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PLFSS 2027 : tout ce que le projet de budget de la Sécu change pour l'officine

Groupements et convention, facturation et tiers payant, antibiotiques, vaccination, réévaluation des médicaments remboursés, passage sans ordonnance : le point complet sur les mesures du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 qui concernent le pharmacien d'officine, d'après le texte déposé à l'Assemblée nationale.

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La Rédaction· Équipe éditoriale
Rédaction
En bref

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 (n° 3211). Il fixe l'objectif national de dépenses d'assurance maladie à 278,7 milliards d'euros, soit +2,0 % par rapport à 2026, dont 118,3 milliards pour les soins de ville, avec 5,1 milliards d'euros de nouvelles économies, notamment des baisses de prix et des mesures de bon usage des produits de santé. Plusieurs articles concernent directement l'officine. L'article 10 crée un statut des groupements de pharmacies d'officine, une contribution de 15 % sur les sommes qu'ils perçoivent des laboratoires et reporte la convention pharmaceutique au 9 mai 2028. L'article 32 durcit les règles de facturation en tiers payant et impose un agrément des logiciels. L'article 28 crée un statut du médicament antibiotique et permet de rendre leur délivrance à l'unité obligatoire. L'article 27 élargit la détention de stocks de vaccins à de nouveaux acteurs. L'article 30 prévoit une réévaluation annuelle de médicaments remboursés et une procédure permettant à l'ANSM d'engager le passage de médicaments en accès sans ordonnance. Il s'agit d'un projet de loi, encore modifiable par le Parlement.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS) a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026. Derrière les grands équilibres, plusieurs articles touchent directement le pharmacien d'officine : son économie, sa facturation, sa dispensation. Nous avons lu le texte. Voici le point complet, article par article.

Le cadre : un ONDAM à +2,0 %

Donnée (article 43)Montant 2027
Objectif national de dépenses d'assurance maladie (ONDAM)278,7 milliards d'euros, soit +2,0 % par rapport à 2026
Dont soins de ville118,3 milliards d'euros
Nouvelles économies5,1 milliards d'euros

Selon l'exposé des motifs, ces économies comprennent notamment des baisses de prix et des mesures de bon usage des produits de santé, une réduction des dépenses d'indemnités journalières et un transfert de dépenses vers les complémentaires.

Les mesures qui concernent l'officine

ArticleSujetEn une phrase
10Groupements et conventionStatut des groupements, contribution de 15 %, convention prolongée au 9 mai 2028
32FacturationTiers payant transmis hors délai réclamable, délai d'un an pour être payé, logiciels agréés
28AntibiotiquesStatut juridique, délivrance à l'unité obligatoire possible par arrêté
27VaccinationStocks de vaccins élargis à de nouveaux acteurs
30Remboursement et accèsRéévaluation des médicaments remboursés, passage sans ordonnance à l'initiative de l'ANSM
29PréventionObligation possible de participation des professionnels aux dépistages organisés
9 et 11Régulation des industrielsNouveau mécanisme pour les dispositifs médicaux, paramètres de la clause de sauvegarde

Article 10 : groupements, contribution de 15 % et convention

Le texte crée un statut juridique des groupements de pharmacies d'officine : rapport annuel à chaque officine sur les rémunérations du groupement, contrats communiqués à l'Ordre avant signature, liste des adhérents transmise à l'Ordre et à l'Assurance maladie. Il instaure une contribution de 15 % sur les sommes que les groupements perçoivent des laboratoires, dès le 1er janvier 2027. Et il reporte l'échéance de la convention pharmaceutique au 9 mai 2028.

👉 Notre décryptage complet de l'article 10

Article 32 : facturation et tiers payant

En tiers payant, une transmission hors délai pourrait conduire la caisse à réclamer les sommes versées, et la garantie de paiement serait conditionnée au respect des délais (à partir de 2028-2029). Le texte crée un délai d'un an pour se faire payer, et un agrément des logiciels de facturation, avec des sanctions visant les éditeurs qui ne se mettent pas à jour.

👉 Notre décryptage complet de l'article 32

Article 28 : antibiotiques

Le texte crée un statut juridique du médicament antibiotique. Un arrêté pourrait rendre obligatoire la délivrance à l'unité de certains antibiotiques. Pour les plus à risque, le remboursement pourrait être conditionné à un justificatif du prescripteur ; à défaut, le pharmacien recueillerait l'accord du patient pour une délivrance sans prise en charge.

👉 Notre décryptage complet de l'article 28

Article 27 : vaccination

Après la LFSS 2026, qui a permis aux médecins, infirmiers et sages-femmes libéraux et aux centres de santé de détenir des stocks de vaccins (le décret d'application est paru le 10 octobre), le texte élargit cette possibilité :

  • aux services de prévention et de santé au travail ;
  • aux laboratoires de biologie médicale ;
  • aux services médicaux de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Selon l'exposé des motifs, il prévoit aussi la prise en charge par l'Assurance maladie de certains vaccins et médicaments d'immunisation administrés en établissements de santé et en Ehpad, met à la charge de l'employeur ou de l'organisme de formation la vaccination obligatoire contre la rougeole des professionnels concernés, et simplifie l'actualisation du calendrier vaccinal.

Article 30 : réévaluer les médicaments remboursés, ouvrir l'accès sans ordonnance

L'exposé des motifs parle d'une « règle d'or » : l'arrivée de nouveaux médicaments au remboursement doit conduire à réévaluer le panier des médicaments pris en charge. Concrètement, le gouvernement veut :

  • permettre à la HAS de procéder chaque année à la réévaluation de médicaments ou de classes de médicaments, notamment de leur service médical rendu, avec des obligations renforcées de transmission de données par les industriels (sous peine d'une pénalité pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires annuel de la spécialité) ;
  • permettre à la HAS de se prononcer sur la pertinence médico-économique du remboursement d'un médicament au service médical rendu suffisant ;
  • créer une procédure permettant à l'ANSM, de sa propre initiative ou à la demande des ministres, de réévaluer les conditions de délivrance de médicaments soumis à prescription en vue d'un passage en prescription médicale facultative.

L'exposé des motifs relie explicitement ce dernier point à l'élargissement des missions des pharmaciens et à leur rôle de conseil.

Article 29 : prévention et dépistage

Le texte permet, lorsque l'accès de la population à un programme national de prévention ou de dépistage n'est pas satisfaisant, d'imposer la participation de certaines catégories de professionnels ou de structures. L'exposé des motifs cite notamment le dépistage du cancer du sein et le risque de financiarisation de l'imagerie médicale. L'officine n'est pas citée directement.

Articles 9 et 11 : la régulation des industriels

Ces articles concernent d'abord les laboratoires et les fabricants de dispositifs médicaux, mais ils pèsent sur les prix des produits que l'officine délivre :

  • article 9 : nouveau modèle de régulation des dispositifs médicaux, dont la dépense remboursée dépasse 12,1 milliards d'euros en 2025 et progresse d'environ 4,7 % par an selon l'exposé des motifs ;
  • article 11 : montant M de la clause de sauvegarde des médicaments fixé à 22,44 milliards d'euros pour 2027, et contribution sur les dispositifs médicaux (montant Z) fixée à 2,24 milliards d'euros.

Un projet de loi, encore modifiable

Le 23 octobre 2026, l'Assemblée nationale a rejeté le projet de loi en première lecture : la partie recettes ayant été rejetée, l'ensemble du texte est considéré comme rejeté. Le texte poursuit son parcours au Sénat. Les mesures présentées ici peuvent encore évoluer, voire être supprimées, avant l'adoption définitive. Nous suivrons les évolutions qui concernent l'officine.

À retenir

  • ONDAM 2027 : 278,7 milliards d'euros (+2,0 %), avec 5,1 milliards d'économies, dont des baisses de prix des produits de santé.
  • Groupements : statut, contribution de 15 %, convention prolongée au 9 mai 2028 (article 10).
  • Facturation : tiers payant hors délai réclamable, un an pour être payé, logiciels agréés (article 32).
  • Antibiotiques : délivrance à l'unité possible par arrêté, justificatif de prescription pour les plus à risque (article 28).
  • Vaccination : stocks élargis aux services de santé au travail, aux laboratoires et à l'OFII (article 27).
  • Remboursement : réévaluation du panier et passage sans ordonnance à l'initiative de l'ANSM (article 30).
  • C'est un projet de loi : tout peut encore changer.

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