aGLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro) : l'ANSM alerte sur le mésusage et de nouvelles interactions
L'ANSM a publié le 7 octobre 2026 son 3e rapport de pharmacovigilance sur les analogues du GLP-1 (aGLP-1 : sémaglutide, tirzépatide, liraglutide, dulaglutide), couvrant la période de février 2025 à janvier 2026. Plus de 840 000 patients sont traités en France. Sur la période, 2 801 cas d'effets indésirables ont été déclarés, dont 515 graves (environ 18 %) ; un cas sur trois concernait un diabète de type 2 et un cas sur trois le contrôle du poids. Le rapport confirme la persistance d'un mésusage à visée amaigrissante, en dehors de tout cadre médical, touchant plutôt des personnes jeunes : 36 signalements de mésusage, dont 17 graves, avec dans deux cas sur trois une obtention hors des circuits officiels (internet, entourage, étranger) et dans plus de neuf cas sur dix des posologies trop élevées. Les complications graves rapportées incluent des pancréatites aiguës, des troubles digestifs sévères, des carences nutritionnelles, des atteintes ophtalmologiques, hépatobiliaires et cérébrovasculaires. Point nouveau de ce rapport : un risque d'interactions médicamenteuses, lié au ralentissement de la vidange gastrique qui modifie l'absorption d'autres médicaments. Sont notamment concernés les médicaments à marge thérapeutique étroite (anticoagulants), la metformine (risque majoré d'acidose lactique en cas de déshydratation) et les contraceptifs oraux (efficacité potentiellement diminuée). L'ANSM confirme un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces traitements sont utilisés conformément aux recommandations, et appelle à la vigilance.