméthamine, laboratoire Medipha Santé), seul traitement de référence de la toxoplasmose sous cette forme, est en rupture de stock depuis le 27 octobre 2023, et l'ANSM indique une date de remise à disposition toujours indéterminée. Pour assurer la continuité des traitements, une spécialité est importée en relais depuis juin 2024 : le Daraprim 25 mg comprimé (Sanofi Winthrop Industrie), initialement destiné au marché belge. Les deux médicaments contiennent la même substance active, la pyriméthamine, mais à des dosages différents (25 mg contre 50 mg), ce qui impose d'adapter la posologie pour atteindre la dose quotidienne visée : par exemple 2 comprimés de Daraprim 25 mg à la place d'un comprimé de Malocide 50 mg. Le Daraprim contient par ailleurs du lactose, un point à signaler aux patients intolérants. Comme pour toute tension, la vente et l'exportation vers l'étranger par les grossistes-répartiteurs sont interdites. Au comptoir, le pharmacien doit expliquer clairement le changement de dosage et vérifier la bonne compréhension de la nouvelle posologie.

Validé pharmacien
Boîte de comprimés et flacon injectable sur un comptoir de pharmacie, ambiance sobre
Médicament·3 min

Corticoïdes : Dectancyl toujours en tension, Célestène injectable de nouveau disponible

Le 25 septembre 2026, l'ANSM a mis à jour deux fiches de disponibilité concernant des corticoïdes couramment utilisés, avec deux mouvements opposés le même jour. Le Dectancyl 0,5 mg comprimé (dexaméthasone, laboratoire Centre Spécialités Pharmaceutiques) reste en tension d'approvisionnement, avec un contingentement quantitatif en ville et une remise à disposition prévue pour début octobre 2026. Comme pour toute tension, la vente et l'exportation vers l'étranger par les grossistes-répartiteurs sont interdites jusqu'au retour à la normale. À l'inverse, le Célestène 4 mg/1 ml solution injectable (bétaméthasone phosphate sodique), utilisé pour la corticothérapie par voie parentérale et les situations nécessitant un effet rapide, est de nouveau disponible depuis le 25 septembre. Au comptoir, le pharmacien doit anticiper avec les patients sous dexaméthasone orale au long cours, orienter vers le prescripteur pour toute adaptation et rappeler qu'une corticothérapie prolongée ne s'interrompt jamais brutalement.

Validé pharmacien
Lecteur de carte posé sur un comptoir de pharmacie avec une carte Vitale, ambiance sobre
Officine·4 min

Cartes CPS, CPE et Vitale : un certificat défaillant a perturbé le tiers payant en officine

Jeudi 24 septembre 2026, aux alentours de 10 heures, plusieurs officines ont rencontré des difficultés pour utiliser les cartes CPS, CPE et Vitale, au point d'empêcher la réalisation du tiers payant dans les conditions habituelles. L'alerte a été lancée par l'USPO à la mi-journée. Selon le syndicat, l'incident est lié à une mise à jour de certificats concernant les connecteurs de lecteurs de cartes, intervenue au niveau de l'Agence du Numérique en Santé (ANS), sans que l'ensemble des éditeurs de logiciels ait pu en anticiper les conséquences. À ce stade, l'USPO indiquait que les environnements Winpharma et Pharmaland semblaient notamment concernés, d'autres pouvant l'être également. En fin d'après-midi, l'USPO a fait état d'une résolution partielle et confirmé la nature du problème : une mise à jour défaillante du certificat des connecteurs de lecteurs de cartes. Pour les officines encore touchées, la consigne est de contacter immédiatement leur LGO afin d'identifier les manipulations à réaliser. Le syndicat met par ailleurs en garde les éditeurs de logiciels : le problème pourrait survenir chez d'autres, et il les invite à se rapprocher de l'ANS avant toute mise à jour de leur certificat.

Écran de smartphone affichant un fil de discussion professionnel, posé près d'une blouse, ambiance sobre
Réglementation·5 min

Infirmiers et vaccination : derrière le buzz, ce qui a vraiment changé

Depuis plusieurs jours, une même inquiétude circule dans les groupes de pharmaciens sur les réseaux sociaux : les infirmiers seraient sur le point d'empiéter sur la vaccination en officine. En reprenant les textes, le constat est plus nuancé. Sur la vaccination, il n'y a pas de nouveauté : les infirmiers prescrivent et administrent des vaccins depuis 2022-2023, et sur les âges concernés ils restent au même niveau que les pharmaciens d'officine (vaccins du calendrier vaccinal à partir de 11 ans, grippe à partir de 11 ans, covid-19 à partir de 5 ans). Le vrai changement est passé plus discrètement : un arrêté du 26 juin 2026, pris dans le cadre de la réforme de l'autonomie infirmière (loi du 27 juin 2025, décret du 24 décembre 2025), élargit nettement le périmètre de prescription autonome des infirmiers. Il couvre notamment les substituts nicotiniques, les antalgiques de palier 1, le renouvellement d'une contraception orale, la contraception d'urgence, les préservatifs, les tests de dépistage des infections sexuellement transmissibles, des pansements et des dispositifs médicaux. Plusieurs de ces compétences recoupent des missions déjà exercées à l'officine, ce qui explique mieux les tensions que la seule question vaccinale.